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Jean Lassalle
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Publié le 30 mars 2017

C’est la première candidature à l’élection présidentielle de Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques. Dans son livre programme “Un berger à l’Elysée”, il clame son attachement à la ruralité et sa méfiance vis-à-vis de “la financiarisation” qui menace l’écologie. Nous partageons une partie du constat.  Quant aux solutions, il est malheureusement très difficile de se prononcer tant celles-ci sont peu détaillées à ce stade et restent à l’état de voeux incantatoires….

 

Des constats pertinents sur l’énergie

Dans son programme de candidat, Jean Lassalle déclare vouloir passer aux renouvelables. Il affirme que “les forces conjuguées du soleil et des marées sont susceptibles de produire autant d’énergie que le pétrole, et de se substituer au nucléaire”. Oui, nous sommes d’accord, à condition de rajouter les autres énergies renouvelables  – l’éolien, la biomasse, l’hydraulique par exemple – qui sont tout à fait capables, selon nous, de remplacer intégralement le nucléaire dès 2035 en France si elles sont développées massivement. Pour réussir la transition énergétique, il convient également d’exploiter l’énorme “gisement” d’économies d’énergie que représentent l’efficacité énergétique et les usages plus sobres de l’énergie.

Mettre en oeuvre cette transition énergétique est une impérieuse nécessité pour lutter contre le dérèglement climatique et cesser d’être exposés au risque nucléaire. Mais il s’agit aussi également d’une formidable opportunité en termes d’emplois et d’un choix de bon sens économique tant le nucléaire représente une impasse industrielle et un gouffre financier.

Le candidat exprime de sérieux doutes sur le nucléaire, qu’il s’agisse de la nouvelle génération de réacteurs (“les gouvernements et EDF risquent des dizaines de milliards dans des projets de centrales encore plus grosses qu’avant, les EPR. Alors que nous ne sommes toujours pas sûrs que cette technologie soit sûre sur le long terme”) comme des centrales anciennes (“pendant ce temps, on essaye de prolonger le plus possible les centrales nucléaires que nous avons construites il y a 40 ans. Mais quand elles vieillissent, les risques grandissent”.)

Nous partageons largement les doutes du député des Pyrénées-Atlantiques. Oui, le nucléaire est intrinsèquement dangereux, qu’il soit neuf ou ancien. Et oui, le nucléaire coûte très cher, et il est désormais plus cher que les énergies renouvelables. Nous regrettons cependant que le candidat Lassalle ne donne aucun détail sur quand et comment les énergies renouvelables pourraient se substituer au nucléaire et au pétrole en France. Ni sur le rôle qu’il souhaite voir jouer par les entreprises françaises, EDF en tête.

 

Agriculture: tous les modèles ne se valent pas

Élu d’un territoire rural, et fils d’agriculteur, on sent l’amour de Jean Lassalle pour le métier d’agriculteur. Nous nous réjouissons de lire que le candidat est “particulièrement attaché à l’agriculture paysanne”, tant la définition de cette agriculture nous semble proche du modèle agricole que nous défendons, l’agriculture écologique, respectueuse à la fois des hommes et de la nature.

Nous regrettons, comme Jean Lassalle, que la Politique Agricole Commune (PAC) ait “enfermé les paysans dans ce modèle productiviste (…). La PAC a poussé à des pratiques moins paysannes qui, en plus de ne pas respecter les cycles de la Nature, nous ont exposé à des crises sanitaires”. Les aides financières de la PAC jouent un rôle très important en France : du fait tout d’abord qu’elles représentent un complément de revenus clé pour de nombreux exploitants, mais aussi parce qu’elles façonnent l’agriculture française d’une mauvaise manière.

En revanche, selon Jean Lassalle, “il y a en France de la place pour toutes les agricultures, des grandes exploitations céréalières aux plus petites, tournées vers l’agrément et le loisir.” Et là, nous ne sommes plus du tout  d’accord: le modèle agricole dominant, industriel et productiviste, est prédateur des autres modèles plus respectueux de la nature tels que l’agriculture bio et/ou écologique. Ce modèle dominant, dopé aux pesticides chimiques, capte notamment l’essentiel des subventions financières et fait clairement l’objet d’un favoritisme au sein des chambres d’agriculture, pourtant censées être des outils clés pour développer l’agriculture écologique. Pour nous, il est urgent d’orienter entièrement la politique agricole de la France vers une agriculture respectueuse de l’environnement.

 

L’UE est largement perfectible

Sur les impacts du modèle économique dominant, le candidat dresse le constat suivant : “sauver ces biens communs à l’humanité, que sont les ressources de la planète, demande de s’attaquer à la forme actuelle du capitalisme, elle-même à l’origine de ces tragédies : dépossession des communautés locales, extension de la sphère marchande et privée, concentration des pouvoirs aux mains des multinationales et de leurs porte-parole dans les sphères politique, scientifique, économique et sociale.”

Pour Greenpeace, l’Union européenne est largement perfectible : elle doit impérativement protéger les peuples et l’environnement avant les intérêts des grandes entreprises; elle doit être davantage démocratique et mieux protéger l’intérêt général; elle doit continuer à défendre les valeurs démocratiques fondamentales. Les Etats-membres de l’UE portent une responsabilité importante pour mieux faire fonctionner l’UE. Et nous pensons que l’amélioration radicale de son fonctionnement est une voie préférable à celle de sa disparition ou à celle de la sortie de l’Union de certains pays membres. L’UE a permis d’améliorer la protection de l’environnement dans certains domaines clés : lutte contre les pollutions, protection de la biodiversité, lutte contre le réchauffement climatique, etc.

Jean Lassalle ne souhaite pas quitter l’Union européenne mais veut que la France retrouve des marges de manoeuvre financières et politiques en Europe. Il ne livre pas plus de détails ni ne propose des mesures permettant de progresser vers cet objectif. Le candidat accorde également une place importante aux communes dans son projet politique et considère notamment que “la sauvegarde de la biodiversité repose en premier lieu sur les communes”.

Quant au rôle des ONG de protection de l’environnement comme Greenpeace, on espère que Jean Lassalle a révisé son jugement depuis 2011, époque à laquelle il tenait publiquement des propos très durs et mensongers pour qualifier Greenpeace et le WWF : “escroquerie intellectuelle”, “organisations scandaleuses”, etc. Le député des Pyrénées-Atlantiques nous accusait, en outre, de “blanchiment d’argent” car nous serions “financées par des grosses entreprises qui cherchent à se racheter une vertu et une respectabilité”. C’est faux : depuis sa création en 1971, Greenpeace est 100% financée par des dons de particuliers. Nous refusons tout partenariat avec une entreprise ou toute subvention publique. L’indépendance financière fait partie de nos valeurs fondamentales et Jean Lassalle ne peut plus tenir de tels propos à la légère.