Forêts

Objectif zéro déforestation

Objectif zéro déforestation

Les forêts sont indispensables à la planète : elles régulent les équilibres climatiques, assainissent l’eau, empêchent l’érosion des sols, abritent une biodiversité exceptionnelle et subviennent aux besoins alimentaires de nombreux peuples autochtones.

Elles sont pourtant en train de disparaître à une vitesse alarmante : trafic de bois illégal, déboisement lié à l’élevage bovin, aux cultures intensives comme le soja, le palmier à huile ou l’hévéa, destructions liées à des projets d’infrastructures gigantesques, méga-barrages ou exploitations minières… Il est temps de protéger les forêts et d'atteindre l’objectif Zéro Déforestation si l’on veut préserver l’espèce humaine.

Problématique

Une ressource essentielle à la planète

Les forêts couvrent aujourd’hui quatre milliards d’hectares, soit 30 % de la surface terrestre. Mais c’est une richesse écologique menacée : chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent, soit un quart de la surface de la France.

Toutes les forêts du monde sont pourtant essentielles à l’équilibre planétaire. La déforestation représente une triple menace : pour la biodiversité, les équilibres climatiques mondiaux et les conditions de vie des populations locales habitant dans les bassins forestiers.

L’agrobusiness

Parmi les principaux facteurs de la déforestation, on trouve l’agriculture industrielle : à elle seule, elle est responsable d’environ 40 % de la déforestation mondiale (33 % en ce qui concerne l’agriculture de subsistance locale, 10 % les infrastructures, 10 % l’expansion urbaine et 7 % l’extraction minière, d’après la FAO).

Les incendies

De la Russie à l'Indonésie, du biome tropical au biome boréal, les incendies menacent les forêts.

Ils peuvent être utilisés pour déboiser et fertiliser les sols afin de planter des espèces commerciales, comme le palmier à huile, ou parfois être directement allumés pour nettoyer les parcelles à planter.

En plus de détruire forêts et biodiversité, ces feux gigantesques rejettent des quantités faramineuses de CO2 dans l’atmosphère. En 2015, les feux en Indonésie ont rejeté en cinq mois autant de CO2 que la France en cinq ans.

Le trafic de bois illégal

Le trafic de bois illégal est une immense industrie parallèle qui pèse des milliards et menace les forêts du monde entier. Certaines recherches montrent que près de 10 % du commerce de bois international portent sur du bois illégal, soit 150 milliards de dollars par an. Comme rappelé par Interpol, les atteintes à l’environnement qui en découlent vont souvent de pair avec d’autres infractions comme la corruption ou le blanchiment.

Les infrastructures géantes

Les forêts sont directement menacées par les infrastructures géantes, par exemple les puits d’extraction minière mais aussi les méga-barrages, comme en Amazonie ou dans le delta du Mékong. En Amazonie, plusieurs dizaines de barrages sont en effet planifiés, et nous devons absolument empêcher leur construction.

Les droits des populations autochtones

Il n’est pas rare que les planteurs, bénéficiant de la complicité des États ou du flou qui entoure la surveillance des cadastres, s'accaparent les terres des paysans locaux ou des populations indigènes. De même, il est rare qu’ils respectent les conventions internationales en vigueur, sur le droit du travail par exemple, ou encore sur les devoirs de consultation et de participation des habitants avant tout nouveau projet industriel (construction d’un barrage, d’une mine, extension d’une palmeraie, etc).

 

Des solutions existent

Reconnaître la forêt

L’un des premiers enjeux de la lutte contre la déforestation est de faire reconnaître la forêt et son importance écologique.

Il est aussi important de faire connaître sa nature comme ses contours : qu’est-ce qu’une forêt ? Quel est le périmètre exact des forêts actuelles ? Répondre à ces questions permet de donner un statut politique à la forêt. C’est indispensable car bien souvent les industriels appréhendent la forêt comme un espace indéterminé, sauvage, exploitable à merci par le plus fort où le premier arrivé. En Amazonie, par exemple, il reste des zones géographiques forestières qui ne sont pas encore cartographiées.

Or, se mettre d’accord sur ce qu’est une forêt, c’est se mettre d’accord sur ce qu’il faut préserver. Définir ses contours, c’est permettre de défendre les droits des populations qui en dépendent pour vivre (par exemple en mettant en place un contrôle strict des titres de propriété forestière). D’un mot, reconnaître la forêt est une première étape indispensable pour pouvoir édicter ensuite des normes protectrices.

