Le Parc national du Cabo Orange, 619 000 hectares d’espace protég

Climat - Océans

Voyage en eaux troubles : les projets de Total et BP menacent aussi la mangrove amazonienne

Après une dizaine de jours passés à bord de l’Esperanza pour documenter le récif de l’Amazone, mes recherches se poursuivent à terre, en Amazonie, pour explorer la biodiversité de la région et aller à la rencontre des communautés locales et des dirigeants de peuples autochtones. Première étape : le parc du Cabo Orange.

 

Le Parc national du Cabo Orange, 619 000 hectares d’espace protégé

Le Cabo Orange se situe dans l’Etat d’Amapá, au nord du Brésil, là où se rencontrent le fleuve Amazone et l’océan Atlantique.

Vue aérienne du parc national du Cabo Orange.

Cette région a été classée « parc national » en raison de la grande pertinence écologique de sa faune et de sa flore. Le parc est l’habitat de nombreuses espèces protégées comme la tortue verte, le lamantin de l’Amazone et le jaguar. En Amazonie, c’est le seul parc se trouvant sur le littoral. La biodiversité y est donc très différente de celle que l’on trouve à l’intérieur des terres.

Lamantins de l’Amazone.

Il comprend 200 kilomètres de côtes et s’étend jusqu’à 10 kilomètres sur l’océan. Les écosystèmes en présence sont très variés : forêts, savanes, et une longue ceinture de mangroves.

La mangrove amazonienne : une biodiversité incomparable

Il est 4h00 du matin et nous nous apprêtons à embarquer dans un petit bateau à moteur en compagnie de Ricardo Motta Pires, le responsable du parc du Cabo Orange. Ricardo souhaite nous faire découvrir toutes les richesses de la mangrove qui se trouve à la pointe nord du parc, à la frontière guyanaise.

Le chemin est long. Très long. C’est le noir complet et notre bateau file à toute vitesse sur le fleuve. Les heures passent. Les kilomètres défilent. Au moment où nous arrivons à l’entrée de la mangrove, le jour a déjà pointé le bout de son nez depuis un moment. Nous ralentissons et pénétrons tout doucement cet endroit à la végétation luxuriante. Après quelques minutes, il est temps de descendre du bateau et de poursuivre à pied.

Mangrove du Cabo Orange.

Ricardo nous explique que la mangrove est en perpétuel mouvement et que sa superficie s’étend de deux mètres par an ! Afin de nous en rendre compte, il nous conduit jusqu’à une tour qui, à l’époque de sa construction, se trouvait à l’orée de la mangrove. Aujourd’hui, il faut marcher une bonne demi-heure dans la boue et la vase pour l’atteindre.

L’opulence de la biodiversité est impressionnante. Lors de notre exploration nous avons pu voir de nombreuses espèces d’oiseaux (aigles, ibis rouges, plusieurs espèces de perroquets), des crabes, des poissons et, bien que nous n’en ayons pas vu la couleur, nous avons bel et bien vu les empreintes d’un jaguar. C’est également ici que de mi-décembre à mi-mars, certaines espèces de poissons se réfugient pour se reproduire.

Non loin de ce trésor écologique, des projets d’exploration pétrolière offshore

Les aigrettes et les ibis rouges du Cabo Orange.

C’est à 200 kilomètres de là que se situe le site d’exploration pétrolière le plus proche, attribué à Total par le gouvernement brésilien.

En plus de menacer le récif de l’Amazone, ces projets écocides pourraient avoir de très graves conséquences à terre en cas de marée noire. La mangrove est un espace entièrement plat, qui bénéficie de l’influence de l’océan grâce aux marées. Si une marée noire devait arriver jusque-là, le pétrole se déposerait sur les racines, le sol et les branches au moment des marées descendantes et étoufferait complètement la végétation qui, privée d’oxygène, viendrait à mourir.

La mangrove est ainsi faite qu’il serait impossible de nettoyer une marée noire. Pour Ricardo, « si les entreprises pétrolières veulent poursuivre leurs projets, leur plan d’intervention en cas d’accident doit être extrêmement rapide pour éviter un désastre ». Sauf que lorsque l’on regarde quelques années en arrière la catastrophe de Deepwater Horizon, on peut se permettre de douter de leur efficacité.

 

 

Ne laissons pas Total et BP mettre en danger ces trésors de biodiversité. Demandez-leur d’abandonner leurs projets d’exploration pétrolière au large du Brésil.

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Commentaires (16)

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Bayoudh

Il faut les protéger. Il faut se battre. Alors, merci.

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Godderidge Mathieu

Ayant 12 ans j'adore la nature et & j'adore apprendre des choses et déjà voir la déforestation en amazonie me faut chier savoir que cela existe est juste formidable je vais sûrement y consacrer ma vie pour notre progéniture !

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Grégoire Roquette

On lâche rien !

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