Carrefour et Super U caracolent en tête Ces deux enseignes ont fait des effo

Agriculture

Course zéro pesticide : après un an de campagne, où en sont les distributeurs ?

Du 20 au 30 mars a lieu pour la 11ème année consécutive la Semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP). C’est l’occasion pour nous de vous faire part des changements intervenus au classement de la Course zéro pesticide entre les six principales enseignes de la grande distribution en France. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quelles sont les enseignes qui ont progressé ? Quelles sont celles qui peuvent mieux faire ? Nous vous dévoilons le nouveau classement de la Course zéro pesticide.

 Carrefour et Super U caracolent en tête

Ces deux enseignes ont fait des efforts concrets pour réduire l’usage des pesticides de la production de leurs fruits et légumes et font preuve de transparence vis-à-vis de Greenpeace et des consommateurs.

Carrefour fait preuve de bonne volonté et met en place des mesures concrètes. En 2015, quatre produits ont été lancés ayant chacun pour caractéristique la suppression d’une famille de pesticide : le kiwi du sud-ouest (cultivé sans traitement insecticide), le brocoli de Bretagne (produit sans herbicide), la tomate ancienne (cultivée en pleine terre et sans herbicide), le blé dur de Provence (cultivé sans insecticide du champ à l’assiette). En parallèle, un projet pilote sur un fruit mis en place en 2015, est poursuivi et élargi en 2016. L’objectif à court terme est de supprimer l’usage des insecticides et fongicides chimiques, pour, à terme, avoir une production sans aucun pesticide chimique. 3 nouveaux projets pilotes sur de nouveaux fruits et légumes sont également lancés en 2016, visant également la suppression ou réduction d’usage de pesticides.

En revanche, Carrefour autorise toujours l’usage de certains néonicotinoïdes, une famille d’insecticides particulièrement nocives pour les pollinisateurs. Par ailleurs, les stocks concernés par les projets de Carrefour représente pour l’instant une faible part de leur production de fruits et légumes.

Dans le cadre des “Filières Qualité Carrefour”, l’enseigne cherche à prendre en compte la réalité du métier d’agriculteur et ses contraintes et, en garantissant des achats sur le long terme, assure un filet de protection aux producteurs. Ces derniers peuvent plus facilement mettre en place des alternatives aux pesticides. Par ailleurs, dans le cadre des projets pilotes, Carrefour met à disposition des producteurs des moyens supplémentaires, par exemple la prise en charge d’une expertise scientifique, en conseil aux producteurs.

Au même titre que Carrefour, les Magasins U ont mis en oeuvre un certain nombre d’engagements, qu’ils ont accélérés et élargis avec le lancement de la Course Zéro pesticide. Depuis un an, l’enseigne accentue ses efforts et se retrouve ex æquo avec Carrefour.

U a mis en place une liste noire des résidus de pesticides, autorisés dans la réglementation mais que l’enseigne ne souhaite pas retrouver sur ses fruits et légumes de marque distributeur, car jugés trop dangereux pour la santé humaine. Par ailleurs, U va plus loin que la réglementation puisqu’elle se fixe des seuils de résidus inférieurs à 50% de ceux de la limite maximale autorisée (LMR), voire inférieurs lorsque la substance est considérée comme controversée par U.

La pomme et la pomme de terre sont le fruit et le légume les plus produits en France. C’est pourquoi Greenpeace les cibles en priorité. Sur ces productions, les magasins U ont effectué des bilans auprès de leurs fournisseurs afin d’identifier des méthodes alternatives aux pesticides et des pistes de progrès qui pourront être mises en oeuvre à court terme.

Par ailleurs, U signe des partenariats de trois ans avec ses fournisseurs, ce qui leur donne de la visibilité sur leurs débouchés et leur permet de tester des alternatives aux solutions chimiques. U s’engage vers une « démarche de progrès » dans son cahier des charges et incite les producteurs à développer des alternatives aux pesticides (objectif rendu réalisable par la contractualisation et le partenariat sur plusieurs années).

Auchan, Casino et Intermarché peuvent mieux faire

Ces trois enseignes se contentent du minimum syndical. L’un des seuls arguments avancés par Auchan, Casino et Intermarché est la certification de leurs pommes « vergers écoresponsables ». Mais ce label privé, dont le contenu n’est pas accessible publiquement, ne correspond qu’à des bonnes pratiques standards et semble tenir davantage du greenwashing que d’un réel engagement. Ainsi, ce label n’impose aucune contrainte sur la suppression ou la réduction de l’usage des pesticides. Quelles que soient leurs démarches de ces trois enseignes, elles n’ont fournit aucune précision sur l’impact de ces dernières sur la réduction ou la suppression de pesticides.

Toutes trois répondent à nos sollicitations mais disposent encore d’une marge de progression importante en termes de transparence envers les consommateurs. A ce jour, aucune information n’est mise à leur disposition sur l’usage des pesticides par les fournisseurs de ses enseignes.

D’autre part, rien n’a été mis en oeuvre pour soutenir les agriculteurs et les aider à mettre en place des alternatives aux pesticides.