L’objectif zéro déforestation

Greenpeace fait campagne pour stopper la déforestation. Cela signifie par exemple faire pression sur les entreprises pour qu’elles s’engagent dans des politiques commerciales qui bannissent toute forme de déforestation de leur chaîne d'approvisionnement, ou obliger les acteurs de l’agrobusiness (les planteurs de palmiers à huile par exemple) à ne pas déboiser de nouvelles surfaces pour leurs activités.

Cela signifie également œuvrer pour faire évoluer les législations nationales et internationales et fixer de nouvelles normes protectrices pour les écosystèmes forestiers, ainsi que pour les populations autochtones ou les salariés impliqués.

Mettre en œuvre les engagements zéro déforestation : l’approche HCS

Suite à la campagne Kit-Kat de Greenpeace dénonçant l’utilisation par Nestlé d’huile de palme issue de la destruction des forêts tropicales et des tourbières indonésiennes, GAR, l’entreprise qui fournit Nestlé, publie en février 2011 un engagement zéro déforestation.

L’approche High Carbon Stock (HCS) a été développée par Greenpeace, The Forest Trust et GAR, puis testée sur le terrain entre 2011 et 2013.  L’approche HCS (détaillée dans un « toolkit » publié en mars 2015)  est un outil destiné à guider les entreprises de plantations dans la mise en œuvre de leurs engagements zéro déforestation.

L’approche HCS est une méthodologie pragmatique et peu coûteuse visant à cartographier les « no go areas » (ou zones à ne pas exploiter) dans le cadre d’une politique zéro déforestation. L’approche combine l’interprétation d’images satellite et des mesures d’échantillonnage terrain. Plusieurs approches ont été testées et le choix s’est fixé sur la mesure de la densité de biomasse aérienne à l’hectare. Le résultat attendu est une stratification du couvert végétal.

L’approche HCS permet ainsi d’identifier l’ensemble des zones forestières HCS qui doivent absolument être protégées, et les zones non-HCS sur lesquelles peuvent être développées les plantations tropicales.

Entre 2013 et 2015, les principaux producteurs et négociants d’huile de palme ont suivi l’exemple de GAR et publié, sur une base volontaire et individuelle, des politiques zéro déforestation qui font référence à la méthodologie HCS : New Britain Palm Oil Limited, Daabon, Agropalma, Wilmar, Musim Mas, Sime Darby, Cargill, IOI Loders Croklaan, Asian Agri, ADM, AAK, etc. Dans le même temps, la plupart des grandes multinationales consommatrices d’huile de palme ont adopté des politiques d’approvisionnement zéro déforestation (Nestlé, Unilever, Procter & Gamble, Mondelez, L’Oréal, Carrefour et Danone).

La sanctuarisation des territoires indigènes

Bien souvent, les populations locales et indigènes sont les premières bénéficiaires de la forêt car elles ont besoin de ses ressources pour vivre. Elles sont donc en première ligne face aux attaques de l’agrobusiness, et donc souvent les premières à défendre la forêt.

Les forêts du monde abritent des populations indigènes depuis des milliers d’années. Selon l'ONU, plus de 1,6 milliard de personnes, dont plus de 2000 cultures autochtones, dépendent des forêts pour leur subsistance quotidienne et leur survie à long terme.

Or les études scientifiques prouvent que quand les droits territoriaux des peuples indigènes sont respectés, les forêts sont préservées . Hélas, encore trop souvent, gouvernements et multinationales tentent d’outrepasser ces droits pour imposer leurs intérêts financiers.

L’un des grands enjeux de la lutte contre la déforestation, tout particulièrement en Amazonie, consiste ainsi à démarquer les territoires ancestraux des populations locales afin de les faire reconnaître par le droit national et international. Les zones reconnues deviennent ainsi des sanctuaires forestiers où la nature retrouve ses droits.

À cet égard, Greenpeace veille à ce que les multinationales et les gouvernements respectent le consentement préalable, libre et éclairé (CLIP) des populations locales, ce qui malheureusement loin d’être encore le cas. Ce CLIP confère à une communauté locale le droit de « donner ou refuser de donner son consentement relativement à tout projet proposé susceptible d’avoir une incidence sur les terres et ressources naturelles qu’elle possède, occupe ou utilise traditionnellement ».

