[caption id="6796" width="780"][img class="size-img_blog" src="https://cdn.g

Climat

PPE : des erreurs à corriger d’urgence

Avec plus de six mois de retard, Ségolène Royal a enfin dévoilé son projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), à savoir le texte qui doit mettre en musique par décrets les dispositions inscrites dans la loi sur la transition énergétique (TE) votée l’été dernier. Las, l’histoire d’une longue procrastination se prolonge, prenant les traits d’une farce au goût amère.

Sur le chantier de l’EPR de Flamanville, en 2004 © Greenpeace / Pierre Gleizes

Le gouvernement procrastine (encore)

Car si la Loi transition énergétique avait au moins le mérite d’inscrire noir sur blanc l’ambition de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français à 50% d’ici à 2025 contre 75% aujourd’hui, ce projet de PPE n’y répond en aucune manière. Or, cet objectif n’est pas une question annexe : en effet, si rien ne vient faire sauter le verrou du nucléaire, les énergies renouvelables ne pourront jamais se déployer massivement, faute de marché disponible. Il est donc impératif de sortir du nucléaire pour aller vers un monde renouvelable.

Première déception : cette PPE continue, dans la lettre, de procrastiner dangereusement sur la question des réacteurs à fermer. Elle renvoie en effet cette question à la seconde période de la PPE, soit 2019-2023. Le projet présenté comporte ainsi trois pages consacrées au nucléaire sur environ 300 pages.

Le projet présenté n’est pas cohérent

Ensuite, ce projet de PPE n’est pas cohérent avec les objectifs de la loi TE – c’est ce que nous expliquons dans une note d’analyse détaillée transmise au ministère de l’Environnement. Il reste quelques mois avant la publication du décret final (qui devrait sortir à l’automne) et nous demandons que les ajustements nécessaires soient effectués.

Pour atteindre un objectif de 50% de nucléaire en 2025, il faut prendre en compte deux variables : l’évolution de la demande domestique en électricité et l’évolution des exportations. On obtient ainsi les besoins de production à cette date. Or dans le projet présenté, aucune donnée fiable n’est donnée sur l’évolution de la consommation intérieure, et la part des exportations est artificiellement gonflée.

Ainsi, d’après nos calculs, le scénario du gouvernement nous mène à une part du nucléaire dans la production située entre 65% et 75% en 2023 – ce qui correspond à la fermeture de 2 à 12 réacteurs. Une hérésie car si la demande intérieure reste stable (ce qu’anticipe RTE) et la demande extérieure décroît, notamment sous la pression d’énergies renouvelables en plein boom partout dans le monde, ce sont au moins une vingtaine de réacteurs qu’il faudrait fermer pour rester dans les clous.

Des risques de sûreté

En outre, si l’on s’en tient au projet PPE actuel, il faudrait prolonger au-delà de 40 ans (leur durée de vie initialement prévue) un certain nombre de réacteurs, ce qui fait courir des risques de sûreté conséquents. Au moment où EDF et AREVA sont pris dans un scandale de pièces non conformes et dans une spirale économique négative, cette ambition entêtée paraît aujourd’hui nettement plus incertaine, aussi bien financièrement que techniquement, que le remplacement des réacteurs par un déploiement massif des énergies renouvelables. Rappelons que sur ce point, la France, qui se targue d’être l’artisan d’un accord historique sur le climat lors de la COP21, est largement en retard sur ses voisins européens.

Bref, le gouvernement doit rectifier le tir, et vite. La France a déjà trop perdu de temps et d’énergie avec l’atome, une technologie dangereuse devenue trop coûteuse.

Pour mieux comprendre, nous vous avons concocté une petite infographie (n’hésitez pas à la partager sur les Internets !) :

Schema_Greenpeace_web_PPE

Commentaires (12)

Merci de rester courtois, toute insulte sera sanctionnée par le blocage du posteur et l'effacement des commentaires incriminés. Voir les conditions d'utilisation.

Afin de mieux vous connaître, vous pouvez si vous le désirez indiquer votre couleur préférée.
Envoyer

GARNIER MASSON

de 2012 à 2017 rien de positif quant à la transition enrgétique! mr hollande de toute façon vous êtes "out "ainsi que votre ex s royale un ministre de l'ecologie d'operette.......

Rachel

Nous avons 4 grands fleuves et autres grosses rivières, et de milliers de kilomètres de côtes Atlantique à fortes marées... où est le développement de l'énergie hydrolienne ?

Selso

Je suis d'accord avec Thierry, chercher à sortir aussi vite du nucléaire et foncer aveuglément dans les énergies renouvelable serait une bévue. Je suis pour la fermeture des réacteurs qui ont fait leur temps et leur remplacement par une alternative, mais il ne faut pas croire que l'on va tous les remplacer avec des panneaux solaire, éolienne, et autre techno. Surtout avec l'arrivée des véhicules électriques.

ÉCRIRE UN COMMENTAIRE
Consultez nos offres d'emploi

VOIR LES OFFRES

Nos valeurs

Nous sommes farouchement indépendants de tout pouvoir politique et économique et sommes financés exclusivement par nos adhérents.

En savoir plus

Relayez nos informations sur les réseaux sociaux

Suivez-nous, réagissez à nos actus et partagez l'information à votre communauté.