[caption id="6881" align="alignnone" width="780"][img class="size-

Agriculture

Manger bio et local, c’est l’idéal !

Demain, la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) lancera sa campagne « Manger bio et local, c’est l’idéal ». Au programme, plus de 500 événements partout en France, pour mieux connaître l’agriculture biologique et les producteurs de sa région. Stéphanie Pageot est la Présidente de la FNAB et éleveuse de vaches laitières en Loire-Atlantique. Elle nous parle de la campagne de la FNAB et de la situation de l’agriculture biologique aujourd’hui.

 

Stéphanie Pageot, Présidente de la FNAB

Pourquoi cette campagne et en quoi consiste-t-elle ?

La campagne « Manger bio et local, c’est l’idéal » est née en Rhône-Alpes. Elle est partie de l’idée de sensibiliser les consommateurs sur l’agriculture biologique, mais le but était également de les rapprocher des producteurs de leur région. Quelques années plus tard, elle a été étendue à d’autres régions et nationalisée. Aujourd’hui, une dizaine de régions est associée à cette campagne, avec l’idée de montrer aux citoyens que l’agriculture bio est présente sur son territoire.

Cette année, nous allons notamment insister sur l’importance de l’association entre bio et local. Face aux crises agricoles et alimentaires quasi permanentes en France, il y a une tendance lourde qui vise à dire que consommer localement est la solution. Mais ce n’est pas que cela. Cela fait partie de la solution mais il faut aussi s’intéresser aux conditions de production. Si on consomme des produits locaux mais qu’ils ont été faits à partir de soja OGM provenant d’Amérique du Sud, cela perd tout son sens. D’où la nécessité de consommer local ET bio.

Les avantages environnementaux de la production bio sont bien connus. Pouvez-vous esquisser les avantages économiques de la consommation bio et locale ?

L’agriculture biologique crée plus d’emplois (+ 60% par rapport à l’agriculture conventionnelle). En développant le bio, on favorise donc l’emploi sur le territoire.

D’autre part, cela permet aussi de créer de la valeur ajoutée au plus près du producteur. A partir du moment où il transforme et commercialise lui-même sa production, il crée de la valeur ajoutée et valorise beaucoup mieux son produit.

Mon mari, mon beau-frère et moi sommes producteurs laitiers. Nous faisons de la transformation fromagère et vendons notre lait à un prix environ 3 fois plus élevé que le lait produit en filière longue bio et 5 fois plus que le lait vendu en agriculture conventionnelle. Nous transformons notre lait et commercialisons nous-mêmes nos produits. Nous avons donc dû embaucher et travaillons aujourd’hui avec 5 personnes salariées.

En tant qu’éleveurs en bio, nous ne sommes pas en crise du tout. Le marché du bio n’a rien à voir avec le marché de l’agriculture conventionnelle. Il y a un manque de lait bio par rapport à la demande. Les prix se maintiennent, voire augmentent. La crise de la production laitière que nous rencontrons actuellement est une crise du système agricole dans son ensemble. Ce système repose sur une stratégie qui a été construite sur l’exportation dans le but d’être compétitif à l’échelle mondiale. Mais on ne le sera jamais ! C’est illusoire. Ailleurs dans le monde, les coûts de production sont complètement différents et bien souvent moins élevés qu’en France.

Que répondez-vous aux préjugés du type « le bio, c’est trop cher » ?

L’agriculture biologique rémunère les producteurs. Le système demande d’avantage de main d’œuvre, parvient à créer de l’emploi, alors que nous sommes en période de crises économiques et sociales, et cela a un prix.

Notre campagne « Manger bio et local, c’est l’idéal » a aussi pour objectif de rendre les produits issus de l’agriculture biologique plus accessibles. La proximité, en réduisant le nombre d’intermédiaires, favorise des prix plus avantageux pour le consommateur.

La production bio doit s’adresser à toutes et à tous. Elle ne doit pas être réservée à des foyers ayant des revenus élevés. Se dire que seuls les consommateurs ayant des revenus élevés consomment des produits bio est une vision de l’esprit. Une étude Nutrinet faite par l’Inserm a permis de mettre en évidence le fait que les consommateurs de produits bio ont des revenus identiques aux consommateurs « traditionnels ». Ils ont simplement fait des choix différents.

N’avez-vous pas peur que le bio devienne une industrie ?

Le fait que l’agriculture bio se développe est essentiel. Il faut la développer pour répondre aux enjeux environnementaux globaux.

