[caption id="6927" align="alignnone" width="780"][img class="size-full

Agriculture

Le procès de Monsanto s’ouvre demain

Monsanto n’est plus à présenter. En revanche, connaissez-vous le Tribunal International contre Monsanto, qui commence demain à La Haye aux Pays-Bas ? Durant trois jours, 30 expert-e-s et témoins de tous les continents vont se présenter devant cinq juges internationaux.

 

Paola Carosella, cheffe du restaurant écologique Arturito 0 São Paulo, Brésil.

Ce procès symbolique et citoyen a pour objectif de dénoncer Monsanto pour violations des droits humains, crimes contre l’humanité et écocides. Il vise aussi à donner la parole directement aux victimes, ainsi qu’à inciter les juridictions nationales, régionales et internationales à s’appuyer sur les argumentaires juridiques qui y seront développés.

Voici cinq raisons pour lesquelles nous devons tous soutenir cette initiative.

1. Vous mangez ? Alors vous êtes concerné-e !

Si vous êtes chanceux, vous faites trois repas par jour. Cependant, la plupart du temps, vous ne savez pas où vos aliments ont été produits, ni par qui ou comment. A cause du système agricole industriel, nous sommes complètement coupés de l’un de nos besoins fondamentaux quotidiens. Le jugement du tribunal contre Monsanto sera rendu dimanche 16 octobre, Journée mondiale de l’alimentation. C’est l’occasion ou jamais de commencer à reprendre le contrôle de notre alimentation.

2. Les agriculteurs ont besoin de votre soutien

Merry Rabilo ramasse des haricots niébé sur sa plantation écologique à Kipasi, au Kenya. Les recettes issues de ses récoltes lui permettent d’envoyer ses enfants à l’école.

Notre modèle agricole, qui repose sur la course au profit, l’utilisation massive de produits chimiques et le gigantisme, fait planer une terrible menace sur la planète et malmène au premier chef les personnes qui produisent ce que nous mangeons. Nous devons d’urgence remettre les agriculteurs et l’humain au cœur de notre système alimentaire .

Vous pouvez être l’un des millions de David qui, au cours de ces trois jours, vont demander des comptes à Goliath. En étant le plus nombreux possible, nous pourrons faire pencher la balance de notre côté face aux multinationales comme Monsanto ou Bayer, dont la récente fusion n’a d’autre but que de contrôler chaque jour un peu plus le contenu de nos assiettes.

3. Un meilleur système agricole est possible

Lors de l’Exposition universelle de Milan en 2015, Greenpeace a fait voler ce dirigeable pour porter le message suivant : « N’alimentez pas un système défaillant. Donnez des ailes à l’agriculture écologique ».

L’industrialisation à outrance de l’agriculture a perverti notre système alimentaire. Les monocultures et la dépendance envers les pesticides et les engrais chimiques, caractéristiques des multinationales de l’agrobusiness, nuisent à notre santé et à l’environnement.

Il est temps de transformer ce système malade en un système alimentaire écologique, centré sur l’humain.

L’agriculture écologique est seule à garantir des pratiques agricoles et une alimentation saines aujourd’hui et pour les générations futures. Elle repose sur la biodiversité, la protection des sols, des eaux et du climat et ne contamine pas l’environnement avec des produits chimiques ou des organismes génétiquement modifiés (OGM). Et surtout, elle sert les intérêts des producteurs et des consommateurs, et non ceux des multinationales qui ont aujourd’hui la mainmise sur notre système alimentaire.

4. Rejoignez un mouvement qui prend de l’ampleur chaque jour

Manifestation de Greenpeace contre les OGM à Madrid (Espagne), en avril 2010.

Le Tribunal contre Monsanto rassemble des personnes de différentes nationalités, de parcours divers et de tous les âges, mais qui sont toutes liées par un objectif commun : reprendre en main notre système alimentaire. Des professeurs allemands, des scientifiques indiens, des chercheurs français, des agriculteurs mexicains, des avocats australiens, hommes et femmes, seront présents à La Haye pour demander à Monsanto de rendre compte de ses actes.

5. Préservez l’alimentation de vos enfants

Petite Japonaise mangeant des légumes fraîchement cuisinés lors d’une foire sur l’agriculture écologique, Tokyo, août 2016.

