Un trésor climatique déjà menacé C’est ce qu’a permis de découvrir l

Forêts

Climat : le trésor de la forêt du Bassin du Congo

Environ trois années d’émissions mondiales de combustibles fossiles : voilà ce que retient la tourbière géante récemment découverte dans la forêt du Bassin du Congo. Soit un gigantesque puits de carbone de plus de 145 500 km2. Composée des résidus forestiers accumulés au fil des siècles sur le sol, ces tourbières n’emprisonnent pas moins de 30 milliards de tonnes de carbone.

Un trésor climatique déjà menacé

C’est ce qu’a permis de découvrir l’expédition menée par Greenpeace Afrique avec plusieurs scientifiques. Les résultats ont été dévoilés sur l’Esperanza, navire de la flotte de Greenpeace, qui a croisé dans les eaux d’Afrique centrale et mouillé aux ports camerounais de Douala et congolais de Matadi pour sensibiliser les populations aux enjeux de la protection de la forêt, renforcer le dialogue avec les autorités politique et mobiliser les communautés locales qui souffrent directement de la déforestation qui décime la seconde forêt tropicale du monde.

Des experts du Bassin du Congo anglais et congolais prélèvent des échantillons de tourbe. Une équipe de Greenpeace Afrique travaille avec les acteurs locaux pour faire avancer cette recherche scientifique. Objectif : identifier la présence de tourbières tropicales dans la région et mesurer leur profondeur.

Des experts du Bassin du Congo anglais et congolais prélèvent des échantillons de tourbe. Une équipe de Greenpeace Afrique travaille avec les acteurs locaux pour faire avancer cette recherche scientifique. Objectif : identifier la présence de tourbières tropicales dans la région et mesurer leur profondeur.

A l’heure de la COP 23 et du cri d’alarme sans précédent de la communauté scientifique mondiale, la protection de cette tourbière est indispensable pour relever le défi climatique. En effet, les appétits de l’industrie forestière risquent de la mettre en péril. En République démocratique du Congo, sur un total de 57 concessions forestières dédiées à l’industrie du bois, au moins 29 sont illégales (soit cinq millions d’ha). Or ces concessions illégales chevauchent environ 650 000 ha de forêts marécageuses de tourbière contenant du bois dur, recherché par les industriels.

Greenpeace travaille avec les communautés locales en RDC pour développer des alternatives à l’exploitation forestière destructrice et préconise que la forêt du Bassin du Congo soit protégée en conservant un moratoire de 15 ans sur l’attribution de nouvelles concessions d’exploitation forestière. La récente découverte des tourbières ajoute au besoin urgent de trouver des voies de développement qui amélioreront radicalement les moyens de subsistance et le bien-être des populations locales sans compromettre l’intégrité de l’écosystème.

Le gouvernement congolais sur la mauvaise pente

Malheureusement, le gouvernement congolais fait fausse route. Il s’est réuni à Kinshasa le 10 novembre pour lancer un processus qui conduirait à la destruction de vastes zones de la forêt congolaise, en violation de sa propre loi forestière et d’un décret présidentiel.

La réunion, convoquée par le ministère congolais de l’Environnement et du Développement durable, avait en effet pour but officiel d’entamer un processus de travail qui mènerait à la levée du moratoire de 2002 sur l’attribution de toute nouvelle concession forestière – après plusieurs violations caractérisées révélées par Greenpeace. C’est pourtant ce moratoire qui a contribué à limiter tant bien que mal la destruction de la forêt congolaise ces dernières années.

Dans ce contexte, les efforts fournis par la communauté internationale visant à l’amélioration de la gouvernance forestière en RDC, à travers la collaboration et le financement du gouvernement congolais pour protéger ses forêts et ses tourbières, seraient discrédités, au même titre que le leadership de la RDC pour la Coalition des Nations des Forêts tropicales humides, un effort diplomatique international pour préserver les forêts tropicales.