Mais nous portons aussi un projet de société. Ce que nous souhaitons développer c’est une filière comprenant transparence, traçabilité et rentabilité. Et il faut que cela soit accessible. Cela reste à construire.

L’agriculture biologique connaît un changement d’échelle. Nous assistons à une vague de conversions et une consommation croissante car les citoyens sont en pleine interrogation sur la qualité de leurs aliments.
Le défi est d’éviter de reproduire en bio ce que l’on a fait en conventionnel. Il faut engager un dialogue entre tous les acteurs pour travailler à un projet commun sur un territoire et voir comment avancer ensemble.

C’est pour cela que lors de la dernière Assemblée générale de la FNAB nous avons réaffirmé nos valeurs au travers d’une charte qui interpelle notamment les enseignes de la grande distribution pour voir comment elles pourraient participer et anticiper ce changement d’échelle de l’agriculture biologique.

Pour la FNAB, la vague de conversions n’est pas facile à endiguer car nous recevons beaucoup de demandes en régions. Il a fallu embaucher et ensuite se poser la question des moyens pour aider les producteurs à changer de système. L’accompagnement des agriculteurs est extrêmement important mais nous manquons cruellement de moyens.

Les pouvoirs publics doivent investir dans la transition écologique de l’agriculture. L’agriculture bio est le moteur de cette transition.

Justement, nous arrivons à la fin de l’année 2016 et en 2014 le ministère de l’Agriculture lançait le programme Ambition bio 2017 avec pour objectif de doubler les surfaces de production bio d’ici fin 2017. Où en est-on aujourd’hui ?

On n’y arrivera malheureusement pas. En 2014, nous étions à 4% de SAU (surfaces agricoles utiles) en bio. Aujourd’hui nous sommes à un peu plus de 5%. Nous pouvons éventuellement atteindre les 6% fin 2017 mais difficilement.

Fin août 2016, Stéphane Le Foll a demandé à l’Agence Bio de réunir l’ensemble des acteurs de la filière pour élaborer une nouvelle stratégie, voire pour amender le programme. On s’en félicite et on espère que cela va aboutir à des annonces concrètes. Tout n’avait pas été prévu, notamment les aspects budgétaires sur les aides à la conversion et les aides à la reconnaissance des services environnementaux et sociaux du bio. Par exemple, quand le producteur passe en conversion, il pratique l’agriculture bio mais ne peut pas vendre ses produits en bio pendant deux à trois ans. Il faut des aides pour accompagner l’agriculteur durant cette période. Aujourd’hui, elles sont insuffisantes. Les budgets alloués par l’Etat et les régions ne sont pas à la hauteur. Cela fait deux ans que la FNAB se bat pour cela, mais nous n’avons pas encore obtenu gain de cause.

La production bio représente un peu plus de 5% des SAU. En France, elle progresse d’année en année mais est encore à la traine par rapport à ces voisins européens alors que le Président Hollande affirmait en début d’année son ambition de faire de la France le 1er pays bio d’Europe. Quels sont les freins et que faire pour y remédier ?

Les moyens politiques ne sont malheureusement pas à la hauteur des ambitions. Il n’y a jamais réellement eu de suivi poussé des programmes. Ni échéance claire, ni bilan qui nous auraient permis de faire bouger les lignes. De plus, la Politique Agricole Commune (PAC) ne reconnaît pas les services environnementaux et sociaux rendus par la bio (préservation de la qualité de l’eau, de la biodiversité, créations d’emplois…) ; on y travaille pour la prochaine PAC (2020) et le soutien des ONG comme Greenpeace sera important.

Par ailleurs, au Sénat, le lobby agricole est très présent et très fort. On y évite toute référence à la bio ! Cela s’est vu lors du retrait de l’amendement sur les 20% de produits bio dans la restauration collective, mais aussi au moment du vote de la loi biodiversité avec le texte sur les néonicotinoïdes.

Heureusement, en contrepartie, nous avons les consommateurs et les citoyens avec nous. Le problème est que l’on attend toujours que la demande soit là et pressante ou qu’il y ait une crise agricole pour lancer une vraie dynamique, mais souvent en y affectant des moyens insuffisants .

Commentaires (184)

Merci de rester courtois, toute insulte sera sanctionnée par le blocage du posteur et l'effacement des commentaires incriminés. Voir les conditions d'utilisation.

