Urgence climatique : mettons l'État sur le banc des accusés

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Urgence climatique : mettons l'État sur le banc des accusés

Parce que l’urgence climatique impose un électrochoc, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), Oxfam France et Greenpeace France ont décidé en 2019 d’assigner l’État en justice pour inaction face aux changements climatiques, et non-respect de ses obligations internationales, européennes et françaises.

 

Malgré l’urgence, l’État ne tient pas les objectifs (insuffisants) qu’il s’est fixés.

 

Alors que les causes du dérèglement climatique sont connues depuis les années 1960, les gouvernements français successifs ont toujours reporté à plus tard les décisions courageuses qui permettent d’éviter la catastrophe.

 

L’État français s’est pourtant engagé à tout faire pour contenir les changements climatiques en dessous de 2°C et si possible 1,5°C, avec la ratification de l’accord de Paris en 2016 et les différents accords européens sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

 

La France a pris un retard conséquent. D’aveu public, elle n’atteint pas ses objectifs sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les inégalités face au changement climatique s’aggravent.

 

Les citoyen·nes témoignent

Selon l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, 62 % de la population française est exposée à des risques climatiques. C’est à ces témoins et victimes du dérèglement climatique que l’Affaire du Siècle propose d’agir, en les appelant à partager sur le site dédié aux “témoins du climat” les impacts qu’ils et elles ressentent ou subissent, dans leur quotidien, dans la nature, sur leur santé, leur domicile, ou leurs revenus. L’objectif : ouvrir les yeux de l’État sur l’urgence climatique pour le pousser à agir.

 

Seize mois après le lancement du recours, l’État répond

Fin juin 2020, l’État a enfin répondu aux arguments déposés contre lui pour inaction climatique. Dans son mémoire en défense, il rejette les arguments présentés par les organisations co-requérantes et, sans surprise, nie en bloc les carences pointées par l’Affaire du Siècle, alors qu’elles ont été confirmées par le Haut conseil pour le climat. Cette réponse intervient alors que deux autres organisations – la Fondation Abbé Pierre et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique – versent au Tribunal leurs arguments en appui à l’Affaire du Siècle.

 

Dans quelques semaines, les associations requérantes déposeront au Tribunal administratif de Paris un mémoire en réplique, c’est-à-dire un document qui reprend tous les contre-arguments. Ensuite, l’État pourra de nouveau répondre, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la juge estime avoir assez d’éléments pour rendre sa décision.

 

Six actions prioritaires

  • Instaurer une fiscalité socialement juste au service de la lutte contre le changement climatique
  • Créer un service public local de la rénovation énergétique des logements dans tous les territoires
  • Donner la possibilité à toutes et tous de se déplacer plus proprement
  • Instaurer le droit à une alimentation saine et durable pour toutes et tous
  • Développer massivement des énergies renouvelables
  • Mettre fin aux cadeaux aux grandes entreprises

 

En savoir plus :

 

 

 

(Crédits photographiques : © Amanda J. Mason)
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