Élevage : prendre le taureau par les cornes

Agriculture

Avec au moins 14 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’élevage est particulièrement incriminé dans les dérèglements climatiques. À cela s’ajoute d’autres problématiques comme l’accaparement des terres ou la pollution de l’eau.

Élevage : une situation économique catastrophique

Le modèle agricole actuel prend à la gorge les agriculteurs, notamment lorsqu’il s’agit de négocier les prix de vente de leur production. Dans le monde, une poignée de multinationales bénéficie d’une situation de quasi-monopole pour l’achat, la transformation et la distribution des produits agricoles. Pourtant, 570 millions d’agriculteurs nourrissent aujourd’hui 7,2 milliards de consommateurs !

Les prix baissent, mais en face de cela, les coûts de production explosent. L’agriculture industrielle est en effet un modèle coûteux : il engendre une très forte dépendance aux intrants extérieurs, notamment pour l’alimentation animale ; d’où une situation économique catastrophique pour beaucoup d’éleveurs engagés dans ce modèle industriel.

Les aides, quel que soit leur montant, ne régleront pas ce problème qui persiste depuis des années. Elle ne sont qu’une rustine de plus qui n’oppose aucune véritable limite à une course destructrice au plus gros volume, en atteste l’émergence des fermes usines. Dire que revoir à la baisse les normes environnementales permettrait de sauver l’élevage est faux et dangereux : leur renforcement est la seule solution qui s’impose.

La protection de l’environnement : une opportunité vertueuse

Choisir un système à bas niveau d’intrants (par exemple un cheptel réduit nourri exclusivement à l’herbe) revient à baisser les coûts de production et à valoriser davantage les produits. Il faut sortir de la logique du produire “plus” pour entrer dans la logique du produire “mieux”.

De plus, nous consommons actuellement trop de viande et trop de produits laitiers pour que cela puisse être soutenable, d’autant plus que cette consommation de produits animaux est totalement inéquitable : les pays riches se gavent là où d’autres meurent de faim. Il ne faut pas agir uniquement sur notre façon de produire, mais également sur notre façon de consommer : en consommant (beaucoup) moins et (beaucoup) mieux.

Il suffirait de diviser par deux notre consommation de protéines animales pour dégager assez de nourriture pour deux milliards de personnes supplémentaires. Greenpeace recommande ainsi un maximum d’environ 12 kg de viande issus de l’élevage écologique par personne et par an (soit environ 230 g par semaine) et 26 kg de lait par personne par an (soit un demi litre de lait par semaine). Le choix de chacun d’adopter un régime végétarien ou végétalien permet également de contribuer encore plus à l’effort collectif de réduction de la consommation de produits animaux.

L’agriculture écologique est la seule à garantir des pratiques agricoles saines et une alimentation de qualité aujourd’hui et pour les générations à venir, en s’appuyant sur les principes de l’agroécologie. Cette agriculture regroupe un ensemble de pratiques durables qui respectent l’environnement. Un élevage écologique joue un rôle clé dans les agroécosystèmes en contribuant notamment à optimiser la fertilisation des sols. Il n’a recours qu’aux terres et aux ressources agricoles qui ne sont pas directement utilisables pour l’alimentation humaine. Sa mise en œuvre implique donc de réduire notre cheptel, en particulier en Europe, pour privilégier la qualité de notre production alimentaire à sa quantité.

 

> Lire notre rapport sur les 7 principes clés de l’agriculture écologique







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