Non sans quelques difficultés, l’équipage surmotivé de l’Esperanza a réu

« Ni vu ni connu ». C’est ce qu’ont dû se dire les responsables de Total en omettant de préciser aux autorités brésiliennes une information cruciale, ou en faisant preuve d’incompétence : la zone de concessions au large du Brésil, là où Total compte chercher du pétrole, abrite une partie du Récif de l’Amazone. En direct de notre bateau l’Esperanza, je vous livre ici le récit de cette découverte capitale et vous demande d’interpeller le PDG de Total.

Par Edina Ifticene

Non sans quelques difficultés, l’équipage surmotivé de l’Esperanza a réussi à immerger son matériel d’exploration scientifique dans les eaux particulièrement agitées et sédimentées de la côte nord du Brésil, à l’endroit même où Total veut forer des puits d’exploration pétrolière.

Grâce aux images transmises par le sonar, les scientifiques ont pu localiser des fonds propices au développement du récif. Ensuite, nous avons pu envoyer à cet endroit précis une caméra étanche ainsi que notre petit robot téléguidé, histoire de mieux voir ce qui se trame sous ces eaux tumultueuses.

Revivez notre découverte en vidéo :

 

Les fonds marins dévoilent une partie de leurs trésors

Ces images d’exploration permettent aux scientifiques à bord d’être formels : rhodolithes, éponges, coraux… Les rhodolithes sont des algues calcaires (organismes vivants) qui constituent des habitats pour les poissons et autres créatures typiques des récifs. Leur présence confirme que le récif est bien là !

Il s’avère aussi que le récif est bien plus grand prévu. Alors que les scientifiques tablaient au départ sur une taille de 9500 km2, ils estiment aujourd’hui qu’il s’étendrait en réalité sur… 56 000 km2 !

Une marée noire ou une fuite seraient catastrophiques pour la faune et la flore de ce récif qui, rappelons-le, a été exploré pour la toute première fois seulement l’an dernier, par Greenpeace. De plus, les communautés côtières, dont les ressources dépendent de la mer, seraient touchées de plein fouet.

Négligence ? Omission ?

Formation de rhodolithes et éponges photographiées à 180 mètres de profondeur, à l'intérieur du bloc FZA-M-86 où Total envisage de chercher du pétrole.

Formation de rhodolithes et éponges photographiées à 180 mètres de profondeur, à l’intérieur du bloc FZA-M-86 où Total envisage de chercher du pétrole.
© Greenpeace

Le Récif de l’Amazone se trouve dans les concessions de Total, c’est une certitude. Cette information invalide le dossier que Total a remis aux autorités brésiliennes en vue d’avoir l’autorisation de commencer à forer. La question est de savoir comment le pétrolier a pu négliger une telle information. Il s’agit soit d’une preuve d’incompétence soit d’une omission volontaire. Quoi qu’il en soit, le gouvernement brésilien n’a désormais d’autre choix que de refuser d’accorder à la compagnie pétrolière les autorisations de forage !

Ensemble, nous avons déjà réussi l’an dernier à faire reculer une première fois les projets insensés de Total. Nous les ferons stopper une fois pour toute cette année !

Avec tout l’équipage de l’Esperanza, je vous demande de signer notre pétition pour sauver le récif de l’Amazone, et d’envoyer un email au PDG de Total, M. Pouyanné, pour qu’il renonce à ses projets. Vous trouverez un exemple d’email mail ci-dessous.

Exemple d'email à envoyer au PDG de Total

Objet : [à  personnaliser]

Destinataire : patrick.pouyanne@total.com

Destinataire en copie cachée (CCi) : message-pour-total@greenpeace.fr

Monsieur,

Comme vous le savez certainement, une équipe de scientifiques vient de confirmer la présence d’un vaste réseau de récifs qui s’étend précisément sur des blocs où Total compte forer, au large de l’embouchure de l’Amazone.

Cette découverte récente confirme que toute exploration pétrolière dans ces zones aurait des conséquences majeures sur un écosystème unique au monde.

Je m’adresse donc à vous aujourd’hui pour que vous agissiez de manière responsable et que vous mettiez un terme définitif à tout projet d’exploration pétrolière de Total au large du Brésil.

Cordialement,

 

Les autorités brésiliennes devraient bientôt rendre leur décision concernant l’autorisation de forage demandée par Total. Espérons que ces nouveaux éléments feront pencher la balance dans le bon sens et que les permis seront refusés !

Je vous tiendrai informée de la suite très prochainement… Merci de m’avoir lue.

Edina Ifticene
Edina Ifticene

Chargée de campagne Océans pour Greenpeace France





(Crédits photographiques : © Greenpeace)
Commentaires (15)

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MICHEL

Bonjour, j'ai transféré le mail ce matin à monsieur Pouyanné. Ma boite mail se retrouve black listée, je ne peux plus envoyer de mails à quiconque, je suis bien embêté. Une solution quelqu'un ?

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Monique Petillon

Protégeons les océans pendant qu'il en est encore temps. Une marée noire et cela en est fini de toutes ces merveilles.

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Spanier

Il se trouve que les rhodolithes découvertes par Green peace sont situées à 24 et 38 km du bloc (pas encore exploré) par Total. Je trouve qu'il n'est pas très honnête de la part de cette "ONG" de livrer cette information ou plutôt cette désinformation de cette façon. Il se passe la même campagne diffamatoire qu'à l'occasion de la campagne de Birmanie (Myanmar) dans laquelle des organisations ont jugé la société Total sans même être aller voir sur place ce qui se passait réellement. Je suis, tout autant que ces organisations, très regardant sur la protection de la planète, ayant des petits enfants, je ne veux pas leur laisser un monde en perdition. Mais, en toutes choses il faut savoir raison garder. On accepte de rouler en automobile, de se déplacer en avion, d'utiliser de l'électricité; n'ayant pas encore trouver de solutions alternatives (ou celles ci n'étant pas encore au point ou pollue d'avantage) il faut se contenter de ce que l'on a. L'energie éolienne ce n'est que du vent (au sens propre comme au figuré) le solaire tel que nous le connaissons cannibalise des terres agricoles dans des proportions alarmantes (voir en Espagne). Donc, oui faisons en sorte de respecter tant que faire ce peut notre planète mais restons lucides et ne disons pas n'importe quoi.

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