Conférence environnementale, débat sur l’énergie, le gouvernement et l’en

Climat

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Conférence environnementale, débat sur l’énergie, le gouvernement et l’environnement : vous vous posez des questions ? Nous aussi ! Épisode 2

La semaine dernière, nous exposions dans un premier billet un début de réflexion sur la conférence environnementale que le gouvernement organise à la mi-septembre.

Comme le soulèvent plusieurs commentateurs à la suite de ce premier billet, le processus même de la conférence pose question.

En effet, l’organisation de cette conférence et l’annonce du débat qui suivra sont les seules réponses que nous ayons obtenues du président Hollande sur sa vision de la transition énergétique. Mais la concertation peut-elle faire office de vision politique ? Sans volontarisme réel de la part du gouvernement, aucune des mesures indispensables pour une vraie transition écologique et énergétique ne sera mise en œuvre.

Cette conférence environnementale s’organise sur fond de cacophonie du gouvernement sur la question de l’énergie.

Ces dernières semaines, les ministres du gouvernement Ayrault ont pris successivement la parole sur les sujets énergétiques, affirmant tout et son contraire, sans qu’aucune ligne politique claire ne puisse être identifiée et en ajoutant de la confusion à la répartition des rôles et des portefeuilles.

Une cacophonie typique de la méthode Hollande initiée pendant la campagne présidentielle : ménager les opinions des uns et des autres sans qu’aucun choix clair ni stratégique ne soit pris.

Quel ministre aura gain de cause ? Quelle sera la réaction du gouvernement face aux entreprises qui ne militent que pour un statu quo? En faveur de qui ou de quoi le gouvernement arbitrera-t-il ? De l’environnement, des emplois, de l’économie à court terme ?

En mai 2012, le candidat Hollande s’est fait élire sans parler d’environnement. En évitant même le sujet. Seule la question du nucléaire aura été évoquée, contexte post-Fukushima oblige. Mais l’engagement du candidat à réduire de 25% la part de nucléaire dans le mix électrique alors même qu’il proposait la fermeture d’une seule centrale et la mise en service de l’EPR de Flamanville témoignait déjà d’un discours caractérisé par les ambiguïtés et les contradictions.

Et à l’épreuve de la réalité du pouvoir, les premiers signaux donnés par le gouvernement Ayrault donnent à réfléchir : l’ouverture d’une nouvelle mine d’uranium au Niger, un arbitrage en faveur de Shell et Total dans les forages off-shore en Guyane, l’éviction de Nicole Bricq quelques semaines après sa nomination, le flou entretenu dans le dossier des hydrocarbures de schistes…
On s’interroge alors : quelle vision de la transition énergétique défend ce gouvernement ?

Nous refusons de tomber dans les mêmes pièges que ceux tendus par le précédent gouvernement : assez de formules sans projets, assez de mesures spectaculaires jamais appliquées…

Greenpeace a vécu le Grenelle, présenté pompeusement par Nicolas Sarkozy comme un « new deal écologique ». La montagne a accouché d’une souris. Décisions reportées sine die, décrets d’application non publiés, absence criante de mesures de rupture, structurantes et réellement efficaces pour la protection du climat.

Greenpeace a aussi vécu le « débat national sur l’énergie » en 2003. Alors qu’un tel événement, rarissime en France, aurait pu être l’occasion d’une vraie discussion publique, la façon dont il a été annoncé, organisé et s’est déroulé a engendré une déception considérable. Mais il s’est tenu sous la forme de rencontres, des « tables rondes » où l’on voyait se succéder des prises de paroles d’une longue série d’intervenants, sans organisation d’une véritable discussion des thèses en présence, sans temps de dialogue suffisant avec les participants. Avec une séance de synthèse surréaliste, de deux heures à peine, sous la forme d’une sorte de questions–réponses, encadré de discours ministériels.

C’est à un autre résultat que nous aspirons aujourd’hui. Nous souhaitons que soit clarifiée la façon dont les conclusions du débat vont être prises en compte pour l’élaboration de la loi cadre sur l’énergie. Car, en 2005, la loi n’a pas repris les conclusions du débat de 2003 pour justifier les orientations prises.