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

BPS

Pour l'instant sans surprise, bionel il y a à vous lire toujours le même constat: C'est évident. Vous n'avez aucune connaissance sur les PGM, l'hybridation, la sélection de lignées, les croisements, la génétique végétale.Bref vous êtes nul, aucune connaissance sur tout ce qui concerne la création variétale.bionel l'agriculture uniquement idéologique que vous prônez bêtement en tant que bon fanatique volontairement enfumé et ignare volontaire ne peut pas nourrir le monde bien longtemps. bionel vos jamais justifiées permanentes vociférations et allégations arbitraires en style charlatan parano sont destinées à tenter d'essayer de cacher votre évidente incompétence dans tous les domaines agricoles tous modes confondus (AB et AC).Surtout rien d'autre. Pathétiquement votre lamentable et récurrente démarche fanatisée consistant à présenter l'AB comme étant uniquement un mode d'agriculture idéologique a pour conséquence que vous faites énormément de mal à l'image de celle-ci quant à sa réalité.Et cela sans vous en rendre compte. L'agriculture (AB et AC) n'est pour vous qu'un prétexte afin de satisfaire vos lamentables lubies idéologiques.Surtout rien d'autre.

Répondre

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

bionel

Alors André tu es super heureux devant ton grand déballage d'âneries ??? Si tu pouvais dire un minimum de vérités cela te permettrais de conserver un minimum de crédibilité mon pauvre et ce n'est pas la longueur de ton éternelle imbuvable intox mensongère qui te rendra plus crédible.