Nous appelons donc le gouvernement de la RDC à renoncer à son projet de lever le moratoire sur l’exploitation industrielle des forêts, à déclarer le maintien du moratoire et à annuler et publier les informations relatives à tout accord passé avec des sociétés concernant l’allocation de nouvelles concessions. Nous encourageons également la communauté internationale à soutenir le gouvernement de la RDC pour l’annulation immédiate des cinq millions d’hectares de concessions forestières actuellement exploités sans plan de gestion, et donc en situation d’illégalité.





(Crédits photographiques : © Kevin McElvaney / Greenpeace)
Commentaires (2)

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francois

hum-hum .... remettons les pendules à l'heure: Simon Lewis (Université de Leeds) et son étudiante en thèse Greta Dargie ont découvert cette mega-tourbière déjà en 2012, et ensuite le prof. Lewis a organisé avec d'autres scientifiques une première grande expédition là-bas en mars et avril 2014. Tout ceci est bien expliqué dans un article "grand public" de: http://www.independent.co.uk/environment/how-we-discovered-the-world-s-largest-tropical-peatland-deep-in-the-jungles-of-congo-a7525196.html

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CARRERE

Ne serait-il pas possible de gérer biologiquement ces forêts tropicales pour le bénéfice de Tous à court, moyen et long terme. Certes, à court terme, les exploitants forestiers, font et feraient de gros bénéfices en arrachant, à grands coups de bulldozzers, les arbres, mais en détruisant l'humus et les tourbes et créant un déséquilibre climatique et un appauvrissement des terres. Par contre, serait-il possible de cultiver éco-biologiquement la forêt comme dans les pays tempérés? Sous forme de cultures entourées de haies? N'enlever qu'un arbre tous les 40 ans (en France, 1 arbre est adulte en moyenne tous les 40 ans) et en resemer ou planter 1 ou plus, sitôt après) ? Certes, c'est plus difficile, mais cela crée de l'emploi (1 chômeur, en France revient 2 fois plus cher à la Société qu'un SMICARD, d'après l'INSSE et Jacques CHIRAC...Je tiens à votre disposition les explications de cette assertion et des témoignages d'un ancien Président d'une Asso, pendant 7 ans, qui a essayé d'aider des "chômeurs" (jusqu'à 400 / an avec une 20e de salariés, cadres ou en insertion eux-mêmes)? Lors de la récolte "écobiologique" du bois, "à la hache et la tronçonneuse" on ne détruis pas l'humus, car on ne chamboule pas les vies aérobies et anaérobies. D'autre part, on peut séparer, grosses branches, moyennes et petites, les habitants locaux peuvent en exploiter certaines écorces (lapacho, en Amérique du Sud, par ex.) des feuilles, des fleurs, des fruits...et la plus grosse partie des petites branches et des feuilles peut-être méthanisé avec des résidus d'abattoirs, de laiterie, d'un tiers de coupes de légumineuses...On peut ainsi produire l'équivalent de 2 tonnes / hectare de pétrole sous forme de méthane qui pourrait être collecté et/ou mis en bouteille ce qui serait une richesse pour les pays. En plus, ce gaz CH 4 produit, en brûlant, libère du C, qui se combine à l'oxygène de l'air pour faire du CO2 et l'hydrogène de l'eau (4 H2O). Il ne remet dans l'air et la nature que ce que les plantes ont absorbé: le bilan CARBONE est donc nul. En plus, lors de cette opération on fabrique du compost qui va enrichir les sols et faire des économies sur certains fertilisants issus du pétrole. Enfin, les plantes ainsi cultivées sont plus résistantes aux insectes et maladies... Et je n'en finirais pas de parler de tous les bénéfices d'une culture "écobiologique" sans oublier la plus importante: une relation plus pacifique et harmonieuse entre tous les habitants de la terre (Hommes, animaux, plantes...) Ne nous plantons pas mais plantons (ou semons) des arbres! Gabriel CARRERE, Biologiste depuis 1968

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