Thai Union, ou les dérives de l'industrie du thon

Océans

Le groupe Thai Union est le numéro un mondial des produits de la mer. Crevettes, thon en boîte, saumon fumé, nourriture pour animaux domestiques… Là où il y a des produits de la mer, il y a très souvent Thai Union.

Petit Navire appartient à ce géant thaïlandais. Thai Union est une entreprise tentaculaire qui inonde en produits de la mer les marchés du monde entier : États-Unis, France, Italie, Royaume-Unie, Asie du Sud-Est… Dans le monde, une boîte de thon sur cinq est un produit Thai Union ;  30 % de ses revenus proviennent des marchés européens. Son chiffre d’affaires s’élève aujourd’hui à 3,4 milliards de dollars par an, et le groupe vise huit milliards d’ici 2020.

Des méthodes de pêche contestables

Cette offre en thon pharaonique repose sur des méthodes de pêche destructrices. Les thoniers senneurs qui fournissent Thai Union utilisent des dispositifs de concentration de poissons (DCP) afin de maximiser le fruit de leur pêche. Sauf que l’usage des DCP entraîne une pêche non sélective qui va prélever bien plus que du thon. Des espèces non visées, que l’on appelle prises accessoires, se retrouvent dans les filets des thoniers et finissent rejetées à la mer mortes ou mourantes, mettant en danger des espèces comme le requin soyeux et déséquilibrant les écosystèmes.

Thai Union fait fi des droits humains

En plus de ne pas respecter les océans, Thai Union fait fi des droits des pêcheurs qui travaillent sur les bateaux de pêche.

Une enquête d’Associated Press a révélé en 2015 que des sous-traitants de Thai Union utilisent du poisson pêché par des esclaves comme matière première de produits transformés. De même, un rapport publié par Greenpeace en novembre 2015 a mis en lumière les violations des droits humains dans l’industrie thonière mondiale. En Thaïlande, ces abus sont monnaie courante dans l’industrie des produits de la mer. Ainsi, 94 % des équipages n’ont pas de contrat de travail et 68 % sont victimes de violences. Les bateaux de pêche peuvent rester en mer très longtemps grâce à des cargos frigorifiques qui viennent récupérer en mer leur cargaison. Les travailleurs victimes de traite se retrouvent alors pris au piège, travaillant dans des conditions inhumaines.

La taille du groupe et les volumes de poissons en jeu font de Thai Union une entreprise dont l’activité a un impact direct sur l’équilibre des écosystèmes marins au niveau mondial. Le groupe a la responsabilité et le pouvoir de participer à la transformation de cette industrie.