Une enquête menée par les journalistes de France inter pour l’émission « S

Nucléaire

Nucléaire : le scandale des anomalies prend une nouvelle ampleur

Une enquête menée par les journalistes de France inter pour l’émission « Secrets d’info » vient de révéler qu’EDF, AREVA et l’ASN savaient depuis au moins 2005 que l’usine Creusot Forge d’AREVA n’était pas en capacité de produire des pièces conformes. C’est pourtant l’usine où ont été fabriquées de nombreuses pièces de réacteurs qui comportent des anomalies, dont celles de l’EPR de Flamanville.

Affaire des anomalies : ce que révèle l’enquête de France inter

Décembre 2005. Soit il y a plus de dix ans. C’est la date à laquelle l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)  a envoyé un courrier à EDF pour l’alerter sur l’état déplorable de l’usine du Creusot qui connaissait des dysfonctionnements importants.

Cette usine, c’est celle où ont été forgées un nombre considérable de pièces pour des réacteurs en France et à l’étranger. C’est aussi l’usine qui a été choisie pour forger le fond et le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville.

L’obsession de redorer le blason de l’industrie nucléaire française a pris le pas sur le maintien de la sûreté en France

En effet, dans les plans des industriels, l’EPR devait être la vitrine d’une équipe de France du nucléaire EDF-AREVA pour de nombreux projets d’exportation. Si en 2005-2006, ces informations avaient été publiques, l’EPR aurait perdu tout son intérêt. EDF et AREVA ont souhaité sacrifier les impératifs de sûreté nucléaire pour laisser croire au renouveau de la filière.

Au final, l’EPR est le symbole du naufrage de l’industrie nucléaire : des délais sans cesse dépassés, des coûts qui explosent et une dégradation grave de la sûreté.

Quasiment dix ans plus tard, en 2014, l’ASN annonçait avoir détecté des anomalies sérieuses sur la cuve de l’EPR de Flamanville : les calottes du couvercle et du fond de la cuve du réacteur présentent un excès de carbone. Ces pièces vérolées viennent alors remettre en question le contrôle qualité effectué à l’usine Creusot Forge d’AREVA…

Les activistes de Greenpeace bloquent le convoi transportant le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville – février 2016 ©Nicolas Chauveau / Greenpeace

 Dix ans de flottement sur la sûreté nucléaire

On sait désormais que, depuis plus de 10 ans, EDF, AREVA et l’ASN savaient que l’usine du Creusot n’était pas en situation de produire des pièces conformes aux normes de sûreté.

Que s’est-il passé pendant ces dix années ? EDF et AREVA ont dissimulé des informations et ont joué la politique du fait accompli. Rappelons-le : en début d’année 2014, EDF décide d’installer la cuve non conforme sur le site de l’EPR de Flamanville. Plus tard, en février 2016, c’est au tour du couvercle de la cuve de l’EPR d’être transporté de l’usine Creusot Forge vers le chantier de l’EPR de Flamanville, alors que la pièce n’est pas non plus conforme aux exigences de sûreté.

Cette enquête fait froid dans le dos : elle montre non seulement l’opacité la plus totale avec laquelle l’industrie nucléaire agit, mais aussi le laisser faire de l’ASN voire une complicité vis-à-vis d’EDF et d’AREVA sur la cuve non conforme de l’EPR.

Ces révélations sont la preuve que le seul moyen pour EDF de faire accepter ses projets nucléaires est de dissimuler des informations importantes, tant sur la sûreté que sur les coûts.

Elles prouvent également qu’au vu des informations qui étaient connues par EDF, AREVA et l’ASN dès 2005, le projet de construction de l’EPR de Flamanville n’aurait jamais dû être lancé en 2007.

Enfin, elles montrent qu’EDF et AREVA, en enfreignant les normes de sûreté nucléaire,  mettent en danger des millions de personnes, dans l’impunité la plus totale.

