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Climat

Dharnaï, la possibilité de l’électricité solaire pour les villages indiens

Dans un pays où les énergies fossiles sont la principale source d'électricité, Dharnaï est le premier village indien à être alimenté à 100% en énergie solaire. Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, s'est rendu sur place.

© Greenpeace / Suman


En Inde, environ 350 millions de personnes vivent sans électricité ou avec un accès très limité. L’Etat du Bihar, dans le nord-est, est l’un des plus pauvres du pays. Près de 90% des habitants vivent dans des villages isolés et sont privés de tout accès au réseau électrique. Pourtant, la région alimente le pays entier en charbon. Mais quasiment toute la consommation électrique du pays est absorbée par les méga centres urbains que sont Delhi, Calcutta ou Mumbai. Les régions rurales sont alors plongées dans l’obscurité. En 2010, le mix électrique de l’Inde était de 14,5% de renouvelables, 2,5% de nucléaire et 67 % de charbon, pétrole et gaz.

En 2009, une coalition d’associations emmenée par Greenpeace s’est établie dans cet état pour promouvoir les systèmes décentralisés reposant sur les énergies renouvelables. L’objectif était d’apporter l’électricité aux populations les plus éloignées des grands centres urbains sans avoir besoin d’installer des lignes électriques et des infrastructures aux coûts prohibitifs. La seule solution est d’installer des petites unités de production d’électricité à base de renouvelables à proximité des lieux de vie des habitants, évitant ainsi d’avoir à installer des kilomètres de câbles. Ce micro-réseau permet de relier ensemble les maisons mais aussi tous les commerces et les administrations. Le système fonctionne en circuit fermé et est totalement autonome, indépendant de la production centrale d’électricité.

En mai 2012, Greenpeace a publié un rapport expliquant que la seule option pour développer cette région peu industrielle était d’apporter le courant dans les 19 000 villages qui en sont privés. L’organisation ajoutait que cela représentait un investissement de 5 milliards de dollars. Lors d’une rencontre, le ministre en chef de l’Etat, Nitish Kumar, a indiqué qu’il y était prêt mais que les habitants doutaient du potentiel des énergies renouvelables. Il a proposé à Greenpeace et une coalition d’associations de mettre en place un projet test et promis de le répliquer si le résultat était concluant.

Le premier village indien qui sort de l’obscurité grâce à l’énergie solaire

Le 10 juillet 2014, après seulement deux mois d’installation, l’électricité était une réalité pour les 2400 habitants de Dharnai.

Le village est devenu le premier en Inde où toute l’électricité est produite à partir de l’énergie du soleil. Environ 450 maisons, 50 commerces, deux écoles ainsi qu’un centre dédié à la formation et à la santé sont raccordés à 280 panneaux photovoltaïques installés à proximité du village. Chaque jour environ 350 kWh sont produits et stockés dans des batteries. En soirée, les lampadaires publics s’éclairent, ainsi que les lumières et maisons et des commerces. Avec l’aide du Centre for environment and energy development, organisation indienne qui vise à développer les solutions d’énergie renouvelables décentralisées, Greenpeace avait rempli sa part du contrat en montrant que les renouvelables pouvaient produire suffisamment de courant pour alimenter le village, et surtout que ce micro-réseau rétablissait un peu de justice et d’équité dans le domaine de la précarité énergétique.

Le ministre en chef s’est déplacé jusqu’au village à Dharnaï pour discuter avec les habitants. Ils ont pu lui expliquer à quel point le micro-réseau avait changé leur vie et offrait un nouveau développement possible à leur région. Il s’est engagé à son tour à mettre en place le même système dans 48 villages dans un premier temps, puis d’élargir à 800 ensuite. Les habitants de Dharnai et des villages voisins veulent y croire.

Au-delà même du cas de l’Inde, Dharnaï est une expérience pilote qui démontre que les renouvelables sont à la fois la seule solution pour le climat, mais aussi une option locale, fiable, gérée par les habitants, et déployable en peu de temps dans les pays en développement.

Cette forme d’énergie est garante d’un développement réellement indépendant des centrales à charbon ou nucléaires, trop souvent posées comme la seule option par les pays développés.

Commentaires (21)

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Martine 44

Aux infos de ce jour, l'Inde passe commande d'un (ou plusieurs...) réacteurs nucléaires à AREVA... Il semble que le lobby du nucléaire ait réussi son coup contre les énergies renouvelables ! Peut-être que l'Inde ne veut pas aller plus loin dans l'aventure ?

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Montjoie

Bravo pour cette très belle action! Mais non réalisable en france avec notre excessive consommation électrique. Pour être écolo il faut consommer moins! c'est l'unique moyen. Hors de question d'installer 16M2 de panneaux solaires (et je ne parle pas des batteries) par habitation pour satisfaire nos besoins démesurés d'énergie. Dans ce village il y a 450 habitation et 50 commerces donc 500 "bâtiments " pour une consommation totale de 350KWh par jour, ce qui fait 0,7KWh par jours! qui dit mieux?

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claudine viard

Je suis allée très récemment en Allemagne du Sud où on voit de très nombreux panneaux solaire (photovoltaïque et thermique). Ils sont sur les toits des maisons, des églises, des fermes, des bâtiments abritant des activités artisanales ou industrielles. Ils sont adaptés à la forme du toit des constructions existantes: ils sont fixés sur le toit ou inclinés de façon à capter le maximum de rayons possibles. Ils ne sont pas au sol. Ils n'entrent pas en concurrence avec les cultures. N'y a t'il pas en Inde des constructions en dur dont les toits pourraient recevoir ces installations? Des bâtiments publics ou collectifs? des écoles, des lieux de culte????Qu'est ce qui empêche d'utiliser ces constructions?

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