Amazonie : un inestimable patrimoine écologique en danger

Forêts

Avec une superficie de six millions de kilomètres carrés, la forêt amazonienne est la plus grande zone de forêt ancienne tropicale de la planète. Véritable trésor de biodiversité, elle est pillée et ravagée sans vergogne.

L’Amazonie, vitale pour la planète

Le bassin amazonien s’étend sur environ 6,5 millions de km² dans neuf pays d’Amérique du Sud et représente 5 % de la surface terrestre. La partie brésilienne compte à elle seule plus de 24 millions d’habitants, notamment des centaines de milliers issus des peuples autochtones. Ces habitants dépendent de la forêt pour se nourrir, se soigner et se procurer d’autres services de base. Ils lui accordent aussi une importance spirituelle.

Plus de la moitié des espèces animales et végétales terrestres y est concentrée. Le bassin amazonien est ainsi le réservoir d’une biodiversité exceptionnelle : on y recense 40 000 espèces végétales, 427 espèces de mammifères, 1294 espèces d’oiseaux, 378 espèces de reptiles, 426 espèces d’amphibiens et environ 3000 espèces de poissons…

Elle joue de plus un rôle essentiel dans la stabilisation du climat mondial et son fleuve, l’Amazone, ravitaille un cinquième de la planète en eau douce.

Élevage, un pas de plus pour protéger l’Amazonie

Malgré ses trésors naturels, cette zone est en danger. Bulldozers, tronçonneuses et camions travaillent sans relâche à l’abattage de « l’or vert ». Durant les quarante dernières années, 800 000 km² (l’équivalent d’une fois et demie la France) de forêt amazonienne ont été détruits. Si le rythme de la déforestation a très nettement ralenti pendant la dernière décennie, notamment grâce à la mobilisation de Greenpeace, il est reparti légèrement à la hausse en 2016.

En 2009, Greenpeace avait publié une étude démontrant que l‘élevage bovin était responsable de 80 % de la déforestation amazonienne, ce qui représentait 14 % de la déforestation annuelle de la planète. C’est toujours vrai aujourd’hui : il est urgent que cela cesse. À l’origine du problème se trouve la surconsommation de viande et de produits laitiers.

Le Brésil possède le plus grand cheptel commercial du monde (environ 211 millions de bêtes, soit plus que d’êtres humains) et est le premier exportateur mondial de bœuf et de cuir. Dans cet État, quatre chaînes de supermarchés représentent à elles seules 50 % du marché de la viande de bœuf. En novembre 2015, Greenpeace a lancé une grande campagne en direction des chaînes de supermarchés brésiliens, les premiers revendeurs de viande dans le pays.

Après Pao de Açucar (Groupe Casino) et Walmart qui ont déjà pris des engagements, c’est au tour de Carrefour, seconde chaîne de supermarchés au Brésil, de rendre publique en 2016 sa nouvelle politique d’approvisionnement en bœuf pour le Brésil. Ces trois chaînes de supermarchés créent donc une sérieuse barrière contre la déforestation et envoient un signal fort à tout le secteur de l’élevage bovin : les abattoirs de la région vont devoir s’adapter. En outre, les trois enseignes se sont engagées à mettre en place un système de suivi poussé et à exclure les fournisseurs ne respectant pas les critères minimum entérinés par les principaux abattoirs du pays.

Ces critères minimaux sont issus d’un accord signé par les grands abattoirs bovins en 2009 après la campagne de Greenpeace. Les trois premiers signataires de cet accord, JBS, Marfrig et Minerva, les plus grands abattoirs au Brésil, représentent environ 70 % du secteur en Amazonie. Selon une étude scientifique, cet accord a été indispensable pour accélérer la régularisation et la baisse de la déforestation dans les exploitations fournissant directement les abattoirs impliqués.

Pour Greenpeace, ces engagements, s’ils sont correctement mis en œuvre, permettront de lutter contre la déforestation mais aussi contre des conditions de travail proches de l’esclavage et contre l’invasion des territoires de communautés autochtones.

Les méga-barrages

L’Amazone est aujourd’hui en proie, comme le Mékong en Asie, à de nombreux projets de méga-barrages. Ils sont destructeurs pour l’environnement. D’abord parce qu’ils interrompent les cours naturels des fleuves dont dépendent de nombreuses espèces aquatiques. Ensuite parce qu’ils détruisent d’immenses zones forestières abritant une biodiversité florale et faunique exceptionnelle, et parce qu’ils empiètent sur les terres ancestrales des peuples autochtones, souvent forcés à un exil tragique. Enfin parce qu’ils relâchent dans l’atmosphère d’énormes quantités de méthane qui s’échappent de l’eau stagnante, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2.

Grâce à Greenpeace et à la mobilisation des Mundurukus, un méga-barrage prévu sur le fleuve Tapajós, un affluent de l’Amazone, a été annulé. Il devait engloutir sous les eaux stagnantes une zone vaste comme New York. Hélas, des dizaines d’autres barrages sont encore dans les cartons du gouvernement brésilien.

Derrière ces méga-projets se cachent les intérêts politiques des dirigeants et les profits économiques d’une poignée d’entreprises, qui alimentent le cercle vicieux de la corruption et du détournement de l’argent public au Brésil. D’autres barrages édifiés dans la forêt amazonienne, comme celui de Belo Monte, sont actuellement au cœur d’une enquête sur la corruption au Brésil.

D’autres sources d’énergie propres et équitables, telles que l’énergie éolienne ou solaire, peuvent répondre aux besoins de tous les Brésiliens sans anéantir la biodiversité et les modes de vie des populations indigènes. L’avenir énergétique du Brésil réside dans les énergies renouvelables, et non dans les projets de méga-barrages hydroélectriques.

 







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