Souhaitez-vous que vos enfants mangent des aliments pleins de produits chimiques ou des aliments sains, produits dans le respect de la Terre et de l’humain ? Leur assiette de demain dépend de notre prise de conscience et de nos actes d’aujourd’hui…

Soutenez le Tribunal contre Monsanto





Commentaires (101)

Merci de rester courtois, toute insulte sera sanctionnée par le blocage du posteur et l'effacement des commentaires incriminés. Voir les conditions d'utilisation.

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

BPS

@bionel Vous n'avez aucune connaissance sur les PGM, l'hybridation, la sélection de lignées, les croisements, la génétique végétale.Bref, aucune connaissance sur tout ce qui concerne la création variétale.bionel l'agriculture uniquement idéologique que vous prônez bêtement en tant que bon fanatique volontairement enfumé et ignare volontaire ne peut pas nourrir le monde bien longtemps. bionel vos jamais justifiées permanentes vociférations et allégations arbitraires en style charlatan complétement parano sont destinées à tenter d'essayer de cacher votre évidente incompétence dans tous les domaines agricoles tous modes confondus (AB et AC).Surtout rien d'autre. Pathétiquement votre lamentable et récurrente démarche fanatisée consistant à présenter l'AB comme étant uniquement un mode d'agriculture idéologique a pour conséquence que vous faites énormément de mal à l'image de celle-ci quant à sa réalité.Et cela sans vous en rendre compte. C'est toujours évident bionel le parano. Vous êtes complètement à la ramasse concernant le BTH Renan. L'agriculture (AB et AC) n'est pour vous qu'un prétexte afin de satisfaire vos lamentables lubies idéologiques.Surtout rien d'autre.

