- Inside the buildings of the Paris Exhibition Centre, Greenpeace France volunteers disguised as Emmanuel Macron and his bodyguard, walk the aisles to meet visitors to denounce the French president's pro-GMO policy.
A l'intérieur des batiments du Parc des Expositions de Paris, les militants de Greenpeace déguisés en Emmanuel Macron et son garde du corps ont parcouru les allés à la rencontre des visiteurs pour dénoncer la politique du président français très en faveur des OGM.

Agriculture

OGM & nouveaux OGM: parlons des idées reçues!

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Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont refait surface d’une manière fracassante dans le débat public via les nouvelles techniques de génie génétique, ce que les industriels appellent des ”NBT” (new breeding techniques, en français “nouvelles techniques de sélection”). On vous explique ce sujet complexe et à hauts risques et on décrypte ensemble les idées reçues.

Anciens et nouveaux OGM : toujours la même histoire 

Les OGM, c’est quoi ?
Un organisme génétiquement modifié, c’est un organisme vivant dont l’ADN a été bricolé pour le doter de propriétés qu’il ne possédait pas. Aujourd’hui, la création d’OGM sert surtout à rendre une plante résistante à un herbicide ou à lui faire produire elle-même un insecticide.

Et les nouveaux OGM, c’est quoi ?
Des OGM issus de nouvelles techniques : des techniques d’édition du génome. Et donc, tout comme pour les anciens OGM, ces techniques sont utilisées pour modifier le génome d’organismes, que ce soit des végétaux ou des animaux.
La liste de ces nouvelles techniques est longue et variée. Certaines d’entre elles ne sont d’ailleurs plus vraiment “nouvelles”. Elle inclut notamment toutes les techniques d’édition de gènes (ou édition du génome), par exemple CRISPR/Cas9.

Pour en savoir plus, consulter notre rapport sur ces nouvelles techniques

Et donc les NBT produisent des nouveaux OGM ?
Le terme NBT (New Breeding Techniques, en français “nouvelles techniques de sélection ») a été inventé par les industriels pour désigner notamment les techniques d’édition du génome, évitant ainsi de nommer un chat un chat. La Commission européenne les appelle plutôt NGT (New Genomic Techniques, en français “nouvelles techniques de génie génétique”). Ces techniques, plus récentes, permettent de modifier le génome de plantes et d’animaux et donc d’obtenir des OGM, qui sont appelés “nouveaux OGM” pour les distinguer des OGM de première génération.

Et comme il n’y a pas de gènes étrangers, ce sont quand même des OGM ?
Oui. Ce qui compte, c’est le procédé utilisé : s’il y a modification artificielle du génome, le produit est un OGM. La présence d’un gène d’une autre espèce n’est pas un critère pour définir un OGM ou non.

Parlons des idées reçues ! 

Les OGM sont un remède à la faim dans le monde.
La solution à la faim dans le monde, ce n’est pas de produire plus, mais de produire là où il faut, avec des méthodes qui respectent notre environnement. Les OGM ne répondent en rien à ça!
En effet, on produit déjà trop et pourtant la faim est bien là : près d’un milliard de personnes s’endorment chaque jour le ventre vide. Dans le même temps, on produit plus d’aliments qu’il n’en faut pour nourrir les sept milliards d’êtres humains, le gaspillage alimentaire représente 30% de la production mondiale.

Pour en savoir plus, consultez notre rapport sur l’agriculture écologique

Les OGM sont un remède pour faire face au réchauffement climatique.
Les OGM ne sont pas un remède pour 3 raisons : 

  1. Les risques que pose leur dissémination incontrôlée dans l’environnement
  2. Une mainmise accrue des multinationales sur les paysans, à travers les brevets et la dépendance aux produits phyto-sanitaires associés aux semences, portant préjudice à la souveraineté alimentaire.
  3. Les promesses non tenues associées à ces OGM : jusqu’à présent, les OGM effectivement commercialisés qu’ils soient anciens ou nouveaux sont limités à des traits simples, par exemple la résistance à un herbicide.

