Soja et déforestation

Agriculture, Forêts

Dans les années 2000, le soja était l’un des moteurs principaux de la déforestation, notamment en Amazonie. Entre 70% et 90% de la production de soja est utilisée pour nourrir les animaux d’élevage.

Le soja pour l’alimentation animale, désastre environnemental

Le soja pour l’alimentation animale est l’un des principaux moteurs de la déforestation en Amérique du Sud. L’industrialisation de l’élevage et la surproduction de viande dans certaines régions du monde, y compris en Europe, ont fait bondir la demande globale en soja. Les pays exportateurs ont ainsi augmenté leur production, et ce trop souvent au détriment d’écosystèmes précieux. En effet, pour faire la place nécessaire à l’installation de leurs méga-fermes, les industriels n’hésitent pas à s’accaparer illégalement des terres et à détruire des écosystèmes à la biodiversité précieuse et à l’importance vitale.

La déforestation n’est pas le seul problème posé par la culture industrielle de soja : le soja OGM est largement majoritaire en Amérique du Sud (99% de celui produit en Argentine est génétiquement modifié) et sa culture se fait à grands renforts de glyphosate et autres herbicides et pesticides, ce qui pose de graves problèmes de santé publique et porte atteinte à la biodiversité.

La plupart des pays sud-américains cultivent ainsi cette légumineuse dans des conditions sanitaires, sociales et environnementales désastreuses pour alimenter les élevages industriels, comme nous l’avons démontré dans un rapport publié en 2019.

Le moratoire, un sursis pour l’Amazonie brésilienne

En Amazonie brésilienne, suite à une campagne de Greenpeace en 2006 contre Cargill (un négociant mondial en denrées agricoles) et la chaîne de restaurant McDonald’s, un moratoire a été signé. Ainsi, les industriels se sont attaqués au problème de la déforestation en Amazonie afin de bannir des circuits commerciaux le soja cultivé sur des terres déboisées après 2006. En 2016, le moratoire a été étendu de manière illimitée dans le temps.

En 2017, nous avons constaté une baisse de 86 % de la déforestation due à la production de cette légumineuse dans les régions couvertes par le moratoire. En 2007, 30 % du soja produit en Amazonie brésilienne avait contribué à la déforestation, contre 1,25 % dix ans plus tard. Un vrai succès pour l’Amazonie… Qui reste néanmoins menacée par d’autres activités industrielles comme l’élevage et par la politique destructrice de Jair Bolsonaro.

Le soja reste un péril pour le Cerrado et le Gran Chaco

Mais il n’y a pas qu’en Amazonie que la culture du soja est ravageuse. Le Cerrado, immense savane brésilienne d’1,5 millions de km² abritant 5% de la biodiversité mondiale, est détruit à une vitesse vertigineuse par les industriels qui y produisent des millions de tonnes de soja chaque année. La savane aurait perdu près de la moitié de sa surface naturelle. La plus grande forêt sèche d’Amérique latine située dans le Gran Chaco est également rasée pour la même raison.

 

La France continue d’importer ce soja destructeur pour nourrir les animaux entassés dans les élevages industriels. Il est inacceptable que des cargos continuent d’affluer dans les ports français pour décharger des denrées provenant de régions déforestées, sans qu’aucune vérification ne soit faite sur l’impact environnemental de cette production. Agissez avec nous pour mettre un terme à cette déforestation importée en cliquant ici.