[Action] Coupe du monde de rugby 2023 : non au sponsor TotalEnergies

Greenpeace devant les grilles du centre d’entraînement de l’équipe de France

Ce week-end, les militantes et militants des groupes locaux de Greenpeace Paris, Versailles et Orsay se sont rendu·es au siège de la Fédération française de Rugby à Marcoussis, dans l’Essonne, afin de demander aux organisateurs de la Coupe du monde de rugby d’écarter TotalEnergies des sponsors de la compétition internationale. En acceptant ce partenariat, la Coupe du monde de rugby se rend en effet complice des activités climaticides de la major pétrolière et gazière. Cette action intervient quelques jours seulement après le blocage de l’AG de TotalEnergies par de nombreux militant·es du mouvement climat.

Marcoussis, France, le 29 mai 2022. Action des militant.es Greenpeace devant le siège de la Fédération Française de Rugby pour dénoncer le partenariat de TotalEnergies en tant que sponsor officiel de la coupe du monde 2023.

Marcoussis, France, le 29 mai 2022. Action des militant.es Greenpeace devant le siège de la Fédération Française de Rugby pour dénoncer le partenariat de TotalEnergies en tant que sponsor officiel de la coupe du monde 2023.

© Emeric Fohlen / Greenpeace
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TotalEnergies, un sponsor officiel qui salit les valeurs du rugby

Les militantes et militants ont déployé des banderoles appelant à « mettre Total sur la touche » pour « ne pas salir les valeurs du rugby ». Des personnages représentant Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, et Claude Atcher, le directeur général de la Coupe du monde de rugby 2023, exposaient un ballon de rugby souillé par le pétrole, afin de dénoncer le « sportwashing » de TotalEnergies.

Aux antipodes des recommandations du GIEC et de l’AIE [1], la stratégie de la multinationale est basée sur l’expansion de projets pétroliers et gaziers, mettant en péril le climat et la biodiversité. Et TotalEnergies opère aujourd’hui dans un pays, la Russie, dont le régime est coupable de crimes de guerre.

Les valeurs du rugby de solidarité, d’intégrité, de respect et de responsabilité sociale et environnementale telles que définies dans la charte éthique de la Coupe du monde de rugby, ne sont pas compatibles avec les activités de Total. Alors que les équipes russe et biélorusse ont été écartées de la compétition en réaction à la guerre en Ukraine, les organisateurs doivent aller au bout de la démarche et écarter de leurs sponsors TotalEnergies, qui préfère prendre le risque d’alimenter l’effort de guerre de Vladimir Poutine plutôt que de renoncer à ses intérêts en Russie. Greenpeace France a fait cette demande par courrier à Claude Atcher le 6 avril, et a également lancé une pétition.

Le sponsoring sportif, outil d’influence et de développement économique

En finançant la Coupe du monde de rugby, TotalEnergies s’assure une visibilité tout au long de l’événement. Une façon, pour la multinationale, de redorer son blason en se donnant une image d’entreprise sympathique et généreuse.

Mais son influence ne s’arrête pas là : le sponsoring sportif ou culturel, le financement de programmes de recherche, l’implantation dans de grandes écoles françaises sont autant de stratégies déployées par TotalEnergies pour s’assurer une présence en coulisses, dans toutes les sphères de la société. Cette présence lui permet de donner des orientations, de peser dans des décisions, de rencontrer les « bonnes » personnes. A terme, cette stratégie favorise ses ventes, son développement et donc le maintien de son modèle destructeur tant pour le climat que pour les populations. C’est ce que Greenpeace a démontré dans sa série documentaire « L’Emprise Total ».

De nombreuses organisations du mouvement climat sont mobilisées pour contrer les activités du géant pétrolier et gazier, et la pression s’intensifie. Mercredi 25 mai, 250 militantes et militants ont bloqué l’Assemblée générale de TotalEnergies à Paris, afin de dénoncer son maintien en Russie, son plan climat basé sur le développement des énergies fossiles et plusieurs de ses projets qualifiés de « bombes climatiques » aux conséquences dramatiques pour les populations locales et la biodiversité, comme EACOP en Ouganda et en Tanzanie.

[1]  Les scientifiques du GIEC et les experts de l’Agence Internationale de l’Énergie sont très clairs : pour répondre à l’urgence climatique, il faut cesser dès maintenant le développement de tout nouveau projet pétrolier et gazier et laisser une grande partie des réserves actuelles d’énergies fossiles dans le sol.





(Crédits photographiques : © Emeric Fohlen / Greenpeace)