Répondre

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

aatea

Ouverture du Tribunal International de Moscou Aujourd’hui s’est donc ouverte la grande guignolade du Tribunal International contre Monsanto, et ça m’a pourri la journée dès le réveil : à peine ai-je ouvert les yeux et allumé la radio que j’entends déjà sur le journal de France Culture une présentation plus ou moins complaisante de cette farce. C’est ici, à 5.06 dans le journal de 8h00 : http://www.franceculture.fr/programmes Ce n’était pas complètement complaisant, parce que quand à la fin la journaliste précise que les (vrais) avocats de Monsanto ne se sont pas pointés à ce (faux) procès, parce que celui-ci était quand même un procès « à charge », on sent quand même comme une petite pointe d’ironie vis-à-vis du discours fin comme un pachyderme qu’elle venait pourtant de relayer, malgré tous les énormes mensonges concentrés en quelques minutes de mini-reportage. Le premier d’entre eux consistant d'ailleurs à présenter Shiva comme une « chercheuse », alors que celle-ci n’est chercheuse en rien du tout. Entendre Vandana Shiva au réveil, comme ça, avant même de m’être fortifié d’un bon vieux thé qui réveille, ça me plombe pour la journée, et surtout ça me force à écrire ce billet au lieu de faire ce que j’avais prévu, à savoir de la lecture et de la guitare. Rien que pour ça, ce sont les organisateurs du procès qui devraient être condamnés en justice. On savait donc depuis longtemps que les anti-OGM ont le même rapport à l’agriculture et à la génétique que celui qui prévalait en URSS dans les années 1940, quand Lyssenko régnait en tyran sur la recherche agricole soviétique. Pour vous en convaincre, regardez par exemple ce débat récent entre Vandana Shiva et le pauvre Etienne Klein, obligé de tenter de discuter le discours de cette cinglée, qui oscille entre le bon vieux conspirationnisme façon Soral et le délire anti-génétique façon Lyssenko, précisément. Dans sa dernière intervention, notamment, Shiva fait une tirade hallucinante sur les biologistes moléculaires qui ne savent pas ce qu’ils font, alors que elle, du haut de cette sa thèse de philo, elle le sait mieux qu’eux et elle le leur explique. En général, dans ce débat, Klein est aussi posé et humble qu’elle est exaltée et égocentrique, je ne sais pas comment il fait pour rester aussi calme face à cette logorrhée délirante qui passe en permanence du coq à l’âne [et les sous titres complètement bidons n’arrangent rien, je ne sais pas si celui qui les a fait parle vraiment anglais]. C’est très difficile à contrer, en fait, ce genre de topos, avec tous les 3 mots une nouvelle énormité invérifiable sur le moment (surtout si on n’est pas spécialiste du sujet qu’elle choisit). Ou bien on répond point par point, et c’est la plongée dans une violente polémique inaudible pour l’auditeur [c’est sans doute ce que j’aurais fait], ou bien on prend de la hauteur et on oppose un discours global rationnel aux anecdotes relativistes de Shiva, sans lui répondre [c’est ce qu’a fait Klein, et il a sans doute eu raison] Regardez ça, c’est assez fascinant, ça interroge vraiment sur les possibilités d’avoir une discussion rationnelle et argumentée avec quelqu’un comme Shiva : https://www.dailymotion.com/video/x4wt1cf_le-monde-festival-en-video-la-science-peut-elle-aller-contre-le-progres_news Pour en savoir plus sur Shiva, vous pouvez vous reporter à cet autre billet sur ce blog : « Vandana Shiva démythifiée » https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/240814/vandana-shiva-demythifiee Donc, jusqu’ici, on connaissait déjà bien la science parallèle des anti-OGM et anti pesticides, dont l’écho médiatique est en proportion inverse de son écho dans le monde scientifique. Nous venons d’en avoir récemment une énième illustration avec le nouveau bidonnage du lobby du bio « Génération Futures », sur le thème « Votre bol de céréales du matin est bourré de pesticides et c’est très très dangereux », un cri d’alerte quasi unanimement relayé dans les médias, alors que leur étude ne montre rien du tout d’alarmant en fait. Voir à ce sujet ce communiqué de l’AFIS : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2726 ou bien encore ces débunkages sur deux blogs rationalistes, La Théière Cosmique (pour le démontage des chiffres de l’étude) et Chèvre Pensante (pour l’analyse de l’écho médiatique) [au passage, j’aime beaucoup les noms de ces deux blogs : entre thé, chèvre et rationalisme, je m’y sens en bonne compagnie] https://theierecosmique.com/2016/10/12/muesli-du-matin-pas-bourre-pesticides/ http://chevrepensante.fr/2016/10/11/generations-futures-denonce-100-mueslis-non-bio-respectent-normes-niveau-pesticides/ Bref, ce petit côté Lyssenko, on connaissait bien. La nouveauté du jour, avec cette parodie de procès, c’est que Shiva rajoute une corde à son arc, et qu'elle endosse désormais sur son costume de Lyssenko un autre costume de la même époque, celui de Vychinski, qui était le procureur désigné par Staline lors des fameux procès de Moscou. Oh, certes, ma comparaison entre les procès de Moscou et celui de La Haye a de