L’industrie des OGM utilisait d’ores et déjà l’argument de la lutte contre les dérèglements climatiques pour justifier le développement des “anciens” OGM (ceux issus de la transgénèse). Pourtant, force est de constater que les OGM réellement développés n’ont contribué en rien à la lutte contre le changement climatique, à l’inverse des techniques de sélection classiques permettent de sélectionner depuis des années des variétés plus résilientes et plus à même de s’adapter aux changements climatiques. Il y a un vrai enjeu à faire en sorte de favoriser des semences diversifiées plutôt que de promouvoir des semences standardisées qui ne sont pas adaptées aux terroirs.

Les NBT ne visent pas à créer un nombre incalculable de mutation : le but de ces techniques est d’avoir une mutation précise à un endroit connu.
Même si les techniques d’édition du génome sont souvent décrites comme plus précises en termes d’effets intentionnels sur le matériel génétique, des irrégularités ont bels et bien été rapportées et notamment des effets non-intentionnels hors-site, sur le site visé et des réarrangements chromosomiques.
Ces effets peuvent avoir des implications sur la sécurité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et de l’environnement s’ils augmentent les niveaux de composés toxiques, réduisent les niveaux de composition nutritionnelle ou même produisent de nouveaux allergènes. Cela signifie que le niveau de précision plus élevé ne se traduit pas nécessairement par un niveau de sécurité plus élevé.
Vous pouvez consulter par exemple cet article scientifique à ce sujet : Kawall et al 2020.

Pour aller plus loin : Ces nouvelles techniques d’édition du génome consistent généralement à couper lʼADN avec des protéines, appelées nucléases, à un endroit choisi du génome dʼune cellule vivante. Les nucléases, aussi appelées ciseaux génétiques, vont trouver lʼendroit ciblé à lʼaide dʼune portion dʼARN servant de «guide». La cellule répare ensuite lʼincision, ce qui le plus souvent réduit au silence le gène visé (extinction de gène). Cela n’a rien de naturel et c’est très différent de la sélection végétale qui a pour objectif d’accélérer l’apparition de variétés qui auraient pu apparaître naturellement.

Il n’a jamais été prouvé que les OGM avaient une quelconque répercussion sur l’organisme humain.
A l’inverse on n’a jamais non plus prouvé leur innocuité. C’est le principe de précaution qui doit prévaloir. En effet, ces techniques d’édition génomique peuvent conduire à des “erreurs génétiques” en dehors de la modification intentionnelle. Pour aller plus loin, voici, une référence intéressante.

La méthode de production des nouveaux OGM n’est pas dangereuse, ce sont les utilisations qui le sont. De fait, on devrait autoriser la pratique mais surveiller les applications.
La réglementation OGM considère d’ores et déjà les applications au-delà de la question de la technique utilisée. En effet elle liste les techniques concernées mais ensuite c’est une évaluation au cas par cas, pour chaque OGM, qui est faite avant toute autorisation.

Si on n’arrive pas à développer d’OGM qui permettent de lutter contre la faim dans le monde, c’est à cause de Greenpeace qui refuse en bloc les OGM !
Le cadre réglementaire qui s’applique en Europe impose, à juste titre, une évaluation des risques avant d’autoriser la mise en culture ou la commercialisation d’OGM. C’est une application raisonnable du principe de précaution. La recherche sur des OGM à vocation agricole n’est pas interdite ou entravée, tant que les risques de dissémination sont contrôlés. Si les OGM ne se sont pas particulièrement développés en Europe, c’est soit parce que les pouvoirs publics estiment qu’on ignore les risques à long-terme, soit parce que les agriculteurs et/ou les consommateurs ne préfèrent pas les voir se déployer dans nos champs et nos assiettes.

