Quelle est la position de Greenpeace sur la PAC ?

Agriculture

La Politique agricole commune (PAC) représente 40% du budget européen. La répartition des aides de la PAC est un enjeu crucial car elles contribuent fortement à façonner l’agriculture de demain en Europe.

Un budget à conserver s’il sert vraiment l’environnement

Si la PAC a été à l’origine d’une industrialisation de l’agriculture et notamment de l’élevage, elle constitue aujourd’hui à l’inverse une opportunité d’engager une transition vers un système agricole plus durable. Les moyens financiers sont sur la table, encore faut-il les réorienter de manière efficace et pertinente pour changer de modèle agricole.

Pas d’argent public sans services rendus à la société

La plus grande partie des aides de la PAC est donnée aux agriculteurs indépendamment de la manière dont ils produisent. Il est indispensable de changer de logique pour que l’utilisation de cet argent public soit conditionnée à la mise en œuvre de services utiles à la société, et en particulier au respect de l’environnement.

Une PAC plus « verte » : l’échec de la précédente réforme

Lors de la précédente réforme en 2014, l’objectif était de construire une PAC « plus verte » et « plus juste ». Une enveloppe de 100 milliards d’euros a été débloquée pour mettre en place des mesures écologiques au sein de la PAC. Ces mesures sont regroupées sous un principe de « verdissement » qui doit pousser les agriculteurs européens à se tourner vers une agriculture plus durable et plus éco-responsable. Il s’agissait d’imposer un certain nombre de critères aux agriculteurs afin qu’ils puissent toucher cette aide « verte ». Or, cette mesure est un échec car 95% des agriculteurs remplissaient déjà les critères avant même que la mesure ne soit mise en place.

La PAC contribue encore aujourd’hui à industrialiser notre agriculture et notamment l’élevage. Tant que la PAC ne change pas de cap, l’élevage industriel aura encore de beaux jours devant lui malgré ses conséquences désastreuses sur l’environnement.

 

Quelles sont les demandes de Greenpeace pour la prochaine réforme ?

La prochaine réforme de la PAC doit permettre à l’agriculture, et en particulier à l’élevage, de passer d’un modèle industriel à un modèle écologique. Plus spécifiquement, la prochaine PAC doit répondre à un certain nombre d’attentes :

  • Revoir le système des aides directes, qui sont fournies aux agriculteurs en fonction des surfaces qu’ils possèdent, indépendamment de ce qu’ils produisent et de la manière dont ils le produisent. L’argent public ne doit plus rémunérer les pratiques polluantes.
  • Rémunérer et inciter les pratiques vertes. Le système actuel doit être remplacé par un système où les aides publiques dépendent systématiquement de facteurs sociaux et environnementaux bien spécifiques et ambitieux. La PAC doit inciter à la transition de l’agriculture industrielle et permettre le maintien des systèmes les plus vertueux, en particulier de l’agriculture biologique.
  • Favoriser les filières qui émettent le moins de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, elles sont pourtant moins soutenues que les autres. Il faut en particulier aider les secteurs des fruits et légumes frais ainsi que celui des légumineuses.