La COP28 se tiendra du 30 novembre au 12 décembre prochain à Dubaï et sera présidée par le Sultan Ahmed Al-Jaber. Entre appel au boycott d’un côté et nécessité de faire front face au lobby des énergies fossiles de l’autre, l’événement sera suivi avec beaucoup d’attention partout dans le monde. De nombreux sujets essentiels sont déjà à l’agenda, dont la mise en œuvre opérationnelle du fonds pertes et dommages, acté précédemment à l’occasion de la COP27, ou encore la sortie rapide et équitable de toutes les énergies fossiles.

Climat

COP28 :
pourquoi y aller ?

La COP28 se tiendra du 30 novembre au 12 décembre prochain à Dubaï et sera présidée par le Sultan Ahmed Al-Jaber. Entre appel au boycott d’un côté et nécessité de faire front face au lobby des énergies fossiles de l’autre, l’événement sera suivi avec beaucoup d’attention partout dans le monde. De nombreux sujets essentiels sont déjà à l’agenda, dont la mise en œuvre opérationnelle du fonds pertes et dommages, acté précédemment à l’occasion de la COP27, ou encore la sortie rapide et équitable de toutes les énergies fossiles.

Faire face au lobby des énergies fossiles

Un phénomène de plus en plus inquiétant s’empare des Conférences sur le climat. En 2022, à Charm El-Cheikh, en Égypte, 636 lobbyistes des énergies fossiles ont participé à la COP27, soit 25% de plus que l’année précédente, lors de la COP26. Cette présence massive et croissante déséquilibre totalement le rapport de force avec les représentant·es des pays les plus touchés par le changement climatique, désormais moins nombreux que les lobbyistes du pétrole, du gaz et du charbon.

La menace de voir se rejouer le même scénario pèse désormais sur la COP28. La question se pose donc : les ONG doivent-elles se rendre à la COP ? Si elles n’y vont pas, qui sera là pour faire face au lobby des énergies fossiles ? Renoncer, c’est baisser les bras et laisser le champ libre aux lobbyistes à Dubaï.

Dans une tribune au “Monde”, nous actons la nécessité d’aller à la COP28, aux côtés d’un collectif d’ONG dont CARE France, Oxfam France ou encore le Réseau Action Climat, pour faire rempart aux lobbyistes des énergies fossiles.

La COP28 : une opportunité

Cette COP28 est particulièrement intéressante… Elle sera en effet présidée par le dirigeant de la plus grande compagnie pétrolière et gazière des Émirats arabes unis. Au-delà du risque de conflit d’intérêt et de l’appel au boycott, la tenue de la COP climat au sein même du septième État plus grand producteur de pétrole au monde pourrait être une opportunité : celle de mettre en avant la question de la sortie des énergies fossiles. Pour rester sous la barre du 1,5°C, objectif signé dans le cadre de l’Accord de Paris par 197 parties (196 pays et l’Union européenne), la sortie définitive de toutes les énergies fossiles est indispensable à l’horizon 2050 selon l’Agence Internationale de l’Énergie. La question est donc inévitable.

Nous serons à la COP28 pour mettre la pression sur les États afin qu’ils adoptent un calendrier clair prévoyant une sortie juste et équitable de toutes les énergies fossiles, principales responsables de la crise climatique.
Sarah Roussel, Chargée de campagne Climat, Greenpeace France.

Aujourd’hui, les COP restent le seul rendez-vous international au cours duquel une majorité de pays du monde entier se retrouvent autour de la table pour discuter de la lutte contre le changement climatique. Nous devons donc investir cet espace et pousser les sujets essentiels qui nous permettront collectivement d’avancer sur des mesures concrètes. Rappelons qu’en 2015, lors de la COP21, l’Accord de Paris a été adopté, posant ainsi un cadre fort qui contraint aujourd’hui les États à élaborer des plans de transition climatique à la hauteur des enjeux.

Faire entendre les voix les moins représentées

Nous irons à la COP également pour porter la voix des populations les plus vulnérables et rappeler aux gouvernements l’urgence d’accélérer l’action climatique.

L’année dernière, la COP27 avait abouti à une décision inédite : la création d’un fonds pertes et dommages. Les pertes et dommages sont les dégâts irréversibles du changement climatique, conséquences qui se font sentir majoritairement dans les pays du Sud, où vivent pourtant les populations les moins responsables des pollutions qui nous affectent.

Il ne s’agit pas d’une question de charité, mais d’une question de justice, une vraie dette climatique que les pays les plus émetteurs ont envers les pays du Sud. L’inégalité est tout aussi criante entre le coût des événements climatiques extrêmes, évalué à près de 143 milliards de dollars par an, et les bénéfices indécents engrangés dans le même temps par les entreprises productrices d’énergies fossiles. En 2022, les cinq plus grands groupes pétroliers occidentaux engrangeaient près de 200 milliards de dollars de bénéfices.

La taxation des entreprises des énergies fossiles, ajoutée aux contributions par les pays émetteurs historiques, pourrait permettre de dégager des volumes financiers importants pour alimenter le fonds pertes et dommages acté lors de la COP27. Le fonctionnement opérationnel de ce fonds reste à établir et devrait être abordé au cours de la COP28.

Il est urgent d’assurer la mise en œuvre rapide de ce fonds afin de venir en aide aux pays les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique.