Paris, le 16 avril 20009. Selon les éléments du dossier d’instruction do

Climat

Nouvelles révélations dans l’affaire EDF/Greenpeace : que fait M.Borloo ?

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Paris, le 16 avril 20009. Selon les éléments du dossier d’instruction dont Greenpeace a pris connaissance et d’autres révélés par Mediapart ce matin, l’espionnage ordonné par EDF à l’encontre de Greenpeace remonte au moins à 2004 et impliquait toutes sortes d’opérations de surveillance, physiques comme informatiques. Il ressort également du dossier qu’EDF s’est intéressée aux activités de Greenpeace au Royaume-Uni, en Belgique et en Espagne.
Devant l’extrême gravité de ces nouveaux éléments, Greenpeace demande à M.Borloo, ministre de tutelle d’EDF, de suspendre son PDG, M.Gadonneix, et de mettre en place une commission indépendante d’évaluation de l’industrie nucléaire en France. Le gouvernement français se doit de remettre à plat un système énergétique qui appelle naturellement à de telles dérives.
Greenpeace, partie civile dans cette affaire, est par ailleurs auditionnée cet après-midi à 16h par le juge d’instruction Cassuto à Nanterre.

« Appui opérationnel… »
Au moins deux contrats ont été signés entre EDF et Kargus Consultants en 2004 puis en 2007 portant sur des missions à l’année « d’appui opérationnel à la veille stratégique sur les modes d’action des organisations écologistes ». Il est clair que cet « appui opérationnel » impliquait des rapports réguliers par Kargus à EDF sur les activités de Greenpeace issus de la surveillance rapprochée voire de l’infiltration de l’activité de l’association. En 2004, la prestation de Kargus pour ce travail a été facturée plus de 13 000 euros par mois, soit plus de 120 000 euros au total.
Il apparaît également qu’EDF était bien au courant, voire prescriptrice des opérations illégales de pénétration informatique. Des mois après le hacking de septembre 2006, tout au long de l’année 2007, l’opérateur d’électricité a continué de bénéficier de l’appui de Kargus Consultants.

« Ces contrats sont-ils les seuls ? s’interroge Pascal Husting, directeur de Greenpeace France. EDF a-t-elle recours avant 2004, entre-temps ou encore aujourd’hui à Kargus ou à d’autres officines pour surveiller l’activité des organisations écologistes ? Comment peut-on faire confiance à une entreprise publique qui consacre une partie de ses ressources à faire espionner ses détracteurs par des barbouzes ? Greenpeace se bat pour ouvrir le débat sur le nucléaire en France, EDF manigance et espionne pour le fermer ! »

Il ressort également du dossier d’instruction que EDF s’est intéressé de près aux activités des bureaux de Greenpeace dans différentes pays européennes, Royaume-Uni, Espagne et Belgique, des pays dans lesquels EDF a de grandes ambitions commerciales. Les autres bureaux de Greenpeace en Europe étudient la possibilité de se joindre à la procédure légale en France.

La responsabilité du PDG d’EDF
Greenpeace attend maintenant que la responsabilité d’EDF et de sa hiérarchie soit entièrement établie. « De deux choses l’une, observe Pascal Husting. Ou bien M. Gadonneix n’était pas au courant de ces pratiques, ce qui serait très inquiétant, ou bien, comme c’est le plus probable, il l’était et c’est alors tout à fait inadmissible ! Dans les deux cas, on se demande ce qu’il fait à un poste d’une telle responsabilité !»

Que fait M. Borloo ?
« Si les choses étaient vraies, dans quel pays vivrait-on ? » se demandait le 31 mars, lors de l’explosion de cette affaire, M.Borloo, ministre de l’environnement et ministre de tutelle d’EDF, remarque Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. La réponse tombe sous le sens : on vit au pays du tout nucléaire, au pays où EDF et Areva sont rois, au pays ou le Président de la République, M.Sarkozy, peut décider sur un simple coup de tête, sans la moindre consultation ni expertise économique, de la création d’un 2e réacteur EPR, au pays ou les intérêts d’EDF et d’Areva guident ceux du gouvernement !

Greenpeace demande à EDF de rendre public tous les contrats de « veille stratégique » passés et actuels à l’encontre de ses détracteurs.