Répondre

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

BPS

L'auteur de l'article me pardonnera.Greenpeace bloque le lien attenant à l'article. Une obligation de résultat pour l'agriculture biologique ? Ah non ! Zéro phyto ? Vraiment ? Dans un article intéressant, le Monde nous apprend que le lobby de l'agriculture biologique s'oppose au renforcement du cahier des charges de l'AB dans le cadre européen, pourtant réclamée par les consommateurs. Si la démarche n'est pas dépourvue de logique, elle se heurte à la rhétorique du « 0 phyto – 100 % bio » et autres balivernes déployées dans le cadre du marketing du bio. Source Le Monde nous propose un article intéressant, « Une réforme européenne toxique pour les agriculteurs bio ? » Le chapô se fait diplomatique (et erroné comme tout l'article car en fait de seuil, il s'agit plutôt de plafond) : « Une révision de la politique européenne sur l’agriculture bio devrait être finalisée d’ici à la fin de l’année. La question d’instaurer des seuils de pesticides dans les produits AB fait débat. » Halte-là ! Vu sous un angle plus réaliste, le lobby de l'agriculture biologique est vent debout contre une proposition « prêtée » à la Commission européenne : « Parmi les multiples questions soulevées par cette nouvelle révision, l’une a particulièrement cristallisé les débats : faut-il instaurer des seuils de produits non autorisés – pesticides et OGM – au-dessus desquels un produit bio perdrait automatiquement sa certification ? Cette proposition de la Commission s’est heurtée à l’opposition de toute la filière bio. » La vertueuse agriculture biologique – si encline à exiger des contraintes de l'agriculture conventionnelle et si prompte à exciper de sa vertu – refuse donc que son actuelle obligation de moyens se transforme en obligation de résultat. On peut comprendre les réticences face à un dispositif qui risque d'induire des contrôles coûteux, des contraintes supplémentaires au niveau de la commercialisation, des coûts accrus... Mais n'y aurait-il pas d'autres motifs moins avouables ? Chut ! Il ne faut pas le dire ! L'article du Monde – fort classique dans son enfumage – minimise la présence de pesticides dans les produits biologiques : « Les produits bio, en effet, ne sont pas garantis "zéro pesticide"… même si le niveau de pesticides qu’ils contiennent parfois est incomparablement plus bas que dans un produit conventionnel. Selon le dernier rapport de l’European Food Safety Authority (EFSA) sur les résidus de pesticides dans les aliments, 15 % des quelque 4 620 aliments bio analysés contenaient des résidus détectables de pesticides. Et 0,8 % d’entre eux dépassaient les limites maximales de résidus (LMR) – les niveaux autorisés en conventionnel pour chaque pesticide. » Non, ce n'est pas « incomparablement... » : comme nous l'avons vu dans un billet précédent, avec des chiffres plus récents – la journaliste du Monde n'est pas à la page... –, les produits contenant des résidus de pesticides étaient 43,4 % en conventionnel et 12,4 en bio en 2014 ; les dépassements de limite maximale de résidu de 2,9 % et 1,2 %, respectivement. Notons aussi la petite entourloupe qui a consisté à réduire le chiffre de 15,5 % à 15 %, alors que l'on cite le chiffre exact pour les échantillons (4.620). Le « score » du bio est-il si faramineux ? La proposition de la Commission de soumettre les produits bio aux mêmes plafonds que ceux en vigueur dans l’alimentation pour bébé (0,01 mg/kg) signifie en clair qu'il faudrait décertifier en principe un produit, en principe bio, sur sept ou huit. La rhétorique du « 0 phyto – 100 % bio » en danger Mais il y a pire pour la rhétorique du bio : une norme, suivie dans son application par des retraits de produits, éventuellement avec des annonces dans les supermarchés invitant les consommateurs à retourner les marchandises en cause, exposerait au grand jour une vérité soigneusement cachée : les produits bio contiennent aussi des résidus de pesticides ! Du reste, les consommateurs hypocondriaques ne devraient pas trop se pencher sur les résultats de l'EFSA : on constate sur le graphique pour 2014 qu'il y a plus de produits animaux bio avec résidus par rapport au conventionnel (22,0 % contre 14,4 % en 2014) et plus de dépassements dans l'alimentation infantile (4,2 % contre 1,1 %). En 2013, les résultats étaient aussi moins bons pour l'alimentation infantile (7,5 % contre 4,8 % pour la présence de résidus, et 1,0 % contre 0,6 % pour les dépassements). On remarquera que le total général dépend très largement de la répartition des échantillons entre les différentes catégories. Et ces résidus ne sont pas nécessairement des présences fortuites et inévitables, notamment le fruit des dérives des traitements effectués par des voisins (ou par l'agriculteur bio lui-même s'il exploite une partie de sa ferme en conventionnel...). Petite escapade par Villeneuve-de-Blaye Cela nous amène à évoquer une autre information, largement diffusée : « Deux châteaux viticoles du Bordelais mis en examen pour épandage de pesticides près d’une école » – titre le Monde. À cette occasion, la presse a dû signaler que l'un des châteaux est en bio. Et quand on lit (apparemment les propos de l'avocat de la Sepanso, François Ruffié) : « Il y a des témoins qui disent que les enfants mettent les mains sur le grillage et ils ont les doigts bleus ou verts avec des traces de produit »... Quatre parcelles de vigne se trouvent autour du groupe scolaire de Villeneuve-de-Blaye. Celles traitées ce 5 mai se trouvent à l'Ouest (conventionnelle) et à l'Est (bio). D’après la DRAAF, le vent soufflait du Sud-Est à 13 heures. - crédit photo : Google Un château en bio ? Ayant traité avec du cuivre et du soufre... Ce témoignage : « Ma fille sentait le sulfate à plein nez, je connais l'odeur. » Générations Futures – qui s'est porté partie civile dans cette affaire – s'est bien gardé de préciser les affiliations techniques des deux châteaux... D'ailleurs, on attend qu'il démente qu'un château en bio a été mis en examen, dans la droite ligne du précédent démenti d'une « rumeur ». Les consommateurs veulent... La proposition de la Commission est tout à fait rationnelle. Elle a procédé à une consultation du public début 2013. Il y eut près de 45 000 réponses, à 96 % de personnes et, cela transparaît des réponses, en majorité des adeptes du bio. Ils sont très majoritairement en faveur d'un renforcement drastique des règles. Qu'on en juge : « 74 % de tous les répondants ont demandé que la norme européenne de l'agriculture biologique soit renforcée. Environ 40 % des répondants ont déclaré que cela devrait être fait en rendant les règles plus strictes et/ou en introduisant des sanctions (pénalités). 