grosses limites, et j’en citerai deux principales : - Les accusés ne sont pas comparables entre eux. Les accusés des procès de Moscou étaient le plus souvent d’authentiques militants communistes, qui peut-être avaient été brisés par la machine stalinienne, qui peut être avaient capitulé devant Staline auparavant, mais qui avaient consacré leur vie à militer pour une société plus juste. Ce qui n’est évidemment pas le cas de Monsanto et de ses actionnaires, qui eux consacrent leur vie à faire du pognon, point barre (on renverra ici dos à dos la propagande de Monsanto à propos de sa volonté de faire le bien et la propagande des anti-Monsanto à propos de la tendance de celui-ci à toujours faire le mal). - Les accusateurs lors des procès de Moscou étaient de sales types très dangereux, qui avaient du pouvoir, notamment celui de faire exécuter les victimes des procès. Les accusateurs du procès de la Haye – notons le choix du lieu, afin de se faire passer pour une sorte de TPI, en toute modestie – sont juste des guignols, qui, bien heureusement, n’ont strictement aucun pouvoir. Par contre, deux éléments m’ont fait penser aux procès de Moscou en entendant parler de cette nouvelle farce écolo : Les organisateurs ont dans les deux cas un grand sens de la mise en scène avec la volonté de prendre le monde à témoin, et dans les deux cas ça marche très largement. Il faut se souvenir que lors des procès de Moscou, pas grand monde ne s’interrogeait en Occident et n’argumentait contre le caractère absurde des accusations. Même la Ligue des Droits de l’Homme française avait conclu au caractère équitable du procès et à la probable culpabilité des accusés. Les trotskystes étaient alors bien seuls à critiquer la mise en scène stalinienne et la folie des accusations dépourvues de toute logique. Dans les deux cas aussi, les procureurs lancent des accusations invraisemblables ou absurdes, avec un aplomb effarant, sans avoir peur du ridicule, et d’ailleurs ils ont raison puisque les médias ne les ridiculisent pas plus aujourd’hui qu’hier, et relaient au contraire leur mise en scène sans dénoncer l’absence de preuves de tout ça. En 1936, on expliquait à Moscou que les accusés, qui avaient en réalité passé une large partie de leur vie à la risquer pour la cause du communisme, s’étaient efforcés de saboter par tous les moyens les glorieux plans quinquennaux de Staline et d’affamer la population soviétique, par exemple en mettant des clous dans le beurre, ou d’autres absurdités du même tonneau. Ce matin, sur France Culture, les organisateurs du procès de la Haye utilisaient les mêmes énormes ficelles, avec un concentré d’accusations aussi énormes qu’infondées pour nourrir leur réquisitoire contre le grand Satan. Examinons donc une par une les énormités proférées en 1 mn par Shiva and co dans ce petit reportagec: « On sait maintenant qu’ils n’augmentent pas la production agricole » (à 6.00) Le « ils » dans cette phrase renvoie à Monsanto en particulier, et en général à l’agriculture industrielle qui utilise de la chimie de synthèse. Cette accusation, parfaitement contraire aux faits, est conforme avec ce que Shiva dit aussi dans son débat avec Etienne Klein. Comme elle veut le beurre, l’argent du beurre et les clous dans le beurre que c'est Monsanto qui les y a mis, elle essaie d’expliquer que ce type d’agriculture non seulement pollue, mais en plus n’est pas efficace en termes de production. Venu de n’importe qui, ce genre d’assertions serait déjà grotesque, mais alors de la part de quelqu’un qui vient d’Inde, c’est indécent. Etant donnée la hausse de la population qu’a connu ce pays dans les dernières décennies, l’alimentation y a été un enjeu décisif, qui a été globalement relevé - même si il reste beaucoup de boulot pour que tout le monde soit bien nourri, capitalisme oblige - , et il l’a été grâce à la Révolution Verte et à ses techniques que Shiva déteste. Si des gens comme elle avaient été aux commandes à la même époque, et avaient donc refusé ces techniques, ce sont probablement des dizaines de milliers d’Indiens qui seraient morts de sous-nutrition. Mais aucun tribunal fantoche ne la jugera pour ça, et c’est heureux. Je veux bien qu’on discute des limites du modèle, de son essoufflement, de la salinisation des sols liée à l’irrigation, etc., mais on n’a pas le droit de nier le réel en matière de hausse des rendements, condition indispensable pour nourrir la population. « Ils ont tué 90% des papillons en Amérique et 75% des abeilles dans le monde. » (à 6.03) Plus c’est gros plus, plus ça passe, c’est ça ? A la limite, je dis que 90% c’est encore sous évalué, 102% serait plus exact (on a bien connu un statisticien anti-nucléaire qui avait calculé un risque d’accident grave dans une centrale pour l'ensemble de l'Europe et l’avait estimé à…. 