La filière huile de palme doit faire la démonstration que son huile n’est pas issue de la déforestation.

Forêts

Déforestation et huile de palme : le compte à rebours final

La filière huile de palme doit faire la démonstration que son huile n’est pas issue de la déforestation.

L'huile de palme est partout

De la pâte à tartiner au dentifrice en passant par les biscottes ou le shampoing, l’huile de palme est présente dans d’innombrables produits du quotidien. On estime qu’environ la moitié des produits présents en supermarché contient de l'huile de palme.

 

 

Au niveau mondial, près de 70% de la production d'huile de palme est destinée à l'industrie agroalimentaire, 27% à l'industrie cosmétique (mais aussi détergents, produits d'entretien). Le reste de la production d’huile de palme est utilisé pour la production d’énergie, comme les agrocarburants par exemple. Mais au niveau européen, ce ne sont pas moins de 46% des volumes importés qui sont utilisés pour les agrocarburants. Aujourd’hui donc, près de la moitié de l'huile de palme que nous importons termine dans nos voitures.

L’huile de palme continue d’être une matière première à haut risque pour les forêts. Le secteur des plantations est la première cause de déforestation en Indonésie. Afin de répondre à une demande mondiale en hausse constante depuis les années 2000, l’Asie du Sud-Est a sacrifié des millions d’hectares de forêts à une production d’huile de palme en croissance exponentielle, entraînant par la même occasion de nombreux conflits avec les communautés touchées.

 

Des plantations tropicales source de déforestation et qui menacent le climat

Selon des chiffres publiés par le Ministère indonésien de l'Environnement et des Forêts, environ 24 millions d'hectares de forêts tropicales indonésiennes ont été détruit entre 1990 et 2015. Rien qu'en Indonésie, c'est l'équivalent de 146 terrains de football de forêts tropicales qui ont été perdu chaque heure entre 2012 et 2015, soit un terrain de football toutes les 25 secondes.

 

En 2014, l'Indonésie était le 4ème pays le plus émetteur de gaz à effet de serre, principalement à cause des émissions liées à la déforestation. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime dans son dernier rapport que 12 % des émissions de gaz à effet de serre seraient dus à la déforestation : c’est équivalent au secteur des transports !

 

Greenpeace et l’objectif Zéro Déforestation

Greenpeace fait campagne pour stopper la déforestation due à la culture du palmier à huile. Pour cela, Greenpeace demande aux entreprises qui mettent de l’huile de palme dans leurs biscuits, shampooing ou pâte à tartiner d’éliminer une bonne fois pour toute la déforestation de leurs chaînes d'approvisionnement.

Greenpeace demande également aux négociants en huile de palme (qui achètent de l’huile de palme aux producteurs et la revendent aux entreprises consommatrices) de tout mettre en oeuvre pour garantir que l’huile de palme qu’ils vendent n’a pas contribué à la déforestation.

 

Les précédentes campagnes de Greenpeace ont abouti à ce que la filière huile de palme prennent des engagements zéro déforestation. En 2010 et dans les années qui ont suivi, des dizaines de multinationales des secteurs agroalimentaire et cosmétique, ainsi que les principaux négociants ont pris des engagements pour mettre un terme à la déforestation. Toutes ces entreprises se sont donné jusqu’à 2020 pour mettre en œuvre ces engagements.

 

Malgré les engagements, la déforestation ne ralentit pas

Malgré les engagements et à quelques mois de l’échéance de 2020, Après tout ce temps, pourquoi les forêts tropicales indonésiennes continuent-elles d’être ravagées pour produire  de l’huile de palme ? La réponse est très simple : malgré leurs promesses de cesser d’acheter de l’huile de palme à des producteurs ayant des pratiques destructrices pour les forêts tropicales, les plus grandes marques du monde n’ont en fait pas changé leurs pratiques. Elles achètent toujours de l’huile de palme issue de la déforestation.

 

 

Wilmar, plus grand négociant d’huile de palme au monde, a été le premier négociant d’huile de palme à publier une politique « zéro déforestation, zéro destruction des tourbières et zéro exploitation de la main d’œuvre », en décembre 2013. Cette politique est applicable à ses propres plantations ainsi qu’à celles de ses très nombreux fournisseurs.

 

Mais, en juin 2018, une enquête publiée par Greenpeace International a démontré que Wilmar  était toujours lié à des producteurs responsables de déforestation malgré cet engagement.

 

 

Les fabricants de produits comme Kit-Kat, Dove, et Head & Shoulders font partie des plus gros clients de Wilmar. Wilmar est la plus grosse menace qui pèse sur les forêts tropicales indonésiennes - et sur la biodiversité qu’elles abritent.

 

Il est temps que la filière huile de palme coupe les ponts avec la déforestation. Il reste aux entreprises qui se sont engagées 12 mois pour tenir leur promesse.

 

Les consommateurs et consommatrices doivent exiger des marques qu'elles tiennent leurs promesses ! Ensemble, nous pouvons faire entendre notre voix et exiger de ces grandes entreprises qui inondent nos supermarchés de rompre leurs relations commerciales avec Wilmar jusqu’à ce que le négociant soit en mesure de prouver que son huile de palme n’est pas issue de la déforestation.

Nos demandes

Les entreprises de la filière huile de palme doivent couper les ponts avec la déforestation

Les entreprises doivent faire toute la lumière sur l’origine de leur huile de palme et ne plus s’approvisionner auprès des producteurs qui refusent de changer leurs pratiques.

Par exemple, les grandes entreprises des secteurs alimentaires et cosmétiques comme Dove, KitKat, M&M's, Head and Shoulders, L'Oréal et Colgate doivent rompre leurs relations commerciales avec Wilmar jusqu’à ce que le négociant soit en mesure de prouver que son huile de palme n’est pas issue de la déforestation.

Les politiques zéro déforestation doivent devenir la norme

Les politiques Zéro Déforestation sont essentielles pour briser le lien entre plantations et déforestation, changements climatiques et conflits sociaux.

Il s’agit ainsi de préserver l’ensemble des forêts et des zones riches en carbone : les forêts tropicales mais également les tourbières, ces zones humides colonisées par la végétation qui constituent également des puits de carbone très efficaces. Doivent aussi être protégées les zones riches en biodiversité ou d’une importance particulière pour les communautés locales.

Ces engagement doivent être basés sur la méthodologie HCS, qui permet de différencier les terres dégradées, potentiellement propices à l’établissement de plantations et de cultures, des zones forestières qui nécessitent d’être absolument protégées. Cette méthodologie HCS est la seule à permettre de mettre le “Zéro Déforestation” en pratique dans les zones tropicales.

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(Crédits photographiques : © Ulet Ifansasti / Greenpeace)