Océans : les 6 défis à relever en 2026

1. Des résultats solides pour la première COP Océans

Des globicéphales tropicaux (« dauphins pilotes ») escortent l’Arctic Sunrise lors d’une expédition scientifique en mer des Sargasses, une zone particulièrement sensible qui mériterait d’être classée comme aire marine protégée.
Mai 2024, © Tavish Campbell / Greenpeace

Le Traité mondial sur la haute mer crée un cadre juridique pour poursuivre l’objectif de protéger au moins 30 % des océans d’ici 2030 via la création d’aires marines protégées dans les eaux internationales. La première COP Océans, qui devrait se tenir avant la fin de l’année au siège de l’ONU à New York, sera une occasion de transformer les intentions en plans d’action concrets. Greenpeace, aux côtés de la communauté scientifique, continuera de faire pression pour que cette première COP Océans accélère la préservation des écosystèmes marins les plus vulnérables.
 

2. La création d’un premier sanctuaire marin international

 

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Une première réserve marine internationale pourrait être créée au large de l’Afrique de l’Ouest, dans la zone de convergence des courants des Canaries et de Guinée. Là où ces courants se rencontrent, la vie foisonne. Ce haut lieu de biodiversité joue un rôle clé dans le maintien des stocks halieutiques le long des côtes de l’Afrique de l’Ouest, dont dépendent des millions de personnes. Mais aujourd’hui, cette zone est menacée : d’immenses flottes industrielles étrangères vident la mer, au détriment des pêcheurs artisanaux locaux.

C’est pourquoi Greenpeace Afrique lance une opération baptisée “Sentinelles de la mer”, au cours de laquelle elle ira rendre visite, à bord de l’Arctic Sunrise, aux communautés côtières du Sénégal et de la Gambie. Le but : promouvoir les pratiques de pêche durables, lutter contre la pêche illégale et demander la création d’une réserve marine dans cette zone – la première au titre du traité international récemment entré en vigueur.

3. La fin des forages pétroliers exploratoires dans le Récif de l’Amazone

Le Récif de l’Amazone, qui s’étend au large des côtes du Brésil et de la Guyane, est un écosystème d’une richesse exceptionnelle encore largement méconnu. Greenpeace l’a exploré pour la première fois en 2017, à bord de l’Esperanza, révélant des images inédites de ce trésor sous-marin. Une autre expédition, menée en 2019 en collaboration avec des scientifiques du CNRS, a permis d’identifier la présence d’une mégafaune marine exceptionnelle et d’effectuer les toutes premières plongées à une centaine de mètres de profondeur dans le récif. Les images et échantillons collectés lors de ces expéditions constituent autant de preuves scientifiques de la valeur inestimable de cet écosystème – et de la nécessité de le protéger.

Ce récif est pourtant menacé. L’embouchure de l’Amazone est convoitée de longue date par les grandes compagnies pétrolières – dont Total, qui avait finalement renoncé à ses ambitions en 2020 après une mobilisation internationale massive. Mais Petrobras, la compagnie pétrolière brésilienne, n’a rien lâché : en octobre 2025, malgré les alertes des scientifiques, des communautés autochtones et des organisations environnementales, elle a finalement obtenu de l’agence environnementale brésilienne le permis d’exploration qu’elle attendait depuis près de cinq ans. Or une marée noire dans la région serait catastrophique pour la faune et la flore du récif, mais aussi pour les côtes et les populations locales.

Le récif mésophotique de l’Amazone, capturé à 100 mètres de profondeur.
Septembre 2019, © Alexis Rosenfeld / Olivier Bianchimani / Greenpeace

La suite a rapidement confirmé nos craintes : moins de trois mois après l’octroi du permis, une fuite de fluide de forage a été enregistrée sur un puits de Petrobras. Greenpeace Brésil s’est associée à huit autres organisations de la société civile (issues des mouvements environnementaux, autochtones, quilombolas et de la pêche artisanale) pour engager une action en justice dans l’État de l’Amapá afin d’obtenir l’annulation de ce permis, au nom du principe de précaution, du droit des communautés locales à être entendues et de la protection d’un des écosystèmes marins les plus sensibles de la planète.
 

4. Une véritable défense des aires marines protégées françaises

À bord du Witness, Greenpeace documente les activités de méga-chalutiers dans des AMP de la Manche.
Décembre 2024, © Pierre Larrieu / Greenpeace

Malgré leur nom, les aires marines protégées (AMP) françaises sont loin d’être à la hauteur : des activités destructrices comme la pêche industrielle continuent d’y être autorisées, alors qu’elles sont censées être des refuges pour la biodiversité.

Même si la France aime se vanter d’être une championne de la préservation des océans avec plus de 33 % d’espace maritime classé en AMP, la réalité est bien différente : 98,4 % de ces zones autorisent des pratiques qui détruisent les écosystèmes. Quelques interdictions existent bien, comme celle du chalutage électrique, mais elles ne suffisent pas.

Face à cette situation, une révision complète des aires marines protégées devient urgente :

Les AMP ne doivent plus être des vitrines vides de sens. Elles doivent devenir de véritables refuges pour les océans et la biodiversité marine.

5. Un moratoire contre l’exploitation minière des grands fonds

Billie, la pieuvre géante de Greenpeace, est exposée devant le Centre Pompidou à Paris pour alerter le public sur les dangers de l’exploitation minière des fonds marins.
Novembre 2024, © Jérémie Jung / Greenpeace

La réunion annuelle de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), prévue en mars, pourrait déboucher sur l’adoption de règles ouvrant la voie à l’exploitation minière des grands fonds – une activité susceptible de causer des dommages irréversibles à des écosystèmes encore assez mystérieux pour les scientifiques. En juillet 2025, 38 États se sont prononcés en faveur d’un moratoire lors de la session annuelle de l’AIFM : un signal fort et inédit. Cette dynamique doit tenir, d’autant que la pression est forte : The Metals Company, une entreprise minière canadienne, cherche à contourner purement et simplement le processus international en demandant directement au gouvernement américain l’autorisation d’exploiter les fonds de l’océan Pacifique, sans attendre l’issue des négociations de la communauté internationale.
 

6. Un traité contre la pollution plastique

Greenpeace et l’artiste-activiste canadien Benjamin Von dévoilent une installation artistique sur les quais de Seine lors des négociations internationales sur le traité plastique, à Paris. Le message : il faut fermer le robinet de la production des déchets plastiques.
Mai 2023, © Noemie Coissac / Greenpeace

La pollution plastique est reconnue comme l’une des principales menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins, avec des effets sur la santé humaine comme sur celle des océans. La finalisation du Traité mondial contre la pollution plastique a été suspendue l’année dernière. Lorsque les négociations reprendront dans le courant de cette année, les gouvernements devront parvenir à un accord ambitieux qui s’attaque non seulement aux déchets plastiques mais aussi à la production de la matière première.