110 % !) C’est 90/75% des variétés qui ont disparu, ou 90%/75% des effectifs qui ont disparu (par rapport à quelle année ?) Sur les papillons d’Amérique (elle parle de toute l’Amérique ou des Etats-Unis ?), elle fait peut-être référence au vieux hoax à propos du Papillon Monarque (qui mourrait soit-disant à cause des OGM) , je ne sais pas… comment savoir, de toutes façons ? En fait, en googlant « 90% butterflies America », on voit que ce chiffre correspond bien à une seule espèce de papillons (pas 90% d’entre eux !), et c'est effectivement notre cher Monarque – que j’ai eu la chance de pouvoir croiser en Californie, il est magnifique ! Voici un rapport récent sur le recul phénoménal et mystérieux de ce papillon, lui même mystérieux et fascinant (on ne comprend pas bien son cycle de migration entre le Mexique et les Etats-Unis, qui s’étale sur plus d’une génération, si je me souviens bien) https://www.nwf.org/News-and-Magazines/National-Wildlife/Animals/Archives/2015/Battle-for-Butterflies.aspx Parmi les causes possibles avancées : la transformation des terrains et la destruction de ressources dont se nourrit le papillon, et des événements climatique extrêmes peut-être dus au réchauffement global. Les scientifiques en sont là. Mais pas Shiva, qui elle sait mieux : c’est Monsanto qui les a tuer (d’ailleurs ils l’ont écrit avec leur sang sur le mur…) Quant à la pauvre abeille, c’est sans doute elle qui cumule (après les OGM) le plus de hoax écolos à son sujet. Le dernier en date : 7 espèces d’abeilles endémiques de Hawaï ont été mises sur la liste des espèces en danger, et des millions de gens ont courageusement relayé sur Facebook l’information selon laquelle… toutes les abeilles étaient menacées de disparaître et que bientôt nous n’aurions plus d’avocats ni de fraises. Impossible de savoir de quoi parle Shiva avec ses « 75% », mais voici un article de juillet dernier qui fait le point sur les abeilles américaines, qui, malgré le syndrôme d’effondrement soudain des ruches (qui lui aussi n’est pas encore très bien expliqué), sont très très loin de l’extinction : http://www.slate.com/articles/health_and_science/science/2016/07/colony_collapse_disorder_is_no_longer_the_existential_threat_to_honeybees.html « Dans mon pays, l’Inde, les OGM ont ruiné et poussé au suicide 300 000 agriculteurs » (à 6.09) Faux, archi faux, complètement faux. La différence entre cette assertion absurde et les précédentes, c’est que celle-là on sait d’où elle vient : c’est Shiva elle-même qui a inventé, ou tout au moins diffusé, ce hoax des paysans indiens qui se suicideraient à cause des OGM. En vrai, il n’y aucun rapport, aucune corrélation, entre d'un côté les suicides de paysans et de l'autre la production d’OGM en Inde, et les paysans indiens se suicident non seulement moins que la moyenne de la population du pays, mais surtout beaucoup moins que les paysans français....qui eux n’ont pas le droit de cultiver des semences OGM. Tout cela a déjà été infirmé 100 fois, 1000 fois, mais elle continue comme si de rien n’était, et les médias continuent à relayer ses âneries. Pour un argumentaire complet sur ce point , voir ici : https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/050815/sur-les-suicides-de-paysans-en-inde-nouveau « Ce sont des criminels, c’est un génocide » (à 6.17) Un « génocide », mais bien sûr. Voici la définition de génocide, que Shiva et les anti-OGM semblent ne pas connaitre, vu qu'ils passent leur temps à galvauder et à trivialiser cette notion : un génocide, c’est « un crime extrême qui consiste en l'élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits (voire seulement rendus incapables de procréer) pour la raison de leur appartenance au groupe. » (Wikipédia) Quel rapport avec les pratiques de Monsanto ? Ils tuent massivement et intentionnellement qui, exactement, en vue de les faire disparaître ? Les agriculteurs, pour que Monsanto n’ait plus de clients ? C'est bon, tu vas arrêter de parler de génocide à tors et à travers ? Parce que c’est de très très mauvais goût et ça te rend encore plus antipathique. [désolé pour la photo horrible, mais si ils ne comprennent pas avec des mots pourquoi c’est abject de banaliser comme ça le mot de « génocide », l’image sera peut-être plus pédagogique. C’est un procédé qui normalement me répugne, mais là j’en ai marre de leur bonne conscience d’illuminés pour qui tous les moyens sont bons et qui pensent qu'ils peuvent se permettre n'importe quoi] Enfin, comme si ça ne suffisait pas, le reportage de France Culture se finit par le topo d’un chercheur allemand qui pour sa part établit un lien entre le glyphosate et l’autisme. Ça, c’est le nouveau sport préféré des anti-Monsanto, d’essayer d'établir un lien entre le glyphosate et un peu tout : un coup c’est le cancer, un coup c’est l’autisme, un coup c’est la microcéphalie etc. Et comme en même temps l’autisme est aussi le terrain de jeu favori des charlatans aux explications bidons (psychanalystes, militants anti-vaccination…), il était forcé que quelqu’un explique un jour que le glyphosate provoque l’autisme (en plus de 100 autres calamités). Mais bon, là, moi, j’arrête, je fatigue, et j'ai un concert de métal qui m'attend, je suis à la bourre. Aux journalistes de faire leur boulot et, pour une fois, de vérifier ce que racontent ces dingos avant de diffuser leurs arguments, au lieu de passer leur temps à leur faire la pub qu’ils recherchent avant tout.