22 % des personnes interrogées ont déclaré que, pour rendre la norme européenne actuelle plus robuste, toute flexibilité devrait être supprimée. 61% des répondants ont souhaité que tous les produits biologiques soient testés pour détecter les résidus de pesticides. 25 % des répondants étaient contre. Plus de 90 % des personnes interrogées, venant de presque tous les pays, représentant tous les groupes de parties prenantes ainsi que des consommateurs réguliers et occasionnels de produits biologiques déclarent que, par définition, "biologique" signifie "sans OGM" et constitue une raison critique pour acheter ces produits. […] Pas de pesticides : Selon les citoyens interrogés, les règles les plus strictes en matière d'autorisation des substances devraient s'appliquer aux pesticides et aux additifs. 73 % et 67 % des répondants ont demandé que les pesticides et les additifs ne soient pas autorisés du tout en agriculture biologique. En ce qui concerne les engrais, les matières premières pour les aliments pour animaux, les auxiliaires technologiques et les produits de nettoyage et de désinfection, le public a également exigé des règles strictes, mais à un degré légèrement inférieur (soit environ 40 % pour chacune des notes 1 et 2) que dans le cas des pesticides et additifs. » ...mais une démocratie à géométrie variable au Parlement européen... Un tel résultat aurait dû inciter le Parlement européen à donner suite aux demandes des consommateurs. Il l'aurait sans nul doute fait s'il s'était agi de choses comme les OGM ou le glyphosate... Mais il s'agit d'agriculture biologique... Au stade actuel de la procédure (ce briefing, très complet, semble être le plus récent), la disposition proposée qui prévoit le déclassement des produits non conformes aux exigences du cahier des charges – renforcées par une référence à la directive 2006/125/CE de la Commission concernant les préparations à base de céréales et les aliments pour bébés destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge – a été supprimée (voir la suppression de l'article 20 de la Commission et les nouveaux article 20a, b et c dans le rapport de la Commission de l'Agriculture et du Développement Rural). Les parlementaires n'ont évidemment pas oublié d'introduire une disposition « pollueur-payeur » à l'encontre des agriculteurs conventionnels. Pour la situation inverse – un agriculteur conventionnel « pollué » par des mauvaises herbes ou des ravageurs provenant de son voisin bio... Vous n'y pensez pas ! L'agriculture biologique est si vertueuse... ...et une communication également à géométrie variable En octobre 2015, peu avant la conclusion des travaux de la Commission précitée, M. Martin Häusling (Verts|ALE, Allemagne), le rapporteur pour ce projet de texte et lui-même agriculteur bio – non, non, il n'a pas de conflits d'intérêts... – a déclaré (en anglais ici) : « Il serait problématique de définir le bio comme exempt de polluants. » Dans la version française : « Croire que biologique et sans pesticide sont synonymes est une erreur. » Pourtant, que clame le lobby du bio ? Par exemple : « 0 phyto – 100 % bio ! » N'est-ce pas, Générations Futures ? (Voir aussi ici.) N'est-ce pas, Martin Häusling (c'est nous qui graissons) ? « Le bio, dit Martin Häusling, a toujours été pour lui surtout une alternative à l'agriculture conventionnelle. Et leur plus grand objectif de cette dernière est d'augmenter les revenus. Les agriculteurs biologiques, pourrait-on dire, décident consciemment de rejeter cette course à mla performance parce qu'ils veulent une forme d'agriculture qui se passe d'antibiotiques, de pesticides, de fertilisation excessive et de semences traitées chimiquement. [...] » Il y a aussi : « […] C'est le moment où Häusling peut s'emporter. À propos des aliments conventionnels qui sont si "scheißbillig" [bon marché, dans une expression expression assaisonnée d'une grossièreté]. » C'est le moment où l'hôte de ces lieux peut s'emporter. À propos de l'impudence de ce personnage qui, grâce aux indemnités parlementaires, n'a pas à se soucier du coût de son alimentation. P.S. : Le Monde – en coopération avec le site allemand Correctiv au moins pour les deux premiers épisodes – nous propose une série sur CETA, l’accord « conclu » le 30 octobre entre l’Union européenne et le Canada. Nous mettons des guillemets car c'est conclu sous réserve de ratification par le Parlement Européen et, en Europe, les parlements des États membres. Côté Monde, c'est l'excellent Maxime Vaudano qui est à la manœuvre. La deuxième livraison de la série est : « "Au cœur du CETA", épisode 2 : l’agriculture sacrifiée ? » M. Vaudano est aussi l'auteur d'un petit ouvrage très éclairant, « Docteur TTIP et mister TAFTA: que nous réserve vraiment le traité transatlantique Europe-États-Unis ? » (éd. Les Petits Matins).

Répondre

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

ÉCRIRE UN COMMENTAIRE
Consultez nos offres d'emploi

VOIR LES OFFRES

Nos valeurs

Nous sommes farouchement indépendants de tout pouvoir politique et économique et sommes financés exclusivement par nos adhérents.

En savoir plus

Relayez nos informations sur les réseaux sociaux

Suivez-nous, réagissez à nos actus et partagez l'information à votre communauté.