Face à l’entêtement de Total à vouloir forer à proximité du Récif de l

Océans

Récif de l’Amazone : des soutiens de taille contre Total

Quel est le point commun entre les acteurs Leonardo DiCaprio et Lambert Wilson, des scientifiques, des représentants des populations indigènes brésiliennes, un hippocampe à vélo et deux millions de personnes à travers le monde ? Ils ont tous rejoint le mouvement pour sauver le Récif de l’Amazone face aux projets d’exploration pétrolière de Total.

Face à l’entêtement de Total à vouloir forer à proximité du Récif de l’Amazone, au large du Brésil, la mobilisation grandit. Stars hollywoodiennes, sportifs, peuples autochtones, scientifiques et même un drôle d’hippocampe qui a fait le tour de France à vélo en plein mois d’août : chaque jour, les soutiens se font plus nombreux pour demander à Total de renoncer à son projet qui menace directement la biodiversité au Brésil et en Guyane. Petit tour d’horizon des soutiens qui continuent d’affluer.

1. Les peuples autochtones

Au mois de février 2018, les représentants des peuples autochtones Karipuna, Galibi Marworno, Galibi Kalinã/kali’na, Palikur et Wayana, qui vivent au Brésil, au Suriname et en Guyane française, se sont réunis dans la ville d’Oiapoque, dans l’Etat brésilien d’Amapá, pour dénoncer les conséquences néfastes des modèles de développement économique de leur pays respectif sur leurs modes de vie et leurs territoires. Leurs principales préoccupations : l’exploitation intensive des minerais (en particulier le projet « Montagne d’or » en Guyane et la menace contre la Renca au Brésil) et l’exploration pétrolière à proximité de l’embouchure de l’Amazone, où a été découvert le Récif de l’Amazone. A l’issue de cette réunion, les représentants ont publié une lettre rejetant ces méga-projets. Localement, la mobilisation continue que ce soit contre les forages exploratoires près du Récif de l’Amazone ou contre le projet pétrolier Guyane Maritime, comme en témoignent les nombreuses contributions recueillies au cœur de l’été par un collectif guyanais sur ce sujet.

2. Les stars du cinéma

Le Récif de l’Amazone a trouvé des fervents défenseurs parmi au moins deux personnalités du septième art : Leonardo DiCaprio, qui a partagé les toutes premières images que nous avons collectées, démontrant la présence du récif, sur ses comptes Instagram et Facebook ; et Lambert Wilson qui s’est rendu avec Greenpeace en Guyane et n’a de cesse de dénoncer les projets qui menacent la biodiversité dans la région. L’acteur français est allé à la rencontre de représentants de communautés qui risquent d’être touchées par les projets de Total au Brésil et en Guyane. Il a recueilli leurs témoignages, s’est entretenu avec des scientifiques et continue de participer activement au mouvement pour sauver le Récif de l’Amazone, quitte à donner de sa personne (comme en témoigne cette interview très nature, dans le magazine Psychologies du mois d’août) !

3. Les athlètes

Deux sportives brésiliennes, Maya Gabeira (l’une des meilleures surfeuses professionnelles au monde) et la nageuse Joanna Maranhão ont enfilé le maillot de Greenpeace pour appeler leurs fans à s’opposer au projet d’exploration pétrolière de Total au large du Brésil. En mai, elles ont toutes deux participé à un événement à bord de l’Esperanza avec des bénévoles de Greenpeace sur le thème de l’engagement pour l’environnement. De quoi amplifier la vague pour sauver le Récif de l’Amazone !

La surfeuse Maya Gabeira a participé à plusieurs actions aux côtés de Greenpeace, notamment en se joignant à une bannière humaine sur la plage de Copacabana, au Brésil, pour défendre le Récif de l’Amazone en 2017. © Barbara Veiga / Spectral Q / Greenpeace.