Répondre

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

aatea

Non, Monsanto ne va pas être jugé pour crimes contre l’humanité. « Monsanto jugé pour crimes contre la nature l’humanité » indiquait un gros titre de The Ecologist ce dimanche. D’autres sites marginaux (et de nombreux quotidiens nationaux et régionaux français NDT) ont rapporté des nouvelles similaires à propos du soi-disant Tribunal International pour Monsanto prévu pour avoir lieu à La Haye, siège du gouvernement hollandais en Octobre de l’année prochaine. Pour le moment, aucun grand média n’a rapporté cette nouvelle (aux États-Unis NDT), parce que ce ne seront pas de vraies assises.Néanmoins, le groupe organisant cette cour fait de son mieux pour dépeindre l’événement comme étant officiel. Le tribunal, explique le site web du groupe, se conformera aux « Principes Directeurs sur les Entreprises et des Droits Humains adoptés par l’ONU en 2011 » et « évaluera une potentielle responsabilité criminelle sur les bases des statuts de Rome qui ont amené la création de la Cour Pénale Internationale de La Haye en 2002. » Même si le verbiage semble officiel, ce tribunal n’est dépendant ni de l’ONU ni de la Cour Pénale Internationale, un tribunal international créé sur la base de traités inter-états et non affilié à l’ONU. Au lieu de cela, le groupe utilise les directives générales des deux, en tentant de rendre respectable un meeting du Who’s who des négationnistes des biotechnologies, qui verra immanquablement leur prévenu condamné par contumace. La plupart des leaders du tribunal ont une chose en commun : ils ont des intérêts dans des mouvements liés à l’agriculture biologique, et ils diabolisent tous les créateurs d’Organismes Génétiquement Modifiés. Ces cultures créées à l’aide de techniques modernes d’ingénierie génétique sont plus connus sous le nom d’OGM – un terme scientifiquement arbitraire, car l’immense majorité de la nourriture que nous consommons, même les produits bio, ont eu leur génome altéré, que ce soit en plein champ ou en laboratoire à l’aide de techniques allant de la très connue sélection de caractères à la moins renommée hybridation distante, qui « force » artificiellement des organismes de différentes espèces ou genres à produire une descendance. Les consommateurs qui paient un large surcoût pour des produits bio tendent à le faire car ils sont inquiets des composés mis au point à l’aide de l’ingénierie moléculaire moderne, lesquels sont interdits en cultures « bio ». La plupart de ces consommateurs craignent également les pesticides, souvent mal informés du fait que le « bio » en utilise aussi. Tandis que la plupart des pesticides de synthèses sont prohibés en « bio », la plupart des « naturels » sont autorisés, et sont tout aussi toxiques que leurs équivalent synthétiques. L’industrie du bio capitalise sur cette mauvaise information des consommateurs pour jouer sur la peur des gens, peur qui est un levier puissant de leur communication. Les membres du comité de pilotage du tribunal incluent Vandana Shiva, une leader de mouvement anti-biotechnologie agronomiques et Gilles-Éric Séralini, le chercheur français largement discrédité par la communauté scientifique, surtout connu pour sa tristement célèbre étude pleine de biais affirmant que le maïs génétiquement modifié provoquait des tumeurs chez les rats de laboratoire. Vous vous rappelez certainement de l’image omniprésente de rats de labo difformes ; l’article affirmait alors qu’il existerait un lien de causalité entre le maïs OGM et le glyphosate (l’ingrédient actif du Round-Up) ajouté à l’eau donnée aux rats et l’apparition de tumeurs chez ceux-ci. Ce que la plupart des gens ne réalisent pas est que la race de rats utilisée dans l’étude est particulièrement sujette au développement de tumeurs, et les rats du groupe contrôle (pourtant eux aussi chargés de tumeurs) ne faisaient pas partie des photos largement diffusées. L’article, que le journal original a retiré