Renforcer la traçabilité du bois

Il est aujourd’hui très difficile de suivre le parcours du bois depuis sa coupe à son assemblage final en produit de consommation. Les grumes de bois légales et illégales sont souvent mélangées au niveau des scieries ou des ports et empruntent des parcours commerciaux très vastes.

L’un des enjeux actuels est donc de mettre en place des dispositifs de traçabilité afin de pouvoir identifier et interdire les importations de bois illégal. Plusieurs victoires significatives ont été obtenues sur ce terrain puisqu’en 2013, l’Union européenne à mis en place une réglementation européenne (le Règlement sur le Bois de l’Union Européenne - RBUE) qui vise à écarter du marché communautaire le bois et les produits dérivés issus d’une récolte illégale. Ce n’est seulement qu’en 2015, notamment sous la pression de Greenpeace, que la France à mis sur pied un petit contingent de contrôleurs chargé de veiller à la traçabilité du bois auprès des importateurs français. Les premiers contrôles ont eu lieu fin 2015.

L'originalité du RBUE et de la législation française réside dans le fait que pèse dorénavant sur les importateurs de bois une obligation de diligence raisonnée qui exige des importateurs qu'ils démontrent avoir tout mis en œuvre pour minimiser les risques d’illégalité. Le non-respect de cette obligation est sanctionné par une peine d’amende et d’emprisonnement. Au-delà des enquêtes administratives des agents, des investigations judiciaires sont donc possibles et nécessaires. À la suite d’une plainte déposée par Greenpeace en février 2016 visant un certain nombre d’entreprises françaises, une information judiciaire est en cours.

La diplomatie climatique (REDD / Agenda des solutions)

Les conférences de l’ONU sur le climat (COP) ont engendré plusieurs initiatives internationales pour lutter contre la déforestation.

En 2008, le concept de REDD (réduction des émissions liées à la déforestation et à la destruction des forêts) est lancé dans l’objectif de lutter contre le réchauffement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre induites par la dégradation, la destruction et la fragmentation des forêts. C’est donc l’ONU qui coordonne cette politique internationale via le programme UN-REDD (en). Elle implique États, entreprises, ONG, ainsi que d’autres agences de l’ONU, comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), et consiste à mettre en place des incitations financières, via un fonds international de pays donateurs, afin d’appuyer politiques et projets de développement durable visant à mettre un terme à la déforestation dans les pays pauvres.

Dans le même ordre d’idée, la COP21 a donnée naissance à l’Agenda des solutions / LPAA qui comporte un volet ambitieux sur la thématique des forêts et vise à bannir des marchés internationaux, d’ici à 2020, tous les produits liées à la déforestation.

Vers un autre modèle de société

Greenpeace entend ainsi modifier les structures de pouvoir afin d’aller vers un modèle de société plus respectueux de l’environnement en privilégiant les circuits courts, les systèmes de cultures écologiques (comme l’agro-foresterie) et une économie plus modérée, plus humaine. Il faut sortir d’un modèle productiviste si l’on veut préserver les ressources essentielles de la planète, comme les forêts.

Nos demandes

Pousser les entreprises à s’engager

Aujourd’hui, nous demandons aux acteurs des filiales industrielles et commerciales liées à  la déforestation de s’engager dans des politiques zéro déforestation.

Renforcer les législations nationales et internationales contre la déforestation

Il est aujourd’hui indispensable que les États concernés par la déforestation, comme l’Indonésie, le Cameroun, la République démocratique du Congo ou le Brésil, mettent en place des législations qui protègent réellement les forêts, et que ces législations soient suivies d’effets avec des systèmes de contrôles et de sanctions appropriés et efficaces.

Renforcer la traçabilité sur le bois

La lutte contre le trafic de bois illégal manque encore aujourd’hui de coordination internationale et de moyens. Nous demandons que des dispositifs plus ambitieux soient déployés à l’échelle de la planète.

Moratoire sur les cultures destructrices

Aujourd’hui, certaines cultures agro-industrielles mal encadrées engendrent de la déforestation ; nous demandons un moratoire sur toutes ces activités.

Reconnaître les droits des populations autochtones

Nous demandons que les États concernés respectent les droits des peuples et communautés autochtones et reconnaissent notamment leurs droits sur leurs terres ancestrales.

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