Le 4 novembre 2021, au tribunal judiciaire de Bobigny, se tient le procès de neuf activistes qui ont repeint un avion en vert sur le tarmac de Roissy - Charles de Gaulle pour dénoncer le greenwashing du gouvernement sur la question du transport aérien et de son impact climatique. Ils et elles ont voulu dénoncer avec force et courage l’entêtement du gouvernement à tout miser sur des solutions qui n’en sont pas vraiment, notamment “l’avion vert”.

Transports

Avion “vert” : les activistes en procès

J'agis

Le 4 novembre 2021, au tribunal judiciaire de Bobigny, se tient le procès de neuf activistes qui ont repeint un avion en vert sur le tarmac de Roissy - Charles de Gaulle pour dénoncer le greenwashing du gouvernement sur la question du transport aérien et de son impact climatique. Ils et elles ont voulu dénoncer avec force et courage l’entêtement du gouvernement à tout miser sur des solutions qui n’en sont pas vraiment, notamment “l’avion vert”.

Pour ces raisons, nos activistes sont poursuivi·es pour dégradation de biens d’autrui en réunion et trouble du fonctionnement d’installations à usage aéronautique. Huit sont également poursuivis pour refus de prélèvement ADN. Air France et Aéroport de Paris (ADP) ont porté plainte.

[Mise à jour – 4 novembre 2021] La procédure prévue le 4 novembre 2021 au tribunal judiciaire de Bobigny a été annulée. Pourquoi ? Le tribunal de Bobigny a jugé que la rétention des activistes suite à cette action, dans les geôles de Bobigny, était illégale. Il a été conclu que leurs droits fondamentaux n’avaient pas été respectés et que le juge n’était pas valablement saisi. Les activistes pourraient être reconvoqué·es par la suite pour un nouveau procès, mais cette décision prise le 4 novembre 2021 est la reconnaissance d’une répression disproportionnée à l’encontre de ces militant·es du climat. Merci à celles et ceux qui ont soutenu les activistes et aux milliers de personnes qui se mobilisent également en ligne pour la réduction du trafic aérien. Vous pouvez vous mobiliser également en rejoignant une lutte locale pour la réduction du trafic aérien sur la plateforme GreenVoice.

Pourquoi les activistes ont eu raison d’agir ?

Parce que l’aviation et la croissance incontrôlée du trafic aérien sont une menace pour le climat.

Alors que la crise climatique provoque des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes et fait de plus en plus de victimes, ces dernières années, le trafic aérien a explosé au niveau mondial et pourrait encore doubler d’ici 2037, selon l’Association du transport aérien international (IATA). Et, aujourd’hui, le transport aérien est vraisemblablement déjà responsable de 7,3 % de l’empreinte carbone de la France, ce qui est loin d’être négligeable. Or, rien n’est fait pour ralentir la croissance du trafic aérien. C’est même tout le contraire.

Face à cela, le débat devrait porter sur la nécessité pour le secteur aéronautique d’opérer une transition écologique et sociale lui permettant d’être aligné sur les objectifs de l’Accord de Paris, tout en protégeant les salarié·es du secteur. Il n’en est rien. En juin 2020, des chèques en blanc sans contrepartie écologique et sociale solide ont été adressés au secteur aéronautique dans le cadre des plans de sauvetage liés à la crise du Covid 19. La loi “Climat et Résilience”, adoptée en août 2021, est loin (très loin) d’engager la réduction du trafic aérien, pourtant incontournable pour le climat : elle laisse se faire tous les projets d’extension d’aéroports actuellement à l’étude et se contente de supprimer uniquement quelques vols internes pour lesquels il existe une alternative en train de 2h30 maximum (soit un bénéfice climat ridiculement faible). Si le gouvernement se donne aussi peu de mal pour réduire le trafic aérien, c’est parce qu’il pense avoir LA solution miracle : l’avion vert. C’est sur des solutions technologiques qui n’en sont encore qu’à leurs prémices que le gouvernement mise tout. Pour ce faire, il s’est trouvé un VRP de choix en la personne de Jean-Baptiste Djebbari, actuel ministre des Transports et ancien pilote.

Pourquoi l’avion vert ne suffit pas ?

