Il y a quelques jours, des militants et militantes de Greenpeace UK (Royaume-Uni

Océans

Greenpeace UK stoppe la pêche destructrice dans la Manche

En 2019, les chalutiers industriels ont passé plus de 3000 heures à ratisser les fonds marins de cette aire marine protégée, au large des côtes britanniques. Face à l’inaction des autorités, il était temps d’agir concrètement pour arrêter ce pillage.

Il y a quelques jours, des militants et militantes de Greenpeace UK (Royaume-Uni) ont embarqué à bord de l’Esperanza pour déposer une “barrière de rochers” dans les fonds marins, à une cinquantaine de kilomètres au large de Brighton. Cette barrière de granit permettra d’empêcher le chalutage sur environ 140 km2 de fonds marins, dans un site qui est censé être une aire marine protégée (AMP).

Une protection solide comme un roc

L’équipage de l’Esperanza a largué au fond de l’eau des blocs de granit qui dissuaderont les chalutiers de pêcher dans la zone, au risque d’endommager leurs engins de pêche qui se s’accrocheraient à un rocher.

Ces blocs pèsent chacun entre deux et trois tonnes, proviennent d’une carrière du nord de l’Allemagne et sont constitués de granit, un matériau “inerte” qui n’a aucune interaction avec l’eau ou le plancher océanique. Ils ont été disposés de façon à empêcher le passage des filets de pêche dans les fonds marins, mais pas la navigation.

Nous avons immédiatement informé les autorités maritimes et les gardes-côtes britanniques de la localisation précise de ces rochers. Ainsi, leur position sera enregistrée dans les cartes marines de façon à garantir la sécurité de la navigation dans la zone. Par ailleurs, un organisme scientifique indépendant (BioLaGu), mandaté au préalable par nos soins, a conclu à l’absence d’impact significatif de ces rochers sur les fonds marins de cette AMP.

Une zone riche en biodiversité

Dolphin Bycatch Tour in English Channel. © Kate Davison

Dauphins dans la Manche. © Kate Davison / Greenpeace

Cette barrière rocheuse vise à renforcer la protection de l’aire marine “Offshore Brighton Marine Protected Area”, à environ 45 km des côtes du Sussex, à la frontière des eaux françaises.

Cette AMP, créée par le gouvernement britannique en 2016 pour protéger 862 km2 d’habitat marin, est le refuge des bernard-l’hermites, coquilles Saint-Jacques, étoiles de mer, éponges, vers marins et anémones. Ces espèces sont des sources d’alimentation vitales pour les prédateurs comme les marsouins ou les dauphins.

De nombreuses autres espèces fréquentent la région, notamment des phoques, des lieux, des aiglefins, des roussettes et de nombreux oiseaux marins. Parfois, on peut même y apercevoir des baleines !

Le chalutage de fond, une méthode de pêche destructrice

Malgré la riche biodiversité de cette aire marine, la pêche destructrice y a libre cours et, comme dans toutes les AMP britanniques, elle est totalement légale. Bizarre non, pour une zone soi-disant “protégée” ? C’est d’ailleurs le même problème dans l’Union européenne, et tout particulièrement en France, où des activités de pêche destructrices comme le chalutage de fond sont autorisées au sein des AMP.

Ainsi, en l’absence de mesures de restriction, les chalutiers s’en donnent à cœur joie.

Les chalutiers de fond tractent un filet de pêche, le chalut, qui est lourdement lesté de plaques de métal et suit au plus près le fond océanique. Il racle tout sur son passage, sans distinction aucune. Les coquilles Saint-Jacques sont particulièrement vulnérables face à ces bulldozers des mers.

Ces filets ravagent donc le plancher océanique, mais pas que : ils ramassent sans distinction tout un tas d’espèces commerciales non ciblées. C’est ce que l’on appelle les prises accessoires. Elles représentent en moyenne 30 à 40 % du contenu des filets. Parfois, beaucoup plus !

Face à l’inaction des autorités, qui laissent le pillage de mers et océans avoir libre cours, Greenpeace a dû une fois de plus s’interposer comme elle l’a déjà fait à de nombreuses reprises, notamment dans les eaux suédoises ou en mer du Nord.Tant qu’il le faudra, nous continuerons de soutenir la pêche durable, et artisanale  de dénoncer la surpêche et de demander la création de réserves marines dotées d’une protection réellement efficace.

En ce moment, les Nations unies négocient un traité international sur la protection de la haute mer. Demandez avec nous un traité ambitieux, nos océans le méritent !

(Crédits photographiques : © Suzanne Plunkett / Greenpeace)
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