Ce samedi 25 mai s'est tenue la journée citoyenne du débat national sur la tra

Climat

Alerte enlèvement : le débat national sur la transition énergétique

Ce samedi 25 mai s’est tenue la journée citoyenne du débat national sur la transition énergétique, dans 11 régions métropolitaine et 3 d’outre mer. Entre 100 à 150 personnes par région, tirées au sort, étaient invitées à donner leur avis autour des grands thèmes du débat. Consciente que cette journée citoyenne et que ce débat national sur la transition énergétique ne bénéficiaient que d’un écho faible, Greenpeace a souhaité mobiliser.

Un débat « national » qui reste confidentiel …

Les ambitions du ministère sont pourtant affichées : campagne d’adwords sur Google, compte Twitter et page Facebook … À l’écran, le Gouvernement communique. On ne peut que regretter que ces campagnes d’information, et d’invitation à participer ne soient présentes que sur le web. Dans la vraie vie, il en est autrement : pas d’affiches, pas de campagnes radios, pas de spots télé … Pourtant, lorsque le sujet l’impose (Impôts, Santé) le Service d’Information du Gouvernement et les ministères financent des campagnes de publicité (ou d’information, c’est selon… )

Screenshot from 2013-05-27 16:58:52

Résultat ? Un ministère discret, des médias peu mobilisés (une vingtaine d’articles recensés en 15 jours ! ) et des Français qui n’entendent pas parler d’un débat pourtant présenté comme « national ». Un état de fait qui apparaît d’ailleurs dans les résultats mis en ligne par le ministère ce samedi : 71% des personnes interrogées ne connaissaient pas ou peu le sujet « transition énergétique » avant la journée.

Le débat sur la transition ne doit pas être cantonné à la Défense, siège d’Areva, de Total, d’EDF … Tous les sujets doivent être abordés !

Collèges d’experts, discussions techniques… Greenpeace a voulu donner des outils aux citoyens, et une dimension plus globale au sujet de la transition énergétique. Car, pour nous, les citoyens doivent pouvoir participer au débat national sur la transition énergétique pleinement. Sans trucages.

Nous avons donc proposé des outils pour appuyer notre discours, l’étayer, en faire la preuve :
“Le Projet E” ou la transition électrique pour sortir du nucléaire en 4 quinquennats. Visualisez et explorez la transition dans le temps, dans les moyens, dans les opportunités. www.greenpeace.fr/E
➤ L’Abécédaire de la Transition Énergétique, pour décrypter en quelques clics tous les enjeux de la transition énergétique, en comprendre les termes clés. www.greenpeace.fr/abc-transition
➤ Et un rapport en infographies : les cinq centrales nucléaires à fermer en priorité, pourquoi et comment ! www.greenpeace.fr/fermez-les

Energie

Nous avons également interpellé directement les participants à la réunion du « Conseil National du Débat sur la Transition Énergétique » quai de Grenelle, et les citoyens tout au long de la journée jeudi, de la Défense (siège du ministère et des grands groupes énergéticiens) à Montparnasse (troisième gare en 2011 avec 26,5 millions de voyageurs)

Le nucléaire, tabou ou confidentiel ?

Quand on débat de la transition énergétique dans le pays le plus nucléarisé du monde, on doit aussi parler des risques et des coûts réels du nucléaire. Or, ce sujet est LE grand absent des débats en cours … Par exemple, dans le questionnaire soumis aux participants Samedi, dans la liste des raisons justifiant de la transition énergétique, le nucléaire (risques, coûts …) ne fait pas partie des réponses proposées !

Pour l’heure, ces sujets sont absents des discussions et des documents donnés aux citoyens. Pour comparer les scénarios énergétiques pour les années à venir, les coûts, bénéfices, avantages et inconvénients de chaque trajectoire, tout doit être mis sur la table. Y compris les nombreux défauts du nucléaire.

Et les citoyens des panels ?

Greenpeace était présente à l’entrée des débats dans plusieurs villes : Toulouse, Strasbourg et Paris, ainsi que Rouen, Metz, Lyon … L’accueil réservé par les participants (et les organisateurs!) de nos documents a été très positif.

Il nous a été très difficile de connaître les lieux de débat … Ces informations étaient jalousement gardées par les organisateurs … Une surprise à Clermont-Ferrand  : impossible d’accéder à l’entrée du lieu, même pour distribuer nos outils à l’entrée … Les accès étaient sécurisés comme pour une réunion internationale ! A Lyon, il semble que le débat ait accueilli peu de participants.

Pour un débat revendiqué comme national et citoyen, la confidentialité était manifestement de mise !

Notons que l’analyse des premiers éléments bruts mis en ligne par le ministère apporte des indices intéressants :
pour les citoyens interrogés, la première justification de la transition énergétique est la protection de l’environnement et l’indépendance énergétique. La transition est largement considérée comme une chance pour l’environnement, et l’emploi. Parmi les effets attendus de la transition énergétique à terme : la création d’emploi, la relocalisation de la production et de la consommation d’énergie dans les bassins de vie.
Parmi les grandes décisions à prendre, celles qui apparaissent les plus importantes sont le lancement d’un vaste programme de recherche et développement au niveau national et européen, la réorientation des investissements vers les énergies renouvelables et l’introduction d’une fiscalité écologique et incitative .

C’est la consommation d’énergie qui était mise en avant dans le questionnaire. La production, elle, était clairement l’hôte discrète… De plus, notons que lorsque la dépendance énergétique est évoquée, seules les énergies fossiles, et notamment le pétrole sont citées. Rien sur les importations d’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales, pourtant importé à 100 % de pays comme le Niger…

Quel rôle pour les citoyens dans la trajectoire énergétique de la France ?

Enfin, dans les questions concernant le sentiment des citoyens sur le débat, on peut noter qu’ils se déclarent majoritairement satisfaits de la journée … Mais, interrogés sur l' »utilité » des contributions citoyennes, ils sont 42% à marquer leur doute en répondant :  « je ne sais pas » ou « pas du tout »  pour le niveau local et 51% à exprimer la même incertitude sur la prise de décision au niveau national.
Manque de confiance dans les institutions ? Résignation ? Doute ? Expression de l’impuissance ?

Ces résultats marquent la volonté des citoyens de s’impliquer … Mais aussi leur résignation face aux processus de décisions opaques en matière d’énergie.

Pour nous, le débat doit être complet, partout et pour tous. Le savoir, c’est le pouvoir !  Connaître, comprendre les questions énergétiques, et surtout savoir : quelles sont les options et QUI doit décider ! Voilà les questions auxquelles nous voulons répondre dans les semaines à venir.