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Retraitement et plutonium

Nucléaire

Le Plutonium est un des produits artificiels radioactifs produit par la fission au cœur des réacteurs nucléaires. Il est ensuite extrait des combustibles irradiés usés. Cette réaction de fission a été initiée par les programmes militaires soucieux de fabriquer des bombes, ainsi est né le "retraitement". En France les premiers réacteurs n'ont été construits qu'à cette fin. Plus tard, le plutonium étant en "surproduction" il a été décidé de l'utiliser pour servir de combustible dans des centrales de production d'électricité.

Le circuit du retraitement en France

En France, c’est à l’usine de La Hague (exploitée par Orano, ex-Areva, dans le Cotentin) que le plutonium est extrait des combustibles nucléaires irradiés à la suite de leur utilisation dans les réacteurs. Il traverse ensuite le pays en camion, sur plus de 1000 km, pour rejoindre Marcoule (dans le Gard). Là, il est mélangé à de l’uranium neuf pour former un combustible appelé le « Mox » (Mixed Oxydes). Ce Mox est ensuite envoyé vers certains réacteurs qui s’en servent comme combustible. Une fois utilisé, ce combustible usé est envoyé à La Hague où il est stocké. C’est ce circuit que l’industrie nucléaire appelle le « retraitement » du plutonium.

Les risques du retraitement

Le retraitement n’a rien à voir avec un recyclage, et ce pour quatre raisons :

1 – Dans les faits, seulement environ 1 à 2 % de la matière initiale (combustible usé) est réutilisée (c’est le Mox), comme souligné dans un rapport du HCTISN. Tout le reste est stocké (déchets vitrifiés et uranium de retraitement).

2 – Il n’est pas sans fin, puisqu’il y a stockage en bout de course.

3 – Il génère un grand volume de déchets, dont certains très dangereux (dits « déchets de haute activité »).

4 – Les usines de retraitement (comme celle d’Orano, ex-Areva, à La Hague) polluent la mer et l’atmosphère par leurs rejets. Alors qu’habituellement le « recyclage » est censé être vertueux, propre et amener une plus-value, dans le cas présent ces opérations sont sales, coûteuses et inefficaces.

En plus, cette opération est dangereuse. Un milligramme de plutonium inhalé (soit la taille d’une poussière), c’est l’assurance d’un cancer des voies respiratoires. Pourtant, 300 à 450 kilos de plutonium pur circulent chaque semaine entre La Hague et Marcoule ! Ces transports qui traversent la France constituent une véritable menace pour les populations. Ils empruntent des autoroutes parfois surchargées (A6, A7 et A13), des viaducs, des tunnels. Que se passerait-il en cas d’accident ?

Alors que ces itinéraires devraient être secrets et régulièrement modifiés pour des raisons de sécurité, ils sont très facilement accessibles et les camions aisément reconnaissables. Des terroristes n’auraient pas besoin de beaucoup de recherches pour savoir comment les faire exploser ou s’en emparer.

Les risques de prolifération

On oublie trop souvent qu’il s’agit de convois de matériaux hautement radioactifs et que 4 à 8 kg de plutonium suffisent pour fabriquer une bombe atomique. Il est incroyable que l’industrie nucléaire prenne un risque aussi insensé. Que se passerait-il si ce plutonium arrivait dans les mains d’un groupe terroriste ou d’un État malintentionné ? Les risques de prolifération sont réels.

L’illusion d’une frontière entre l’utilisation civile et l’utilisation militaire du plutonium est entretenue. Pourtant il n’y en a pas. Chaque pays produisant de l’énergie nucléaire possède la matière première pour élaborer une bombe atomique. La distinction entre nucléaire civil et nucléaire militaire est une dangereuse fiction.







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