La pollution numérique désigne la pollution engendrée par toutes les nouvelle

Climat

La pollution numérique, qu’est-ce que c’est ?

La pollution numérique désigne la pollution engendrée par toutes les nouvelles technologies. Elle se divise en deux axes : la pollution engendrée par le réseau internet et celle générée par la fabrication des équipements informatiques. Selon un rapport de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), les émissions de gaz à effet de serre générées par le secteur sont dues pour moitié au fonctionnement du réseau (28 % pour les infrastructures – câbles, antennes, routeurs – et 25 % pour les data centers) et pour une autre moitié (47 %) à la fabrication de nos terminaux domestiques (ordinateurs, smartphones, tablettes, etc.).

 

La pollution engendrée par la fabrication de nos terminaux numériques

Toutes les étapes du cycle de vie d’un objet, depuis l’extraction des matières premières qui le composent, jusqu’à son élimination en fin de vie, génèrent des émissions de CO₂. C’est ce qu’on appelle le poids carbone. Dans ce cycle de vie, c’est la fabrication d’un appareil qui demande le plus d’énergie, bien plus que que celle nécessaire ensuite à le faire fonctionner. Voici les principales raisons :

  • L’extraction des composants : le tantale, par exemple, indispensable aux téléphones portables, ou l’indium, indispensable aux écrans plats LCD (la technologie « cristaux liquides », qui représente aujourd’hui la plus grosse part du marché), particulièrement gourmande en énergie
  • L’assemblage et le transport : ces matériaux sont extraits dans des zones lointaines et nécessitent donc d’être transportés jusqu’aux locaux de fabrication, puis les appareils sont eux-mêmes exportés vers les pays de distribution.

Dans l’ère numérique paradoxalement, plus on « dématérialise », plus on utilise de matière. Saviez-vous qu’un téléviseur de 40 pouces, c’est : 2,5 tonnes de matières premières mobilisées et 350 kg de CO₂ générés lors de sa fabrication et de son transport ? Autrement dit, avant même d’être utilisé, un téléviseur émet autant de CO qu’un aller-retour Paris-Nice en avion. Et plus on miniaturise et complexifie les composants, plus on alourdit leur impact sur l’environnement : il faut 80 fois plus d’énergie pour produire un gramme de smartphone qu’un gramme de voiture.

A cette pollution numérique s’ajoutent les coûts humains de l’extraction de ces minerais, qu’on appelle aussi les minerais du sang.

Source : Ademe.

 

La pollution engendrée par le fonctionnement du réseau internet

Le réseau internet, lui non plus, n’est pas « immatériel » : il est composé d’une multitude d’équipements informatiques (ordinateurs, câbles, antennes, etc.), qui permettent de stocker et transférer des données (emails, vidéos, pages web, etc.) vers nos terminaux domestiques. Toutes ces technologies numériques doivent être fabriquées et alimentées, générant un coût énergétique important. Dans un rapport sur la pollution numérique, nous dévoilions que le secteur informatique représentait déjà 7 % de la consommation mondiale d’électricité en 2016.

Selon l’ADEME, le secteur informatique est responsable aujourd’hui de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et la forte augmentation des usages laisse présager un doublement de cette empreinte carbone d’ici 2025. En cause : l’augmentation de notre consommation personnelle de données (le streaming vidéo notamment) et du nombre d’utilisateurs à l’échelle mondiale (qui passerait de trois milliards aujourd’hui à plus de quatre milliards d’ici à la fin de la décennie).

Pollution numérique : Greenpeace demandent aux entreprises du secteur de redoubler leurs efforts

Un dirigeable de Greenpeace survole le siège de Facebook, avec le message « Construisons un internet plus vert ». Apple, Facebook et Google se sont engagés à approvisionner leurs centres de données à partir d’énergies renouvelables. Aujourd’hui Greenpeace demande à d’autres entreprises du secteur (Amazon, Twitter, Netflix et Pinterest) de se joindre au mouvement pour limiter la pollution numérique.

Comment réduire notre pollution numérique ?

Pour agir en faveur d’un Internet plus respectueux de la planète, voici deux propositions d’action qui peuvent faire la différence.

1. Allonger la durée de vie des équipements informatiques

Les fabricants de terminaux informatiques (ordinateurs, tablettes, smartphone, téléviseurs) misent sur l’obsolescence de leurs produits pour nous encourager à en racheter de nouveaux. Les techniques sont connues : fragilité des objets, coût exorbitant des réparations, indisponibilité des pièces détachées, marketing agressif, etc. Voici quelques conseils pour déjouer ces pièges :

  • Ne cédez pas aux sirènes de la publicité. Tant que votre appareil fonctionne, pas besoin d’en acheter un nouveau. Peut-être qu’un nouveau smartphone vient de sortir, plus beau, plus puissant, plus “cool”, mais en avez-vous vraiment besoin ?
  • Si votre appareil est cassé, essayez de le réparer. Il est peut-être encore sous garantie (même les appareils reconditionnés ont une garantie, renseignez-vous). Autrement, et si la réparation est trop chère, vous pouvez l’apporter à un repair café, où l’on vous accompagnera (gratuitement) pour réparer votre objet.
  • Le cas échéant, achetez d’occasion et « low-tech ». Si vous n’avez aucun autre choix que l’achat, privilégiez les appareils reconditionnés. Et choisissez des produits dont la consommation énergétique est la plus faible possible (si vous avez un 3310 dans vos placards ça marche aussi !).

Des associations comme HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) agissent pour contraindre les entreprises du secteur à faciliter ces bonnes pratiques. N’hésitez pas à suivre leurs actions et à les soutenir.