depuis, a été republié non pas parce que les relecteurs ont finalement accepté ses conclusions mais pour permettre l’accès aux données sur le long terme. Néanmoins, il n’y a aucun lien de causalité entre les aliments génétiquement modifiés et le cancer. Vandana Shiva, qui empoche jusqu’à $40.000 par discours et est connue pour mentir sur le tableau qu’elle dresse des suicides des fermiers indiens en tant que victimes du Grand Méchant Monsanto, est apparue à une conférence de presse tenue à Paris, le 3 décembre, avec ses comparses. Lors de la conférence, André Leu, président de l’IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements – Fédération Internationale des Mouvements de l’Agriculture Biologique), la seule organisation à couverture internationale des acteurs de l’industrie du bio, s’est fait le porte-parole des objectifs du tribunal : Ce qui est très important pour nous et pourquoi nous avons choisi Monsanto, est que Monsanto est réellement l’entreprise qui symbolise le mieux tout le mal qui est fait à la planète. Symbole ou chasse aux sorcières, les deux concepts pourraient être interchangeables. Ne vous y trompez pas : voilà un groupe de partisans du bio brandissant des torches sans OGM et des fourches artisanales pour aller à la chasse au démon symbolique. Leu a tonné contre ce qu’il appelle « le produit phare de Monsanto », en dépit du fait que le brevet de l’entreprise sur cet herbicide (qui fonctionne en inhibant la synthèse métabolique de l’acide shikimique, un processus essentiels chez les plantes – et absent chez les animaux) s’est élevé dans le domaine public en 2000 et est maintenant vendu par plusieurs entreprises dans des centaines de produits phytosanitaires. Si Monsanto est la sorcière des anti-OGM, le glyphosate en est le brouet. « Nous avons des centaines de publications revues par les pairs montrant que c’est probablement le composé agro-chimique le plus dangereux jamais inventé » s’est indigné Leu, propriétaire d’un verger de fruits tropicaux bio. Et effectivement, le glyphosate, largement considéré comme un des herbicides les plus sûr pour les humains dans une utilisation normale est dangereux – pour les plantes. La synthèse métabolique de l’acide shikimique, que cible le glyphosate, produit des acides aminés spécifiques chez les plantes. Sans la capacité à produire ces acides aminés, les végétaux sont incapables de produire des protéines vitales, et elles meurent. En retour, les cultivateurs obtiennent un outil utile de plus dans leur éventail de possibilité, qui inclut également les variétés génétiquement modifiées. Expliquant que l’International Agency for Research on Cancer (IARC) a récemment catégorisé l’herbicide, souvent utilisé sur des plantations modifiées pour y être résistantes, comme étant probablement carcinogène, Leu a poursuivi en indiquant qu’il « n’y a pas de niveau sûr de glyphosate ». Il a juste négligé de préciser que, comme tous les autres produits chimiques (naturels et de synthèse NDT) que nous croisons tous les jours, le glyphosate peut être dangereux à très hautes doses, mais comme l’indique un des principes centraux de la toxicologie « la dose fait le poison » et le glyphosate ne sera pas mauvais pour vous même à des niveaux bien plus hauts que ceux atteints avec les résidus de pesticides sur votre nourriture. On peut ajouter que le glyphosate est 25 fois moins toxique que la caféine, et qu’il n’a en fait pas été impliqué dans un seul cas de cancer au monde. Plus tard lors de la conférence de presse, le présentateur a présenté l’activiste anti-biotechnologie et partisane de l’industrie bio Vandana Shiva comme une « héroïne » qui a déclaré sans rire « l’esclavage n’a pas pris fin parce que les propriétaires d’esclaves ont décidé qu’ils devaient arrêter d’en avoir ». Cette comparaison grossière et indigne avec l’esclavage ne s’est pas arrêtée là. « Je vois ce que Monsanto a fait non pas simplement comme l’esclavage dont nous nous sommes débarrassé