Nous souhaitons que l’État s’engage, que des politiques et des mesures efficaces soient proposées et mises en œuvre. Nous souhaitons des avancées significatives au niveau politique, au niveau législatif. Nous souhaitons que l’ensemble des parties prenantes soient informées, qu’elles soient décideurs, entrepreneurs, élus ou citoyens.

Commentaires (7)

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DHUICQ

J'ai lu toutes vos interventions et je ne réagis que maintenant après le troisième article paru. 1, merci de tempérer vos propos pour certains très "limite" à l'encontre des étrangers et plutôt diffamatoire à l'égard de Hollande ; ça déssert l'image des écolos ; 2, merci de faire des efforts d'orthographe, ça rend pénible la lecture ; 3, on peut se décourager comme nous tous d'une nième conférence mais notez - pour ceux qui ont un certain recul (je veux dire là, un certain âge) - que des progrès ont été faits par ce genre de concertations certes pas en un ou deux ans mais, quand on regarde derrière nous, sur 20 à 30 ans non ? 4, il faut donc continuer à être présent rien que pour empêcher les pollueurs de tourner en rond. Un magnat de l'industrie doit se frotter les mains de voir des contre-pouvoirs claquer la porte d'une négociation : ils n'attendent que ça pour pouvoir dire : "les absents ont toujours tort" 5: il faut que la conférence débouche sur des INTERDICTIONS ! En France, on ne fonctionne réellement que comme ça ! Je suis juriste et chargé de faire respecter des normes en urbanisme/environnement et tant qu'on ne fait qu'inviter le citoyen à réduire sa consommation etc, ça ne donne rien ! C'est l'esprit français, on ne peut pas lutter contre ça ! 6, il faut inciter les invités à la table ronde à se reposer la question centrale de : "Pourquoi la croissance à tout prix ?" ...La décroissance ne signifie pas "mal-être", bien au contraire. La mondialiastion est inévitable mais pourquoi considérer que perdre 10 places dans l'odre des nations serait une honte si cela signifie "mieux-être" ? Certes, la condition des chômeurs est en cause mais nos pays ne manquent pas encore de ressources. 7, sortir du nucléaire ne se fera pas en un jour ; la France ne le pourra que sur le long terme et il faut faire feu de tout bois pour trouver d'autres pistes. Pour cela, il faut ABSOLUMENT que le budget national décuple l'argent pour la recherche scientifique, qui est la seule garantie d'INNOVATION Et bon courage à ceux qui nous représenteront !

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Victor

Une petite lecture instructive http://energeia.voila.net/electri/electricite_co2.htm Le fond de commerce du nucléaire est sa prétention à produire de l'électricité sans émissions de CO2, ce qui est (en partie) vrai. Mais le danger est ailleurs, comme l'on sait, et la contribution du nucléaire à de moindres émissions de CO2 est très faible. Cela tient à la modeste part du nucléaire (13,5% en 2010) dans la production d'électricité et que la production totale d'électricité ne représente que 19% de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, gaz fluorés ...). Au moins un document qui donne des chiffres précis et actuels sur la question.

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Indépendance chacha

la journée nationale contre la fracturation hydraulique..................................... rien que cette formulation laisse songeur... ce qu'il faut c'est une journée nationale contre les gaz ou huile de schiste -avec ou sans la fracturation hydraulique-.................................... Le fait que tous les collectifs anti gaz de schiste ne se focalisent que contre la dite fracturation hydraulique est une aubaine pour les lobbies du gaz et du pétrole et pour le gouvernement qui les soutient : ils vont inventer une fracturation hydraulique light, ou une technique un peu moins polluante histoire d'enfumer les citoyens mobilisés tout en leur faisant miroiter des millions d'euros de retombées fiscales, des milliers d'emplois, etc. et tout le monde va plonger... la preuve, cette formulation "journée nationale contre la fracturation hydraulique"... il faudrait dire aux colectifs que la fracturation hydraulique est déjà interdite... Il faut radicalement se positionner contre toute exploration ou exploitation des gaz et pétrole de schiste sur le territoire français.... à bon entendeur

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