Réécoutez l’intégralité de l’enquête de Secrets d’info :
https://www.franceinter.fr/sciences/cuve-de-l-epr-de-flamanville-l-incroyable-legerete-d-areva-et-edf





Commentaires (21)

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Jean-Michel M.

J'apporte une petite précision pour plus de clarté dans mon commentaire. Il faut bien évidemment comprendre que les cancérologues estiment que des doses de 5 millisieverts sur 5 ans peuvent provoquer des cancers. La population civile dont le niveau d'irradiation n'a jamais été calculé mais qui a reçu de fortes doses, l'état de santé de la plupart d'entre eux n'est certainement pas enviable. Celui des ouvriers qui ont accumulé des doses de 100 millisieverts l'est bien sûr encore moins. "Y'aurait pas comme un os dans votre prose" est à comprendre "une légère partialité nucléocratique".

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Jean-Michel M.

@JB : "Ça fait 6 ans que l'incident (Sic) de Fukushima s'est produit et certaines zones sont réaccessibles". Par "incident", je suppose donc que vous estimez que ce qui s'est produit à Fukushima est une petite bricole sans gravité, sans gravité aucune sur la nature ni la santé des populations. Or, depuis le début de l' "incident", 46181 personnes ont travaillé sur le site et TEPCO lui-même reconnait que des dizaines de milliers d'ouvriers ont reçu de fortes doses de radiations sans parler des populations civiles qui ont été évacuées. Le risque de cancer apparaît dès le seuil de 5 millisieverts sur 5 ans... et plusieurs centaines d'ouvriers ont cumulé plus de 100 millisieverts, l'un d'entre eux a même dépassé 600. Les cancérologues estiment que de telles doses peuvent provoquer des cancers de la thyroïde, des poumons, de l'estomac, du côlon, etc.... A propos des cancers de la thyroïde chez les enfants ayant vécu l' "incident", au 31 décembre 2015, 166 cas ont été officialisé chez des enfants et des jeunes de moins de 19 ans dont 116 ont fait l'objet d'une intervention chirurgicale. Une seconde recherche en a comptabilisé 51 de plus le 15 février 2016 soit un mois et demi plus tard. Comme cela avait été constaté à Tchernobyl, les cancers commencent à se manifester en nombre croissant... 4 ans après l' "incident". Par ailleurs, le 7 février 2017, le gouverneur de la préfecture de Fukushima a fait part de l'échec de la décontamination malgré 37 milliards d'euros dépensés à cette fin dans cette seule région. Selon lui, seules les maisons et les routes ont été décontaminées mais cette décontamination n'est qu'éphémère du fait de la poursuite des pluies radioactives alimentées par les réacteurs qui continuent à vomir de la radioactivité six ans après le début de l' "incident". Si certaines sont donc réaccesibles, comme vous le dites, c'est uniquement en raison d'une décision du gouvernement japonais qui a décidé de couper les aides aux personnes déplacées. Y'aurait pas comme un os dans votre prose ?

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JB

Le nucléaire est sûrement sans issue mais par quoi voulez-vous le remplacer ? Centrales à fioul ? charbon ? gaz ? Surtout pas Eolienne ? Non, c'est limite pire Barrage hydroélectrique ? Pourquoi pas, mais on ne peut pas en mettre partout Le solaire ? Les panneaux sont ultrapolluants à fabriquer... Réfléchissez ! Le nucléaire ne rejette pas de CO2, seuls les déchets radioactifs posent soucis mais on sait les gérer. Ne prenez pas le cas du Japon comme argument pour descendre le nuléaire, le Japon se situe sur une faille, les risques sismiques et de tsunamis étaient énormes, ce n'était pas malin de leur part. Si je ne me trompe pas, ça fait six and que l'incident de Fukushima s'est produit et les certaines zones sont réaccessibles, je pense que les danges du nucléaires sont exagérés.

3 réponses

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