Les États ont protégé leurs intérêts industriels, plutôt que le climat. Ce

Climat

La COP25, un marche-pied manqué

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Les États ont protégé leurs intérêts industriels, plutôt que le climat. Cette COP devait pourtant servir de marche-pied pour préparer au mieux la COP26, en novembre 2020 à Glasgow, qui sera elle cruciale. On explique tout.

Une année de mobilisation avait préparé le terrain

Grèves pour le climat, “Fridays for Future” avec Greta Thunberg… l’année 2019 n’est pas terminée, mais ces derniers mois ont vu la mobilisation monter dans tous les pays. Les événements climatiques extrêmes se sont eux aussi faits plus fréquents : incendies en Amazonie et Australie, vagues de chaleur en Europe, inondations en Asie… Quant à la France, elle a été classée comme le 15ème pays le plus à risque face aux catastrophes climatiques. L’urgence est criante, et les populations l’ont bien compris. D’ailleurs vendredi 6 décembre, à mi-parcours des négociations, une gigantesque marche climat a animé les rues de Madrid :

 

La COP25, dernier rendez-vous avant la mise en œuvre de l’Accord de Paris

Chaque année, cette COP est un moment précieux pour que les pays en développement, qui subissent de plein fouet les effets dévastateurs du changement climatique, fassent entendre leur voix. Mais au lieu de se montrer responsables et solidaires, les pays développés leur tournent le dos, préservant leurs intérêts industriels et leur modèle économique consumériste plutôt que de jouer la solidarité internationale avec les populations les plus vulnérables.

Lors de la COP21 à Paris en 2015, les États se sont engagés à revoir leurs objectifs climatiques à la hausse d’ici mars 2020. L’urgence climatique est telle que la COP25 devait être l’occasion pour les dirigeant·es de s’engager à soumettre de nouvelles feuilles de route en vue de la COP26 à Glasgow, fondées sur les dernières données scientifiques disponibles et compatibles avec les objectifs de l’accord de Paris. Car à l’heure actuelle, les engagements mis sur la table nous conduisent vers une augmentation de 3,2°C au minimum, soit plus du double des 1,5°C à ne pas dépasser pour préserver une planète à peu près vivable.

 

 

La France sourde face à l’urgence climatique

Lors de cette COP25, la France aurait pu provoquer un sursaut de la diplomatie climatique, sursaut appelé de ses vœux par Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, qui a exhorté les dirigeants politiques à mettre un terme à “la guerre contre la nature”. Mais non : Emmanuel Macron ne s’est pas rendu à la COP. Son absence est symbolique du manque d’ambition française pour lutter contre le dérèglement climatique. Pire, la France s’est félicitée le 11 décembre du “Green Deal”, un pacte vert bien insuffisant, puis le lendemain d’un faux accord du Conseil Européen pour atteindre la neutralité carbone… en 2050, au lieu de 2040. Cette séquence climatique est tout simplement déconcertante. Sans parler de l’exclusion de 200 représentant·es d’associations, mercredi, qui, après une action pacifique pour exiger des actions à la hauteur de la menace climatique, se sont vu retirer leur badge d’accès au centre de négociations et raccompagnés vers la sortie sous escorte policière : 

 

L’appel à rejoindre la résistance

Alors que le divorce entre les faits scientifiques et les beaux discours du gouvernement est clairement consommé, nous ne pouvons pas laisser plus longtemps l’inaction de nos dirigeants nous mettre tous et toutes en danger. Nous lançons un appel : nous pouvons encore empêcher la destruction de notre planète, à condition d’unir nos forces, pour lutter contre “le côté obscur de nos dirigeants”. Rejoignez la résistance climatique !

 





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