Préserver ce qui nous protège Cette année, les chefs d’États

Forêts - Océans

Préservation de la biodiversité : les États doivent accélérer la cadence

La 13e Conférence des parties à la Convention pour la diversité biologique (CDB) s’est ouverte dimanche 4 décembre à Cancún (Mexique) et durera jusqu’au 17 décembre. Cette Convention adoptée en 1992 lors du sommet de la terre à Rio porte un triple objectif : la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable de ses éléments, un partage juste et équitable des ressources.

 

Préserver ce qui nous protège

Cette année, les chefs d’États des 196 pays signataires vont avoir du pain sur la planche puisqu’ils vont faire le point sur les actions mises en œuvre par chacun d’entre eux pour atteindre les objectifs d’Aichi fixés en 2010, pour la période 2011 – 2020.

Un albatros juvénile prêt au décollage dans les eaux glacées de l’océan Austral (Antarctique)

Le maintien de la diversité biologique est crucial pour la sauvegarde de notre planète et de ses habitants. Toutes les menaces qui pèsent sur elle, tout ce qui met en danger la résilience de la faune et de la flore, doit être contrecarré.

La CDB a marqué un tournant historique au sein du droit international. Elle a permis de reconnaître pour la première fois la biodiversité comme étant une “préoccupation commune pour l’ensemble de l’humanité” et une partie intégrante au processus de développement des États.

Aujourd’hui, la biodiversité s’effondre à un rythme effréné : par rapport à 1970, deux tiers des espèces animales pourraient avoir disparu d’ici à 2020 si nous ne faisons rien. Il faut agir vite et fort.

Aichi 2020 : 20 objectifs pour la diversité biologique

En 2010, lors de la 10e Conférence des parties qui s’est tenue à Nagoya, les chefs d’États se sont mis d’accord sur un cadre global qui devait permettre de préserver la diversité biologique.

Les membres de la CDB se sont ainsi engagés à protéger au moins 10% des aires marines d’ici à 2020. Sauf qu’aujourd’hui, six ans après la définition de ces objectifs, seuls 3% des océans bénéficient d’un statut de protection et seulement 1% sont réellement et effectivement protégés.

Malgré une année 2016 très prometteuse pour les océans, avec notamment la création en Antarctique de la plus grande aire marine protégée, cela reste largement insuffisant.

Paysage de forêt intacte en Russie.

Par ailleurs, les États s’étaient engagés à lutter contre la dégradation des forêts et la déforestation. L’objectif 5 d’Aichi précise que “d’ici à 2020, le rythme d’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts, [devra être] réduit de moitié au moins et si possible ramené à près de zéro, et la dégradation et la fragmentation des habitats [devront être] sensiblement réduites”, et l’objectif 15 prévoit la restauration d’au moins 15% des écosystèmes critiques dégradés, comme les forêts, notamment en raison de leur capacité à stocker de grandes quantités de carbone

Les pays membres semblent faire preuve de bonne volonté mais dans les faits ils manquent clairement d’ambition. Des forêts particulièrement précieuses pour la biodiversité et le climat subissent des dégradations quotidiennes et sont aujourd’hui encore déboisées.

Les forêts du Grand Nord par exemple, qui s’étendent de la côte Pacifique russe au Canada en passant par le massif de l’Oural en Scandinavie, sont victimes d’une exploitation forestière hors de contrôle. Bien que séparée par l’océan, cette immense superficie forestière ne forme qu’un seul écosystème.

Cette couronne de verdure est également habitée par de nombreuses communautés autochtones dont le mode de vie dépend du bien-être de cette forêt. Il en est de même pour des variétés de plantes endémiques et de nombreuses espèces animales, comme le tigre de Sibérie, le lièvre d’Amérique ou le caribou de Peary, aujourd’hui menacées d’extinction – parmi bien d’autres.

Greenpeace demande la protection des forêts du Grand Nord et une réduction drastique des dégradations de cet écosystème unique, qui permet non seulement de lutter contre les dérèglements climatiques, mais aussi de préserver globalement la diversité biologique de la planète.

 

 

Il ne reste plus que quatre ans pour que les gouvernements atteignent les objectifs d’Aïchi. Pour l’instant, cela semble fortement compromis. Ils vont devoir faire preuve d’honnêteté et de courage politique pour que ces objectifs, qu’ils se sont eux-mêmes fixés, soient atteints. Car il n’est plus temps de faire dans la demi-mesure. Si on ne freine pas la perte de diversité biologique, des plantes et des animaux indispensables à la planète continueront de disparaître, et nous pourrions bien être les prochains sur la liste.

 

Commentaires (6)

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thierry

Bonjour bande de tocard, Allez vous faire foutre avec votre biodiversité. Merci.

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Fran6

Bonjour Henri, Votre commentaire résume à mes yeux parfaitement la situation. Nous vivons en démocratie et nous avons les dirigeants que nous méritons...et qui nous ressemblent. L'individu enfermé dans sa bulle individualiste devient sourd et aveugle aux appels à l'aide qu'envoie le monde vivant, aux avertissements climatiques qu'envoie l'espace inerte. La prise de conscience mobilise notre intelligence, mais l'argent-roi a horreur de l'intelligence et engage tous les moyens pour l'anesthésier. Le vrai acteur de la situation dans laquelle nous sommes est bien l'argent! Il s'agit en effet de notre responsabilité collective, mais celle-ci est la superposition de l'ensemble de nos responsabilités individuelles que nous engageons chaque jour, à tout instant. Dans l'état actuel des choses, toute initiative individuelle qui répond à ces cris d'alarme ne peut être que la bien venue. Ce sont ces initiatives individuelles qu'il faut encourager. Tout acte, même anodin, qui prend en considération le monde et nos rapports avec lui est le bienvenu. De l'agglomération de toutes ces actions émergera peut-être une embellie. L'espoir est cependant une denrée qui devient rare, comme les espèces vivantes sur notre planète.

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VERTETERRE

si nous voulons sur-vivre IL FAUT sauver ce qui reste de VRAI nature (donc sans présence humaine!!) car LE fautif est l'humain

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