[ACTION] : Greenpeace relooke un train radioactif en gare de Vierzon

Nucléaire

Vierzon, le 12 juin 2019

Cet après-midi, en gare de Vierzon, des activistes de Greenpeace France ont repeint cinq cuves d’un train radioactif chargé d’uranium de retraitement. A l’aide d’extincteurs, ils ont aspergé le wagon de peinture orange fluo, après y avoir apposé un logo radioactif géant. Avec cette action, Greenpeace entend dénoncer la fréquence des convois radioactifs qui sillonnent la France tous les jours et le défaut d’information qui les entoure en dépit des risques.

Action de Greenpeace sur un convoi radioactif en gare de Vierzon. Photo : Jérémie Jung

Action d’activistes de Greenpeace en gare de Vierzon, sur un convoi radioactif, le 12 juin 2019.


« Aujourd’hui, nous avons souhaité focaliser l’attention sur tous ces déchets et matières radioactives qui passent sous notre nez quotidiennement à notre insu. L’ASN recense 19 000 convois radioactifs par an présents sur les axes routiers ou ferroviaires, dont 200 de combustibles usés et 100 de plutonium qui sont les plus dangereux », déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne sur le nucléaire à Greenpeace.

Le train marqué par Greenpeace, en provenance de Valognes, est arrivé en gare de Vierzon à 16h50. En l’espace de quelques minutes, les activistes ont procédé au « relooking » et déroulé deux banderoles « déchets nucléaires : ça déborde » et « déchets nucléaires : ils sont partout » pour signifier l’accumulation de déchets et matières nucléaires sur le territoire. Chargé d’uranium de retraitement issu de l’usine Orano de la Hague, le convoi a pour destination finale l’usine de Pierrelatte dans la Drôme.

« Ce train est parti ce matin du Cotentin, il a déjà traversé plusieurs gares d’agglomérations comme celles de Caen, Le Mans et Tours avant d’arriver à son terminus : l’usine de Pierrelatte dans la Drôme. Là-bas, 32 000 tonnes d’uranium de retraitement s’entassent déjà et les autorités prévoient que le site sera saturé d’ici 2021 !

Voilà ce qu’il advient réellement des 95 % de matières radioactives soit-disant recyclables : rien, si ce n’est une réalité bien embarrassante pour l’industrie nucléaire qui ne sait plus quoi en faire [1]. Il est donc temps de considérer ces ‘matières’ comme ce qu’elles sont : des déchets nucléaires polluants », poursuit-il.

Alors qu’un débat public sur la gestion des déchets et matières nucléaires a lieu en ce moment, Greenpeace porte plusieurs revendications parmi lesquelles l’abandon de la politique de retraitement qui permettrait de réduire le nombre de déchets et de transports dangereux.

« Le retraitement n’a plus aucun fondement ni économique ni technologique. Sur la scène internationale, la France est isolée dans cette politique. Y mettre un terme est une question de bon sens », conclut Yannick Rousselet.

Les demandes de Greenpeace France :

  • Renoncer au projet d’enfouissement profond Cigéo et privilégier d’autres options, comme le stockage à sec en sub-surface.
  • Mettre un terme au retraitement du combustible usé, qui multiplie les risques.
  • Mettre fin aux transports nucléaires inutiles (notamment ceux liés au retraitement) et interdire les passages en zone de concentration urbaine.
  • Comptabiliser les « matières radioactives » non réutilisées dans la liste des déchets nucléaires d’EDF.
  • En priorité : cesser de produire des déchets nucléaires en planifiant une sortie du nucléaire qui s’appuiera sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement d’énergies renouvelables, selon des scénarios compatibles avec la lutte contre le changement climatique.

Photos et vidéos sont disponibles.

[1] Selon un rapport de l’HCTISN, moins de 1 % des combustibles usé est ré-utilisé.





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