EDF et AREVA jouent la politique du fait accompli Le HCTISN, comité pluraliste

Nucléaire

Anomalies sur l’EPR de Flamanville : EDF et AREVA passent en force

L’histoire de la cuve de l’EPR est emblématique de la façon dont le lobby nucléaire dissimule, organise le mensonge, et intimide ceux qui se mettent en travers de son chemin. Aujourd’hui, le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) publie son rapport sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville. Le constat est sans appel : EDF et AREVA ont dissimulé des informations cruciales en matière de sûreté nucléaire. L’ASN doit rendre un premier avis sur la cuve ces prochains jours : le gendarme du nucléaire français est soumis à une pression inédite.

EDF et AREVA jouent la politique du fait accompli

Le HCTISN, comité pluraliste nommé par décret gouvernemental, est composé de représentants d’EDF et d’AREVA et d’experts de la sûreté nucléaire. Il a pour mission de veiller à l’information du public et à la transparence des industriels du nucléaire. Le Haut comité avait décidé en juin 2015 de se saisir de l’affaire des anomalies sur la cuve de l’EPR de Flamanville et a constitué un groupe de travail ad hoc. Ces irrégularités avaient été révélées par l’ASN en avril 2015, neuf ans après la fabrication des pièces incriminées.

Au total, il aura fallu que le HCTISN organise une dizaine de réunions avec 25 experts pour tenter de faire la lumière sur ce dossier. Dans le rapport rendu public aujourd’hui, il apparaît clairement que ni AREVA ni EDF n’ont respecté les règles. EDF et AREVA « n’ont pas expliqué au public l’origine des anomalies et l’historique de la conception et de la fabrication de la cuve du réacteur EPR » précise le rapport.

Pour le Haut comité, AREVA aurait notamment dû rendre publiques les réponses aux courriers que l’ASN lui a envoyés depuis 2006 sur la fabrication de la cuve. Par ailleurs, le rapport relève le fait qu’aucun scénario technique alternatif n’ait été rendu public, en cas de refus de la cuve et de son couvercle par l’ASN.

Depuis le début de l’affaire, EDF et AREVA mettent l’ASN devant le fait accompli : ils refusent de communiquer un plan B pour la contraindre à accepter que l’EPR démarre avec des pièces vérolées.

L’Autorité de sûreté nucléaire doit résister aux pressions

L’ASN doit rendre public un premier avis sur la cuve dans les prochains jours. Cet avis sera ensuite soumis à concertation publique pour une décision finale qui sera rendue à l’automne.

Le rejet de la cuve par l’ASN enclencherait un « effet domino » en remettant en cause la faisabilité de l’ensemble des projets EPR vendus par EDF et AREVA au Royaume-Uni, en Chine et en Finlande. Les industriels mettent une pression intolérable sur l’ASN, en faisant reposer l’avenir de la filière nucléaire sur ses épaules.

Si l’ASN valide la cuve, ce sont les intérêts financiers qui primeraient sur les principes fondamentaux de sûreté nucléaire. Avec les anomalies détectées sur la cuve et son réacteur (ségrégations de carbone), rien ne permet d’assurer que celle-ci ne peut rompre et créer ainsi un accident nucléaire majeur.

Il est encore temps pour l’ASN de se montrer intransigeante sur la sûreté nucléaire, de résister aux pressions d’EDF et AREVA et donc de refuser de valider la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville. L’ASN ne doit pas sacrifier la sûreté nucléaire pour sauver à tout prix une filière nucléaire en faillite.





(Crédits photographiques : © Greenpeace / Pierre Gleizes)
Commentaires (10)

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cartier

Combien faudra-t-il de victimes pour que la prochaine catastrophe soit la dernière ?

1 réponse

Il y au plus de 50 morts dans un immeuble en Angleterre en grande partie parce qu'on avait isolé l'immeuble Faut il arrêter d'isoler les batiments? La peur de la mort nous conduit à de mauvaises décisions: pendant ce temps là, des centrales à charbon en Allemagne émettent du co2 qui nous tuera plus sûrement que le nucléaire Au Japon, le tsunami a fait 16000 morts, l'accident de Fukushima combien? Même Tchernobyl a fait moins de morts que l'incendie de Londres. Je sais ce n'est pas comparable mais ne voir que la mort potentielle nous aveugle sur les vrais enjeux

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Wiki

Avec les anomalies détectées sur la cuve et son réacteur (ségrégations de carbone), rien ne permet d’assurer que celle-ci ne peut rompre et créer ainsi un accident nucléaire majeur. Si justement: les tests faits sur les éprouvettes par Areva, la résistance de l'acier qui est très supérieure aux conditions du réacteur et les coefficients de sécurité utilisés pour dimensionner les installations. En fait, rien dans l'article ne prouve les assertions qui y sont exposées, c'est comme toujours du parti pris sans références techniques. Il est assez désolant de voir ainsi Greenpeace France faire de telles déclarations sans les étayer: Greenpeace a t il des scientifiques dans ses troupes capables de calculer les contraintes dans un réacteur nucléaire et de dire que la ségrégation implique que ces contraintes sont supérieures à la résistance de la cuve? Si vos lecteurs connaissaient les coefficients de sécurité dans le bâtiment par exemple, faits pour couvrir les erreurs de fabrication, ils en auraient la chair de poule. Mais c'est une autre histoire

1 réponse

Peut etre que vous pouvez du coup nous éclairer si vous avez des chiffres (ce que réclame l'ASN une décennie après la construction de la cuve par une entreprise qui n'avait pas les compétences requises lorsqu'elle a été sélectionnée pour ce travail). Vous pouvez sans doute nous expliquer comment plusieurs catastrophes ont pu avoir lieu malgré "les coefficients de sécurité" qui donneraient "la chair de poule" selon vous. On en a encore eu une parfaite illustration avec l'incendie d'une tour en GB faisant 79 morts de mémoire. Les lobbies dénoncés dans cet article sont peut être les même que ceux qui ont ralentit l'interdiction de l'amiante alors qu'on la savait pourtant cancérogène; de même en ce moment pour les perturbateurs endocriniens. Oui, je mélange tous les sujets mais c'est parce que tous les secteurs sont touchés par les même maux, sauf que dans le cas d'une catastrophe nucléaire il conviendra de multiplier le nb de victimes par 1000 et sur plusieurs dizaines d'années au moins. Soyons intrinsigeants Un hypothroidique suite au nuage de tchernobyl qui n'a pas passé la frontière.

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Carole H

C'est une scandale ces programmes nucléaires et une mise en danger d'autrui. Nous habitons dans la Manche mais cela nous concerne tous en France et au-delà de nos frontières. Il faut avertir tous les citoyens de cela et miser sur les énergies renouvelables.Envoyer un message fort à notre nouveau Ministre Mr Hulot ?

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