4. Les scientifiques

L’heure est à la science pas au pétrole ! C’est ce que continuent de clamer les nombreux océanographes, biologistes, environnementalistes et autres chercheurs qui ont participé aux recherches sur le Récif de l’Amazone. Plusieurs ont signé l’an dernier une lettre ouverte appelant à protéger cet écosystème unique qui est loin d’avoir livré tous ses secrets. Parmi les soutiens scientifiques : Sylvia Earle, l’une des plus grandes océanographes au monde ; Carlos Nobre, chercheur de l’Institut brésilien de recherche spatiale (INPE) et membre du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’organisme de référence sur les questions liées au changement climatique) ; l’économiste indien Pavan Sukhdev ; et Ove Hoegh-Guldberg, directeur de l’Institute for Global Change en Australie qui a participé au documentaire Chasing Coral. Lors de notre deuxième expédition d’exploration du Récif de l’Amazone, en mai, un autre scientifique de renom a rejoint le mouvement et a apporté son expertise à la campagne : le français Serge Planes, spécialiste des récifs coralliens.

Maria Nóbrega, microbiologiste de l’Université fédérale de Rio de Janeiro, était à bord de l’Esperanza lors de notre dernière missions scientifique. © Marizilda Cruppe / Greenpeace

5. Un hippocampe à vélo

C’est le petit dernier des « grands soutiens » : un hippocampe à taille humaine sillonne les routes de France à vélo, cet été. Au programme : quelques étapes dans des stations Total, pas tout à fait par hasard… L’hippocampe géant va à la rencontre des responsables des stations essence et les invite à s’informer sur le projet d’exploration pétrolière de Total au large du Brésil et les menaces qui pèsent sur le Récif de l’Amazone. Pour pédaler, l’hippocampe n’est pas tout seul : à ses côtés, les militants du Tour Alternatiba, des Amis de la Terre, d’ANV-COP21 et de Greenpeace sont mobilisés non seulement pour faire connaître la campagne sur le Récif de l’Amazone mais aussi plus largement pour sensibiliser aux questions de changement climatique et de transition écologique.

Dans le cadre du Tour Alternatiba, un hippocampe et des militants à vélo font des haltes estivales dans des stations Total © Alternatiba

6. Et les salariés de Total ?

Et si les salariés du géant pétrolier se souciaient aussi de la protection de l’environnement et des menaces que font peser certains projets sur la biodiversité ? Faute d’avoir eu des vraies réponses et un vrai dialogue avec la direction de Total, nous avons souhaité aller à la rencontre des employés, devant le siège du groupe à la Défense, début juillet. Le but était de discuter et d’expliquer tout simplement notre démarche et les résultats de notre dernière mission scientifique sur le Récif de l’Amazone, carte à l’appui. On ne peut pas encore parler d’un véritable soutien massif… mais certains se sont montrés intéressés et concernés par les enjeux environnementaux.

7. Vous toutes et tous !

Enfin, le plus grand soutien au Récif de l’Amazone, c’est vous ! Vous êtes désormais plus de 2,1 millions de personnes à avoir rejoint la campagne pour sauver le Récif de l’Amazone, en signant notre pétition. Continuons ensemble à faire grandir ce mouvement ! Total persiste ? On résiste !





Commentaires (8)

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Simond valentine

Assez de ces super entreprises se croyant au dessus de la vie humaine, protégeons l'Homme et la Nature !

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le cavorzin

une foi de plus les géants de l'industrie font parler d'eux.que devient la cop 21,et le respect de notre pauvre terre . Une pensée pour nos génération future .tous ça pour le profit

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Francois

super et merci beaucoup pour cette déclaration commune des représentants des peuples autochtones Karipuna, Galibi Marworno, Galibi Kalinã/kali’na, Palikur et Wayana, qui vivent au Brésil, au Suriname et en Guyane française. Si possible, l'avoir traduite en français serait fort utile pour les militants oeuvrant en Guyane contre les projets Montagne d'or et pétrole maritime de Total. http://redamazonica.org/pt-br/2018/03/carta-declaracao-do-encontro-dos-povos-indigenas-do-brasil-suriname-e-guiana-francesa/

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