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OGM & nouveaux OGM: parlons des idées reçues!

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Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont refait surface d’une manière fracassante dans le débat public via ce que les industriels appellent des « NBT  » (new breeding techniques, en français « nouvelles techniques de sélection »). On vous explique ce sujet complexe et à hauts risques et on décrypte ensemble les idées reçues. 

Anciens OGM et nouveaux OGM : c’est toujours la même histoire. 

Les OGM, c’est quoi ?
Un organisme génétiquement modifié, c’est un organisme vivant dont l’ADN a été bricolé pour le doter de propriétés qu’il ne possédait pas. Aujourd’hui, la création d’OGM sert surtout à rendre une plante résistante à un herbicide ou à lui faire produire elle-même un insecticide.

Et les nouveaux OGM, c’est quoi ?
Des OGM issus de nouvelles techniques : des techniques d’édition du génome. Et donc, tout comme pour les anciens OGM, ces techniques sont utilisées pour modifier le génome d’organismes, que ce soit des végétaux ou des animaux.

Et donc les NBT produisent des nouveaux OGM ?
Le terme NBT (New Breeding Techniques, en français “nouvelles techniques de sélection") a été inventé par les industriels pour désigner notamment les techniques d’édition du génome.  Ces techniques, plus récentes, permettent bien de modifier le génome de plantes et d’animaux et donc d’obtenir des OGM, que nous appelons nouveaux OGM pour les distinguer des OGM de 1ère génération.

Et comme il n’y a pas de gènes étrangers, ce sont quand même des OGM ?
Oui,  la définition scientifique et légale d’un OGM s’appuie sur le procédé utilisé pour créer un nouvel organisme et non sur les caractéristiques finales de l’organisme qui en est issu. La présence d’un gène d’une autre espèce n’est pas un critère dans cette définition. Les nouveaux OGM sont donc bien des OGM.

 

Parlons des idées reçues ! 

Les OGM sont un remède à la faim dans le monde.
La solution à la faim dans le monde, ce n’est pas de produire plus, mais de produire là où il faut, avec des méthodes qui respectent notre environnement. Les OGM ne répondent en rien à ça!

En effet, on produit déjà trop et pourtant la faim est bien là : près d’un milliard de personnes s’endorment chaque jour le ventre vide. Dans le même temps, on produit plus d’aliments qu’il n’en faut pour nourrir les sept milliards d’êtres humains, le gaspillage alimentaire représente 30% de la production. 

Les OGM sont un remède pour faire face au réchauffement climatique.
Les OGM ne sont pas un remède pour 3 raisons : 

  1. Les risques de biosécurité que posent ces nouvelles techniques. 
  2. Une mainmise accrue des multinationales portant préjudice à la souveraineté alimentaire. 
  3. Les promesses non tenues associées à ces OGM : jusqu’à présent, les OGM effectivement commercialisés qu’ils soient anciens ou nouveaux sont limités à des traits simples, comme par exemple la résistance à un herbicide.


Les NBT ne visent pas à créer un nombre incalculable de mutation. Le but de ces techniques est d’avoir une mutation précise à un endroit connu.
Même si les techniques d’édition du génome sont souvent décrites comme plus précises en termes d’effets intentionnels sur le matériel génétique, des irrégularités ont bels et bien été rapportées et notamment des effets non-intentionnels hors-site, sur le site visé et des réarrangements chromosomiques. Vous pouvez consulter par exemple cet article scientifique à ce sujet :  Kawall et al 2020

Pour aller plus loin : Ces nouvelles techniques d’édition du génome consistent généralement à couper lʼADN avec des protéines, appelées nucléases, à un endroit choisi du génome dʼune cellule vivante. Les nucléases, aussi appelées ciseaux génétiques, vont trouver lʼendroit ciblé à lʼaide dʼune portion dʼARN servant de «guide». La cellule répare ensuite lʼincision, ce qui le plus souvent réduit au silence le gène visé (extinction de gène). Cela n’a rien de naturel et c’est très différent de la sélection végétale qui a elle pour objectif d’accélérer l’apparition de variétés qui auraient pu apparaître naturellement.

 

Il n’a jamais été prouvé que les OGM avaient une quelconque répercussion sur l’organisme humain.
A l’inverse on n’a jamais non plus prouvé leur innocuité. C’est le principe de précaution qui doit prévaloir. En effet, ces techniques d’édition génomique peuvent conduire à des “erreurs génétiques” en dehors de la modification intentionnelle. Pour aller plus loin, voici, une référence intéressante.

La méthode de production des nouveaux OGM n’est pas dangereuse, ce sont les utilisations qui le sont. De fait, on devrait autoriser la pratique mais surveiller les applications.
La réglementation OGM considère d’ores et déjà les applications au-delà de la question de la technique utilisée. En effet elle liste les techniques concernées mais ensuite c’est une évaluation au cas par cas, pour chaque OGM, qui est faite avant toute autorisation.

 

En refusant de les légaliser en Europe, la recherche est limitée. C’est pour cela qu’on ne trouve pas des OGM qui permettent de sauver le climat ou encore la faim dans le monde.
Greenpeace ne refuse pas de les légaliser : nous demandons simplement à ce qu’ils soient strictement réglementés. Cela suppose une évaluation solide des risques préalable à toute autorisation, ainsi qu’une traçabilité et un étiquetage. Si les OGM ne sont pas autorisés en Europe, c’est simplement parce qu’ils ne passent pas l’étape de l’évaluation des risques. 


Pour aller plus loin :  

Si vous souhaitez aller plus loin, voici quelques articles scientifiques et publications techniques.