E. Leclerc : toujours bon dernier

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E.Leclerc fait toujours preuve de l’opacité la plus totale au niveau national, concernant l’utilisation des pesticides, ce qui le place très largement en queue de peloton. Suite à nos actions, la SOCAMIL (centrale d’achats toulousaine) a pour sa part fait preuve de bonne volonté en étant plus transparente sur les pratiques de ses fournisseurs de fruits et légumes. Au niveau régional, des efforts concrets ont été engagés dans la réflexion sur la réduction de l’usage des pesticides, notamment via les producteurs de pommes de terre et de tomates.

De même qu’ Auchan, Casino et Intermarché, E.Leclerc met en avant le labellisation « vergers écoresponsables » de ses pommes Marque repère. Une fois de plus, cette démarche est insuffisante.

Mais la course au prix bas dans laquelle l’enseigne est engagée corps et âme n’aide en rien le développement d’un modèle agricole alternatif. Les producteurs travaillant avec E.Leclerc ne bénéficient d’aucun soutien pour éliminer les pesticides de leurs productions.

Pour le moment, le peu de données fournies par E.Leclerc au niveau régional, et l’absence de réponse concrète au niveau national, sont insuffisants. Pourtant E.Leclerc est numéro 1 du secteur de la grande distribution en France et doit assumer ses responsabilités. L’enseigne en a les moyens. Il lui manque la volonté.

 

 

Participez à notre campagne en demandant à Michel-Edouard Leclerc, PDG de l’enseigne, de prendre ses responsabilités.

Écrire à Michel-Edouard Leclerc





Commentaires (46)

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guigui

Des agriculteurs bio en france? Oui il ne peuve pas vivre de leur productions, il survive d'aide de la PAC de l'ordre de 500€/ha environ. Le plaisir de cultiver les plantes adventices surement pas alors arréter avec votre BIO a pognon!

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BPS

Afin d'être enfin cohérent et crédible avez vous l'intention de faire la même demande aux distributeurs concernant les produits chimiques toxiques utilisés aussi par l'AB. Comme par exemple chez ce monsieur. https://www.youtube.com/watch?v=VVeowXl1HVo Si Greenpeace les ignore volontairement comme d'habitude. Cela est la preuve que l'agriculture est uniquement un prétexte, un support d'opportunité pseudo-écologique pour satisfaire des lubies idéologiques.Surtout rien d'autre !

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A. Maigrenome

Bonjour, Il paraît que l’information fait l’économie dans notre nouveau siècle. Si toutes les informations sont égales, certaines sont plus cachées que d’autres, voici un exemple : Chaque français consomme en moyenne 65 kg de pomme de terre par an, 100 000 ha lui sont consacrés en France. Ce tubercule, produisant sous nos climats plus d’amidon par unité de surface que toute autre culture a permis de faire disparaître les famines en Europe. Mais le mildiou (un oomycète, sorte d’algue) peut détruire une culture en quelques jours. Les champs de patates français reçoivent 10 à 20 traitements chaque année contre ce pathogène. L’agriculture conventionnelle utilise des produits qui entrent dans la plante et l’agriculture biologique met du cuivre, horrible poison pour la vie du sol (même autorisés en AB, les pesticides gênent la vie du sol et son manque d’activité oblige alors à apporter des fertilisants). On sait depuis longtemps quelles cousines sauvages de la pomme de terre possèdent les gènes de résistance au mildiou, mais aucun hybrideur n’a réussi les croisements qui nous éviteraient tant de pollutions. Aucun ? Pas tout à fait : un hongrois a réussi, dans les années 1950. Après bien des aventures, ses créations sont disponibles, mais boycottées par tout l’agrobusiness et aussi par beaucoup de producteurs bio, au fond ravis de jouer aux petits chimistes avec leurs doses réduites de cuivre, purins et autres tambouilles. Il faut dire que ces pommes de terre ont beaucoup d’inconvénients aux yeux des croissancistes : peu sensibles au virus (inutile d’acheter chaque année de nouveaux plants “certifiés indemnes“), longue dormance (conservation sans frigo ni chimie), moindres besoins en azote et eau, meilleure concurrence face aux adventices… Greenpeace pourrait secouer le cocotier du côté des industriels et distributeurs qui, au lieu de demander une moindre utilisation de pesticides, pourraient tout simplement accepter les variétés qui s’en passent, voire les promouvoir. Les avantages de ces pommes de terre imposent quelques changements dans les itinéraires culturaux que les producteurs adopteront pour peu qu’on leur explique. Ces cultivars ne sont pas brevetés et peuvent être utilisés pour de nouveaux croisements : qu’attend l’INRA pour s’en charger ? Je connais le cas de ces pommes de terre que je cultive depuis 5 ans, mais il y a d’autres espèces dans la même situation, Greenpeace peut-elle recueillir l’information et la diffuser ? Si vous voulez en savoir plus sur ces pommes de terre, le site (en anglais) de l’association qui développe internationalement les créations de M. Sarvari : http://sarpo.co.uk/home/ A. Maigrenome

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