mais comme la tentative d’étendre l’esclavage à toute la vie sur Terre » a continué Shiva, condamnant les droits à la propriété intellectuelle de Monsanto sur leurs propres semences. Même si la militante a répétitivement dénoncé des entreprises comme Monsanto pour posséder des droits de propriété sur des semences brevetées, qu’elle présente comme un « monopoly des graines », son affirmation est manifestement trompeuse. Soit Shiva, qui promeut l’agriculture bio, est hypocrite, soit elle ignore qu’il y a des milliers de variétés de semences brevetées, non mises au point à l’aide de techniques issues de l’ingénierie génétique moléculaire, dont beaucoup peuvent être cultivées et vendues en bio. L’histoire du Goliath Monsanto poursuivant le fermier David est autre chose que le tribunal mettra sans doute à l’honneur lors du cirq… hum procès. Tandis que l’idée que l’entreprise intente des procès à des fermiers après des hybridations involontaires est très généralisée, le fait est que pas un seul fermier n’a jamais été poursuivi pour avoir semé des graines génétiquement modifiées dans leur champ sans l’avoir fait exprès. Ronnie Cummins, directeur d’Organic Consumer’s Association, un des groupes anti-biotechnologie les plus fervents des États-Unis, largement subventionné par l’industrie bio elle-même, a brandi son T-shirt « Millions against Monsanto » en coton bio durant la conférence de presse tout en s’adressant directement à Monsanto. « Vous essayez de nous empoisonner tous, vous le savez, afin de continuer à maximiser vos profits ». Une critique curieuse, l’idée qu’une entreprise puisse empoisonner sciemment ses propres consommateurs défie le sens du commerce et suggère un niveau d’étouffage d’affaire par un gouvernement que seul un théoricien de la conspiration pourrait mettre au point. « Les gens mettront Monsanto devant le tribunal de l’opinion publique » a continué Cummins, également fondateur de « Millions against Monsanto », à propos du tribunal, qui coïncidera, sans qu’il y soit affilié avec le World Food Day, la célébration annuelle de la Food & Agriculture Organisation de l’ONU, qui travaille à atteindre la sécurité alimentaire au niveau mondial. Comme André Leu l’a dit, Monsanto est parfait comme démon, comme sorcière symbolisant les errements de la production alimentaire mondiale, et parfait aussi pour prendre les coups à la place de BASF, Bayer, Dow, DuPont et Syngenta réunis. Ce que l’observateur lambda ne réalise pas est que le lobby anti-biotechnologie, mené en bonne partie par les membres du tribunal, crée des limitations réglementaires inutilement élevées se concentrant sans aucune logique sur la façon dont les variétés sont produites, et non pas sur leurs qualités et niveaux de sécurité. Les petites et moyennes entreprises et universités ne peuvent rassembler les fonds prohibitivement élevés nécessaires à la recherche et au développement et les lobbies anti-génie génétique laissent ainsi le champ libre aux plus gros acteurs ; excluant les petites structures du jeu. Au bout du compte, ce tribunal n’en est pas un : c’est un théâtre ; un groupe de leaders de mouvement anti-ingénierie génétique ayant convenu d’une soi-disant cour se prévalant des règles de l’ONU et de la Cour Pénale Internationale. Ferions-nous autre chose que rire si Gucci faisait un procès à Gap avec un marteau en plastique ? Je suppose que certains attraperaient un bol de popcorn et resteraient pour le spectacle. Le « Tribunal International pour Monsanto » ne méritera pas plus en Octobre prochain.

Répondre

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
ENVOYER

ÉCRIRE UN COMMENTAIRE
Consultez nos offres d'emploi

VOIR LES OFFRES

Nos valeurs

Nous sommes farouchement indépendants de tout pouvoir politique et économique et sommes financés exclusivement par nos adhérents.

En savoir plus

Relayez nos informations sur les réseaux sociaux

Suivez-nous, réagissez à nos actus et partagez l'information à votre communauté.