L'huile de palme est l'huile comestible la moins chère du monde. On la retrouve

Forêts

Herakles Farms : ou comment une entreprise agro-industrielle sème la colère en Afrique

L’huile de palme est l’huile comestible la moins chère du monde. On la retrouve aussi dans de nombreux produits cosmétiques et détergents, ainsi que dans les agrocarburants.
La demande mondiale d’huile de palme est en plein boum et des entreprises agro-industrielles s’emparent de vastes étendues de terre, spéculant sur une croissance continue du marché. Cette situation est connue, et dénoncée de longue date en Indonésie.

Mais l’industrie de l’huile de palme s’attaque aujourd’hui à un nouvel horizon : l’Afrique.

L’un de ces nouveaux « prédateurs » est la société Herakles Farms

Herakles Farms est une entreprise américaine, dont le siège est localisé à New-York. Son principal projet de plantation de palmiers à huile se situe au Cameroun. Une plantation de 70 000 ha qui affectera plusieurs milliers de personnes, des dizaines de villages, touchant une zone boisée d’une superficie supérieure à Manhattan, située en lisière de pas moins de 5 zones forestières protégées…

Herakles Farms se présente comme un bienfaiteur, qui « vise à répondre à la demande mondiale croissante en développant des projets durables et respectueux de l’environnement, en totale concertation avec les population locales« .

Mais au Cameroun, ce n’est pas vraiment le cas …

Lors d’un voyage sur le terrain ce mois-ci, les militants et experts de Greenpeace ont été les témoins de la forte mobilisation locale contre la plantation Herakles Farms.

Car les gens ont peur. Peur de perdre leurs terres, et leurs moyens de subsistance au profit de la filiale camerounaise de la firme américaine : la SG Sustainable Oils Cameroon (SGSOC).
Beaucoup de fermiers, dans cette région, sont entrepreneurs, et dépendent totalement des cultures de cacao, de maïs et d’autres fruits et légumes … Or, à ce jour, SGSOC n’a présenté aucune carte précise présentant les limites de la future concession dédiée à l’huile de palme. Les fermiers et les populations locales sont donc laissées dans l’ignorance, ils n’ont aucun moyen de connaître la superficie de terre qu’ils vont peut-être perdre !

On ne peut pas dire qu’Herakles Farms ait le « soutien total » de la population … En effet, lors d’une visite du gouverneur de la région le 6 juin dernier, les habitants portaient des tee shirts avec l’inscription : « SGSOC dehors – pas de plantation dans nos champs » et ont déroulé une banderole clamant : « M. le Gouverneur, bienvenue dans la ville de Toko. Nous disons NON au projet SGSOC/ Herakles. » Les habitants de Fabe ont également manifesté, utilisant des symboles traditionnels juju, tels que les feuilles de palme devant l’entrée de la future plantation. 

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Ces manifestations ont été suivies de mesures d’intimidation et d’arrestations… Les manifestants ont été emmenés au poste de police de Mindemba et plusieurs d’entre eux sont restés en état d’arrestation pendant plusieurs jours.

Herakles Farms et la SGSOC ont beau vanter leur volonté de concertation, sur le terrain, la situation est toute autre …

Du point de vue financier, l’agro-industriel a particulièrement bien négocié son affaire : les 70 000 ha de la plantation sont loués pour un montant d’un dollar par an et par hectare. Autrement dit, pour une misère… et pendant 99 ans, la société est exemptée de toute taxe à l’importation et à l’exportation…. Autant dire que le projet ne rapportera pas grand-chose au budget du Cameroun !

La course contre la montre d’Herakles

Herakles est aujourd’hui à court de temps : le projet n’ayant toujours pas reçu la signature du président de la République, des milliers de pousses de palmiers attendent aujourd’hui d’être mises en pleine terre … et seront bientôt trop grandes pour être replantées. Autrement dit, la firme a un peu trop anticipé le démarrage de son projet, sous-estimant l’impact de la mobilisation locale.

Le projet de culture d’huile de palme de la SGSOC est un mauvais projet. Au mauvais endroit. Il engendre colère, conflits sociaux et met en danger l’une des forêts primaires les plus riches et menacées d’Afrique. Il doit être arrêté.
Pour Greenpeace, les investisseurs potentiels, et notamment la Banque Africaine de Développement ne doivent pas contribuer au financement de ce projet plus que controversé.





Commentaires (84)

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Christian M

je ne suis pas surpris par votre article, les chinois aussi prennent les meilleures terres africaine pour cultiver et envoyer la production de ces fermes en Chine... ET PENDANT CE TEMPS DES AFRICAINS MEURRENT DE FAIM je ne suis pas fier d'etre francais, nous aussi nous avons pille l'Afrique... quand aux palmiers a huile, je suggere a cette compagnie americaine de les planter au sahara et ainsi de contribuer a la fertilite du desert...

Moich

Bah, faut bien que nos gosses bouffent du Nutela et engraissent pour aider l'agro-alimentaire mondiale qui aide tant les fonds de pensions à soutenir un niveau de vie acceptable à des populations mourantes de vieux c... Alors, la perte d'un peu de biodiversité, de quelques vieux arbres et l'expropriation de quelques paysans qui produisent que pour eux, c'est rien, voyons... on va quand même pas s'occuper de laisser une planète aux suivants... ce sera à eux de se débrouiller, les exemples de réussites sont nombreux, ne vous inquiétez pas... puis la vie des gorilles, Orangs-outans (pas chez vous, ça, ne vous inquiétez pas) et autres bestioles stupides n’intéresse que des gamins en visite dans des zoos qui ont un potentiel de rentabilité bien plus bas que Disney-land, où là au moins, c'est pas les singes qui bouffent tout le temps la caisse. En même temps, on peut pas râler tout le temps sur le prix du m² de terrain, et là, ne pas voir que l'on a enfin un prix plancher qui repousse la spéculation. Allez, votez "OUI", monsieur, le président, vous rentrerez dans l'histoire comme un grand défenseur d'une humanité, de votre portefeuille personnel, peut-être, et des industries qui font les grands pays comme va sûûûûrement devenir le votre. En plus vous serez bien reçu, par des personnes sympathiques, enthousiastes de partager de grand projets avec un grand homme, laissez ces bougons râler... bon, avec des limites quand même. Dsl, Satan m'habite, je crois... mais pas que moi.

Saulius

Sylvia dit : Tu sais les rencontres avec de vrais' auiroilvens ne se font pas tous les jours! Ils ne viennent pas sur Pondiche9ry (et on les comprend vu le superbe cadre forestier dont ils be9ne9ficient enfin qu'ils se sont cre9e9s).Et nous n'avions pas envie de les traquer' pour satisfaire notre curiosite9 e9tant donne9 que nous n'avions pas l'intention de nous y inte9grer (car il faut venir en ayant de9je0 un peu potasse9 la chose, lu des bouquins etc). Cela nous semblait un peu voyeur', si je peux dire. On attendait plus la ou les rencontres.Nous avons des amis, exte9rieurs e0 Auroville mais ayant le droit -jusqu'e0 l'anne9e dernie8re- de me9diter dans le matrimandir, avec qui nous avons pu discuter.Et pas plus tard qu'hier, au hasard des rencontres, j'ai longuement e9change9 avec une aurovilienne depuis 15 ans, que je sentais ouverte au questionnement (ils ne le sont pas tous). Inte9ressant.J'en ferai peut eatre un prochain post !

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