Huile de palme et déforestation : des avancées ? Nous avons eu quelques victo

Forêts

Huile de palme et déforestation : compte à rebours final

Beaucoup de choses se sont passées depuis que Greenpeace a commencé, en 2010, à lutter contre la déforestation liée à l’huile de palme. Et les négociants d’huile de palme, eux, qu’ont-ils fait ? Dans ce billet, on fait le point. Nous vivons un moment critique pour la protection des forêts.

Huile de palme et déforestation : des avancées ?

Nous avons eu quelques victoires de campagne. En 2010, les fabricants de KitKat, des gâteaux Ritz, des chips Doritos, des produits Dove et du dentifrice Colgate se sont engagés à rompre leurs relations commerciales avec les entreprises qui détruisent les forêts. Ils ont promis de n’acheter que de l’huile de palme durable, produite par des entreprises  qui protègent les forêts tropicales.

Les activistes de Greenpeace grimpent sur une usine britannique du groupe Unilever, en 2008, pour dénoncer la destruction des forêts au profit de plantations de palmiers à huile. © Will Rose / Greenpeace

C’était en 2010… cela fait donc huit ans. Après tout ce temps, pourquoi les forêts tropicales indonésiennes continuent-elles d’être ravagées par les entreprises du secteur de l’huile de palme ?

Immobilisme des grandes marques

Nos équipes ont passé le plus clair de ces deux dernières années à essayer de répondre à cette question. L’enquête que nous publions aujourd’hui nous a fait parcourir le monde entier : des centres de conférences à Bali, Paris, et Washington, aux forêts tropicales de Sumatra, de Papouasie et de Bornéo, en passant par le siège de grandes entreprises à Londres, Tokyo, Kuala Lumpur, Paris et de nombreuses villes américaines.

La réponse est très simple. Malgré leurs promesses de cesser d’acheter de l’huile de palme à des entreprises ayant des pratiques destructrices pour les forêts tropicales, les plus grandes marques du monde n’ont en fait pas changé leurs pratiques. Elles achètent toujours de l’huile de palme issue de la déforestation.

Greenpeace a mené l’enquête sur les 25  producteurs d’huile de palme d’Asie du Sud-Est  connus pour être responsables de déforestation et de violations des droits humains. Notre rapport, intitulé Compte à rebours final, présente les résultats de cette investigation. Et ce n’est pas facile à lire : à eux seuls, ces 25 producteurs d’huile de palme ont détruit plus de 130 000 hectares de forêts tropicales depuis 2015 — près de 13 fois la taille de Paris.

Une des nombreuses plantations de palmiers à huile qui détruit  la forêt indonésienne. © Irmawan / Greenpeace

Déforestation… et bien plus encore

Et il ne s’agit pas uniquement de destruction des forêts. Nos recherches mettent également en évidence l’exploitation de travailleuses et des travailleurs, et l’existence de conflits avec les communautés locales, de déforestation illégale, de plantations sans permis, de développement de plantations dans des zones censées être protégées et de feux de forêts liés à des défrichages sauvages.

Et cela ne s’arrête pas là : ces producteurs sont ceux auprès desquels les grandes marques s’approvisionnent en huile de palme.

Douze grandes marques, parmi lesquelles les fabricants de Kit-Kat (Nestlé), du dentifrice Colgate (Colgate-Palmolive), des produits Dove (Unilever), des chips Doritos (PepsiCo), des M&M’s (Mars) et du shampoing Head & Shoulders (Procter & Gamble), se fournissent auprès d’au moins 20 de ces producteurs voyous.

L’heure est à la mobilisation

Sauvetage d’un orang-outan de sept mois, pris au piège des feux de forêts sur une concession de palmiers à huile, île de Bornéo, septembre 2015.© Galih Nofrio Nanda / Greenpeace

Pour ces entreprises qui détruisent la forêt, le temps est écoulé. Le compte à rebours final a commencé.

 

Huile de palme destructrice

L’industrie de l’huile de palme s’enracine en ce moment même en Papouasie et déforeste à un rythme alarmant. Si nous n’arrêtons pas ces producteurs sans scrupules, alors ces magnifiques forêts seront détruites. Quant aux entreprises impliquées, vous les connaissez. Parmi celles qui continuent de nous abreuver d'une huile responsable de déforestation, on trouve Nestlé et son Kit-Kat, Colgate-Palmolive et son dentifrice, Unilever et ses cosmétiques Dove, PepsiCo et ses chips Doritos, Mars et ses M&M’s, Procter & Gamble et son shampoing Head & Shoulders…

Publiée par Greenpeace France sur Mercredi 19 septembre 2018

Si ces grandes marques veulent que leurs produits continuent de se vendre, il va falloir qu’elles changent radicalement. Si elles font des promesses importantes – et la protection des forêts est importante – elles doivent les tenir. A partir de maintenant, nous allons interpeller toutes ces marques et les rappeler à l’ordre.

Si ces entreprises achètent de l’huile de palme, elles ne doivent le faire qu’auprès de producteurs pouvant prouver qu’ils ne détruisent pas les forêts. Elles doivent également cesser leurs relations commerciales et lâcher Wilmar, le plus grand négociant en huile de palme du monde, dont l’huile est contaminée par la déforestation.





(Crédits photographiques : © Jurnasyanto Sukarno / Greenpeace)
Commentaires (2)

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MOUSSEAU

Bonjour, Dans le dernier n° de La Bannière que j'ai reçu aujourd'hui vous indiqué que "12% des émissions de gaz à effet de serre sont directement liées à la déforestation". Est-ce que c'est vrai dans le cas des palmeraies puisqu'on y replante des palmiers qui vont eux-mêmes consommer du carbone comme tout arbre ? Je suis tout à fait opposé à la déforestation mais j'aimerais comprendre le lien que vous faites entre l'huile de palme et l'émission de CO2.

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jp.Rougier

Non seulement les multinationales ne respectent pas la planète et l'humain quand elles perdent de l'argent, mais en plus, les gouvernements qui nous représentent laissent faire voir même sont complices de ces agissements, poussés par des lobbies. https://lejustenecessaire.wordpress.com/ La transition écologique nécessite de réduire notre impact écologique par 3 ou 4. Nous laisserons un désastre en guise d'héritage aux générations futures. Quand les mouvements écologiques feront-ils bloc face à cette économie destructrice, au lieu de s'éparpiller en dizaines de chapelles.

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