Les produits issus des NBT existent déjà à l’état naturel. Pourquoi est-ce que cela représenterait un danger d’en disséminer davantage dans la nature ?
Les produits issus des NGT n’ont rien de naturels, c’est un mensonge de l’agro-chimie. Ils sont issus de techniques de modification génétique qui ne se produisent pas spontanément dans la nature mais sont bien effectuées en laboratoire. Etant donné que la plupart de ces techniques sont nouvelles, il est impossible d’évaluer pleinement les potentiels effets indésirables d’autant plus qu’elles peuvent également être combinées les unes aux autres et utilisées à plusieurs reprises. La dissémination dans la nature et sans traçabilité de ces produits issus des NGT représente donc un risque important pour la biodiversité.

La plupart des plantes consommées aujourd’hui (et notamment dans l’agriculture bio) sont issues de sélections naturelles ou humaines qui ont entraîné des modifications génétiques. En quoi est-ce différent des New Breeding Techniques ?
Il faut distinguer les sélections et modifications biologiques progressives, menées dans les champs ou à l’échelle de la plante entière, des modifications forcées, menées en laboratoire à l’échelle de la cellule dans le cas des nouvelles techniques de modifications génétiques et en particulier des techniques d’édition du génome.
En effet, les nouvelles techniques d’édition du génome consistent généralement à couper lʼADN à un endroit choisi du génome dʼune cellule vivante. Ce processus peut entraîner des erreurs génétiques, qui représentent un risque pour notre santé et l’environnement. C’est pour cela que nous demandons de soumettre tous les OGM, dont les OGM issus des NGT, à la réglementation OGM afin qu’ils soient soumis à une évaluation préalable et à un étiquetage, et qu’ils ne soient pas disséminés sans traçabilité.

Les OGM, comme le riz doré, permettraient de résoudre la faim dans le monde et de résoudre les problèmes de carences en vitamine dans certains pays d’Asie. Pourquoi vous y opposez-vous ?
Le riz doré est un riz transgénique mis au point par l’industrie des biotechnologies. Il a été génétiquement modifié pour contenir de la provitamine A (bêta-carotène). Ses défenseurs le présentent comme une solution miracle pour lutter contre la carence en vitamine A, un problème de santé publique dans de nombreux pays en développement entraînant parfois la cécité.

Des dizaines de millions de dollars ont été dépensés dans la recherche sur le riz doré. La recherche sur cet OGM accapare des ressources qui pourraient être utilisées plus efficacement pour s’attaquer aux causes sous-jacentes de la carence en vitamine A : la malnutrition, la pauvreté et le manque d’accès à une alimentation diversifiée.
En juillet 2021, les Philippines sont devenues le premier pays au monde à approuver la production du riz doré à des fins commerciales. Greenpeace condamne fermement cette décision. Plutôt que de miser sur ces OGM qui n’ont pas fait la preuve de leur innocuité environnementale ni de leur capacité à effectivement palier aux carences en provitamine, les autorités philippines devraient promouvoir l’agriculture écologique, plus résiliente, plus sûre et plus respectueuse de la santé, de l’environnement et des agriculteurs.

Derrière la justification « humanitaire », le riz doré fait office de “cheval de Troie” pour ouvrir la voie vers une autorisation globale des plantes génétiquement modifiées. L’argument de lutte contre la faim n’est qu’un argument marketing pour tenter de faire accepter les OGM. Les OGM n’ont rien tenu des grandes promesses d’augmentation de rendements agricoles, et donc finalement n’ont en rien contribué à la baisse de l’insécurité alimentaire ou de la malnutrition dans le monde. Ils n’ont tout simplement pas été conçus pour ça…

En refusant de les légaliser en Europe, la recherche est limitée. C’est pour cela qu’on ne trouve pas des OGM qui permettent de sauver le climat ou encore la faim dans le monde.
Greenpeace ne refuse pas de les légaliser : nous demandons simplement à ce qu’ils soient strictement réglementés. Cela suppose une évaluation solide des risques préalable à toute autorisation, ainsi qu’une traçabilité et un étiquetage. Si les OGM ne sont pas autorisés en Europe, c’est simplement parce qu’ils ne passent pas l’étape de l’évaluation des risques.

Pour aller plus loin :  

Si vous souhaitez aller plus loin, voici quelques articles scientifiques et publications techniques.