Plus récemment, Emmanuel Macron s’est directement fait le porte-étendard de l’avion vert, lors de la présentation du plan d’investissement France 2030. Il a affirmé de manière non étayée, mais avec aplomb, que la construction d’un avion vert pour 2030 était possible. C’est faux, et il le sait, puisque les experts du sujet disent eux-mêmes que cela n’arrivera au plus tôt qu’en 2035. Qu’à cela ne tienne, Emmanuel Macron a annoncé une enveloppe de 4 milliards d’euros pour les industries automobile et aéronautique, notamment pour accélérer la construction d’un avion “bas carbone”. Sauf que l’avion vert ne sauvera pas le climat, et il faut cesser de perdre du temps en s’entêtant sur ce mirage technologique et en ignorant l’enjeu de réduction du trafic aérien. C’est pour cela que des activistes de Greenpeace sont passé·es à l’action le 5 mars 2021.

Des activistes Greenpeace peignent un avion en vert pour dénoncer le greenwashing du gouvernement

Entendons-nous : nous ne sommes pas contre les innovations technologiques. Mais nous dénonçons avec fermeté la faiblesse des mesures qui ont été prises jusqu’à maintenant pour réduire le trafic aérien, et l’obsession de Jean-Baptiste Djebbari pour l’avion vert comme solution miracle pour endiguer les émissions carbone du secteur. Cet avion neutre en carbone, qui fait tant rêver le gouvernement, n’est rien d’autre qu’un écran de fumée derrière lequel se cache son inaction climatique. L’avion vert ne pourra pas absorber le volume et la croissance du trafic aérien qu’on connaissait avant la crise sanitaire, quelle que soit la technologie envisagée. Certains types d’avions verts représentent même un risque supplémentaire pour le climat (comme l’avion qui fonctionne aux agrocarburants). Pendant que les industriels s’entraînent pour le concours Lépine, le trafic aérien, lui, continue d’augmenter. Et le climat continue de se dérégler.

Lire la note : Climat : verdir les avions ne suffira pas

Activistes en procès : soutenez-les !

Neuf activistes qui ont repeint un avion en vert sur le tarmac de Roissy – Charles de Gaulles en mars dernier sont aujourd’hui poursuivi·es et seront jugé·es au tribunal judiciaire de Bobigny le 4 novembre 2021. Nous devons faire le maximum pour les défendre et les soutenir.

Leur action participait de leur droit à exercer une liberté fondamentale : la liberté d’expression. Face à l’urgence climatique, alors que nous aurions déjà pu agir il y a des décennies, nous pensons aussi que l’état de nécessité justifiait leurs actes.

Dans le cadre de cet exercice de leur liberté d’expression, les activistes ont subi un traitement judiciaire particulièrement répressif et disproportionné. Après une garde à vue prolongée, ils et elles ont passé une nuit au dépôt du tribunal judiciaire Bobigny (les geôles du tribunal) dans des conditions particulièrement déplorables. Une détention qui marque un pas de plus dans la répression de l’activisme environnemental en France, alors que récemment un tribunal a relaxé, au nom de la liberté d’expression, l’un de nos militants qui était poursuivi pour… un tag à la craie.

Vous aussi, à votre échelle, vous pouvez agir pour la réduction du trafic aérien. Il existe de nombreuses campagnes locales contre des projets d’extension d’aéroports ou pour la suppression de lignes internes pour lesquelles il existe une alternative ferroviaire. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont déjà mobilisées. Rejoignez-les en vous rendant sur la plateforme GreenVoice et rejoignez la campagne collective pour la réduction du trafic aérien.

Vous êtes déjà engagé·e sur GreenVoice pour la réduction du trafic aérien ? Alors vous pouvez aller encore plus loin et publier sur vos réseaux sociaux une vidéo de soutien aux activistes en procès. Sur Instagram, n’oubliez pas de mentionner notre compte @greenpeace_france et d’utiliser le hashtag #OnAtterritQuand pour qu’on puisse partager vos vidéos. Sur Twitter, même hashtag, en mentionnant @greenpeacefr.





(Crédits photographiques : © Lorraine Turci / Greenpeace)
Commentaires (14)

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Poussard

Il faut relaxer les lanceurs d alerte. Ils sont désintéressés et agissent en notre nom. Ils ont un courage que peu de gens ont. Je les soutiens du fond du cœur.

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Paulo Nührich

Bravo!

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Daniel Ladurelle

Bonjour ils vont sans doute avoir besoin de fonds pour payer leur défense ; existe-t-il une caisse verte ? bien amicalement. Daniel

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