Greenpeace demande à M.Borloo de suspendre de ses fonctions le PDG d’EDF.

Greenpeace demande au gouvernement français de mettre en place une commission démocratique indépendante d’évaluation de l’industrie nucléaire en France. Une remise en cause du système énergétique qui appelle naturellement à de telles dérives s’impose.

Affaire d’espionnage : c’était écrit ! Visionnez une ancienne publicité d’EDF





Commentaires (29)

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Maxime

Bonjour à vous, Transparence : si les associations étaient absentes, c'est parce qu'elles ont refusé de participer. Pour le cas de GDF/Suez, je ne vois pas de problèmes : l'habilitation pour les documents confidentiels ou secret défense peut être obtenue par des personnes du secteur privé (on le voit notament chez DCNS pour la construction des sous-marins nucléaires par exemple, et je pense que c'est la même chose pour l'arment en général ie. Dassault). Les déchets sont de toute façon gérés par l'ANDRA, une agence nationnale, bien que l'exploitant garde la responsabilité des déchets et paye pour leur gestion. Je me permet de rappeler au passage que GDF SUez gère, via sa filiale Electrabel, 7 centrales en Belgique. Pour ce qui est du coup des études, si vous parlez des EPR Français, AREVA à payé une grande partie des études de conception (amorties sur plusieurs réacteur bien entendu) et le reste EDF. Démocratie : Moi aussi j'aimerais bien une démocratie comme ça m'arrange ! De plus des questions orientées du genre "Considérez-vous que les déchets radioactifs ne soient pas polluants?" n'ont aucun lieu d'être ! Des déchets sont forcément polluants ! La même question est possible avec n'importe quelle industrie ou même les déchets ménagers... vous voulez aussi un référendum ? Pour la dernière question vous jouez sur le syndrome "not in my backyard". C'est un peu facile vous ne croyez pas ? Essayez avec voulez vous une éolienne dans votre jardin et on en reparle. Enfin je trouve que vous allez un peu vite dans votre définition de l'oligarchie car même si l'annonce est faite par le président, cela ne dispense pas de passer par les autres institutions (par exemple parmis d'autres le décret d'autorisation de création passe devant l'assemblée...).

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richard

Bonjour, - Transparence : le débat public E.P.R., de 2006, dont 5 sur 6 associations étaient, finalement, absentes, a été, a priori, commandité après la décision de fabriquer le 1er réacteur. La fabrication du troisième réacteur ne doit-elle pas être confiée à la société privée G.D.F. / SUEZ? Alors comment va s'appliquer le fameux " secret défense " et comment vont être gérés les déchets radioactifs? Pour l'instant qui paye les études et la réalisation des 2 premiers réacteurs? - Démocratie : pouvons-nous parler de démocratie, quand une décision aussi importante que celle de fabriquer ce type d'installation à hauts risques et qui génère des déchets à TRES TRES longue durée de vie ( des centaines de générations sont concernées ), n'est prise que par une seule personne. Ne doit-on pas plutôt parler d'oligarchie? Ce problème doit nécessairement être soumis à référendum. Voici une proposition de questionnement pour ce référendum : - Etes-vous pour la fabrication d'électricité à partir des centrales nucléaires? - Considérez-vous que les déchets radioactifs ne soient pas polluants? - Etes-vous d'accord pour que le stockage des déchets radioactifs se fasse sur votre commune? Il faut une réponse affirmative à ces 3 questions, pour que le choix du nucléaire soit validé.

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Maxime

Pour Richard : Certes tout aurait du être transparent à l'époque, mais ce n'était pas la cas. Le plus étrange c'est que la transparence à même fait des progrès (entre autres grace à la mise en place de l'ASN) ! Ensuite passer du public au privé est tout de même un bien grand mot : l'état possède encore 84,7 % d'EDF... pas si privé que ça ! Pour finir deux questions : - Vous parlez à tour de bras de transparence... que voulez vous donc entendre ou savoir ? A quelle information (sans rentrer dans le débat du secret défense) n'avez vous pas accès ? - Respecter la démocratie... je ne vois pas en quoi celle-ci n'est pas respectée. Que cela nous plaise ou non, nous avons élu des représentants pour un mandat, afin qu'ils prennent pour nous des décisions.... ou alors vous proposez de changer la constitution !

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