Pollution numérique dans une décharge électronique au Nigeria

Décharge électronique au Nigeria. © Kristian Buus / Greenpeace

2. Attention aux vidéos en ligne !

La vidéo en ligne génère 60 % des flux de données mondiaux et plus de 300 millions de tonnes de CO₂. Cela représente 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit autant que toutes les émissions territoriales d’un pays comme l’Espagne. Pour limiter la pollution numérique, la première question à se poser est : “ai-je vraiment envie de regarder cette vidéo ?”. Si la réponse est oui, voici quelques conseils :

  • Préférez le téléchargement au streaming vidéo lorsque c’est possible. Pour écouter de la musique privilégiez la musique téléchargée ou éventuellement les plateformes de streaming audio, plutôt regarder un clip sur une plateforme de streaming comme Youtube.
  • Evitez à tout prix la 4G pour lire des vidéos. La 4G consomme 23 fois plus d’énergie (et donc émet d’autant plus de gaz à effet de serre) que la WIFI. Branchez un câble éthernet ou connectez-vous à un réseau WIFI avant de lancer une vidéo. Si vous êtes chez vous, activez la connexion wifi de votre smartphone avant de surfer.
  • Visionnez les films en basse définition (ex : une résolution de 360 pouces pour un écran d’ordinateur de 13 pouces). Cela permet d’économiser de la bande passante, et donc de limiter l’énergie nécessaire à la lecture de la vidéo. Plus votre écran est grand, plus une haute résolution sera nécessaire. Refusez à tout prix les téléviseurs 4K et 8K, technologies encore plus prédatrices en matières premières.
  • Bloquez la lecture automatique sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, comme sur Youtube, il est possible de désactiver la lecture automatique. Ces marques cherchent à vous faire regarder le plus de vidéos possible, sans votre consentement explicite. Vous pouvez reprendre le pouvoir. Pensez à la résolution sur Youtube aussi (144p dès que possible)

Si le sujet vous intéresse, l’association The Shift Project a publié un rapport complet sur le sujet, et a produit la vidéo suivante.

Si vous faites déjà tout cela contre la pollution numérique…

Voici quelques idées supplémentaires pour celles et ceux qui veulent aller encore plus loin pour limiter la pollution numérique :

  • Refusez les “objets connectés”. Avez-vous vraiment besoin d’un assistant virtuel pour vous aider à éteindre la lumière ou allumer la radio ? D’un réfrigérateur connecté qui vous envoie un email lorsque vous n’avez plus de tofu ? Ces objets, eux-aussi, ont un coût écologique élevé. Ils font aussi peser des risques importants sur votre vie privée.
  • Éteignez votre box internet la nuit et durant vos absences. Ces appareils consomment beaucoup d’électricité, même lorsque vous n’êtes pas en train d’utiliser internet. Leur consommation annuelle se situe entre 150 et 300 kWh, soit autant qu’un grand réfrigérateur !
  • Faites régulièrement le ménage dans vos emails, pour éviter tout stockage inutile ou en double dans des centres de données.  Cleanfox est un outil qui vous accompagne dans ce tri, et vous propose de vous désinscrire des newsletters que vous ne lisez plus. Évitez également d’envoyer des pièces-jointes lourdes à de nombreux destinataires
  • Ne stockez que le strict nécessaire sur le cloud, et désactivez la synchronisation avec votre smartphone. Contrairement aux apparences, vos données ne sont pas stockées sur un “nuage”, mais dans des data centers, ces centres informatiques énergivores.
  • Lutter contre les écrans vidéos publicitaires qui envahissent nos villes. En 2018, il y avait un million de ces écrans en France, générant chacun 350 kg de CO₂ par an. Soit l’équivalent d’un million d’allers-retours Paris-Nice en avion chaque année. Des collectifs existent déjà à Lyon ou à Paris, n’hésitez pas à les contacter pour qu’ils vous aident à monter votre propre campagne.




(Crédits photographiques : © Frank van Biemen/EvoSwitch/Greenpeace)
Commentaires (70)

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Bébin Cléa

Bonjour, Je vous avez déjà contacté par mail mais je n'avais pas reçu de réponse de votre part donc je retente ma chance ici. Pourrait-on se rencontrer pour que moi et une amie, récolte des informations pour un de nos cours ? Il faudrait que cela soit filmer (nous sommes dans des études de com). Bonne journée, Cléa.

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Nicolas13

Le top du top du top du top, ce serait de réutiliser les vieux disques durs internes pour en faire des disques durs externes. C'est mieux que le cloud et que moyen de stockage externe acheté au supermarché ! https://geek3d.net/fr/page/13-recycler-hdd

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Evelyne ROYER CORNILLON

Et la 5G qui va couter à l'europe 55 milliard d'euros, la, ça ne choque personne, il ferait mieux d'acheter un avionCanadair pour chaque pays européen vu que les feux vont etre de plus en plus important. On pourrait de la sorte agir plus vite et plus fort. 200 scientifiques ont écrit à l'OMS et à l'ONU, mais la encore rien ne bouge ces ondes sont sales(je ne sais pas ce que cela veut dire mais eux, ils le savent, on va se faire onduler ben raide comme disent les Quebequois et les toilettes sèches, personne n'en parle mais les économies d'eau que l'on pourrait faire serait énorme, environ 10m3 pour une personne seule 10000 litres, c'est pas une paille. et en parlant de paille, mais qu'ils arretent avec les pailles en bamboo, on va déforester pour des pailles et les animaux alors!!!!! Bon allez j'arrete j'en ai trop à dire Evelyne

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