Depuis des décennies, l’industrie nucléaire française se présente comme un pilier de la souveraineté énergétique nationale, alors même qu’elle repose en grande partie sur une dépendance structurelle à la Russie. Cette dépendance concerne l’uranium, la fabrication de combustibles et certaines technologies clés, et elle perdure malgré l’invasion globale de l’Ukraine par l’armée russe.
Quatre ans après le début de cette guerre, les échanges commerciaux entre la France et la Russie dans le secteur nucléaire n’ont toujours pas cessé, révélant un profond décalage entre le discours politique affiché et la réalité des pratiques industrielles. Cette situation met à mal l’idée même d’indépendance énergétique et expose l’hypocrisie d’un modèle qui continue de s’appuyer sur un partenaire étroitement lié au pouvoir russe.
Ce maintien des relations avec Rosatom, entreprise nucléaire d’État russe directement impliquée dans l’occupation de la centrale de Zaporijia et accusée de violations graves du droit international, est profondément scandaleux. En continuant d’importer de l’uranium russe ou transitant par la Russie, la France participe indirectement au financement de la machine de guerre de Vladimir Poutine, tout en affirmant soutenir l’Ukraine.
Cette complaisance est d’autant plus choquante qu’elle se poursuit en pleine guerre, au mépris des enjeux de sûreté nucléaire et des crimes documentés. L’absence de transparence et le refus de rompre clairement avec ces liens toxiques posent une question politique et morale majeure, à laquelle l’État français et l’industrie nucléaire doivent enfin répondre.