Greenpeace se mobilise devant le Louvre pour dénoncer le mécénat culturel exercé par les industries de combustibles fossiles - © Joseph Melin

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Mécénat culturel : stratégie gagnante pour l’industrie des combustibles fossiles

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Les industries qui produisent et exploitent les combustibles fossiles savent qu’elles ont peu de chance de faire adhérer les consommateur·rices à leurs valeurs. Pour rediriger leur attention vers des sujets plus attrayants et consensuels que leurs activités industrielles, certaines entreprises n’hésitent pas à créer leur propre fondation et à investir dans le mécénat culturel.

En quoi consiste le mécénat culturel ?

Les grandes entreprises polluantes ont besoin de redorer leur blason, de se montrer plus vertueuses qu’elles ne le sont réellement. Pour cela, il leur faut influencer l’opinion publique, notamment en déployant des stratégies de soft power et en utilisant des techniques de greenwashing.

Financer des institutions culturelles est une des techniques adoptées par les industries fossiles pour orienter l’opinion publique et développer leurs activités climaticides, tout en maintenant leur acceptabilité sociale. En utilisant leur fondation pour faire du mécénat culturel, elles financent des expositions et des évènements culturels, s’assurant ainsi une place non négligeable dans l’espace public et de nombreux avantages pour pratiquer la diplomatie culturelle.

Les avantages du  mécénat culturel sont multiples… surtout pour les entreprises

L’un des objectifs du mécénat culturel est de convaincre le plus grand nombre que, de par leurs investissements, les entreprises qui exploitent les combustibles fossiles sont indispensables à la vie culturelle d’un pays. Pour redorer leur blason, elles se positionnent en  mécènes d’institutions culturelles renommées et respectées.

Un exemple de mécénat culturel est celui de la Fondation Total auprès du Louvre. Les partenariats entre Total et Le Louvre ont permis à la multinationale d’accéder à des avantages non négligeables en termes de diplomatie culturelle. Ce mécénat permet ainsi à Total d’avoir une présence dans une institution de renommée mondiale, de bénéficier de réductions d’impôt et d'obtenir des contreparties concédées par Le Louvre. C’est également un moyen pour l’entreprise de faciliter la négociation de contrats d’exploitation pétrolière dans des États qui sont mis à l’honneur dans les expositions qu’elle finance. Il s’agit d’autant d’éléments qui participent à renforcer l’aura des industries qui exploitent des combustibles fossiles.

Des militants et militantes de Greenpeace dénoncent le mécénat culturel de l'industrie des combustibles fossiles devant le Louvre

Il est temps de séparer l’industrie des combustibles fossiles et la culture

L’idée bien répandue selon laquelle les institutions culturelles ne pourraient survivre sans le mécénat des entreprises du secteur des énergies fossiles est fausse. Les musées qui se sont affranchis des financements liés aux grands pollueurs nous prouvent qu’une telle rupture est possible. C’est ainsi le cas du Tate museum au Royaume-Uni, ou encore du musée Van Gogh aux Pays-Bas, qui refusent l’argent provenant de l’industrie des combustibles fossiles.

Permettre à l’industrie des combustibles fossiles de pratiquer le mécénat culturel a nécessairement des conséquences sur l’environnement. En faisant partie intégrante des acteurs culturels, les entreprises les plus polluantes occupent une place prépondérante au sein de la société.

Pour faire cesser la manipulation de l’industrie des combustibles fossiles, rejoignez l’initiative citoyenne européenne (ICE) visant à faire interdire la publicité, le mécénat, et toutes les formes de parrainage en faveur des entreprises de biens et services fossiles.

(Crédits photographiques : © Joseph Melin)