Ce mardi, le premier ministre japonais Naoto Kan a fait des déclarations rassur

Nucléaire

Fukushima : dormez brave gens, Tepco veille

Ce mardi, le premier ministre japonais Naoto Kan a fait des déclarations rassurantes face au Parlement, concernant la situation de la centrale de Fukushima; Des déclarations largement reprises par les médias français et internationaux, assurant que « la première étape du calendrier de stabilisation de la centrale sera terminée aujourd’hui, quasiment dans les délais fixés« . Des déclarations malheureusement difficiles à croire…

Le 17 avril dernier, cinq semaines après le séisme et le tsunami du 11 mars qui avaient endommagé la centrale au nord-est de l’archipel japonais, TEPCO publiait (enfin!) un semblant de plan d’action, de calendrier et une échéance pour sortir de la crise.

Dans ce plan de sortie de crise, l’opérateur abordait trois points cruciaux, et force est de constater que malgré les déclarations optimistes des autorités japonaises, aucun des objectifs n’a été rempli à ce jour:

– le refroidissement : refroidir les réacteurs était classé par Tepco lui même en point n°1 du plan de sortie de crise : stabiliser l’apport d’eau et le refroidissement étant l’étape prioritaire… Or, la NHK (télévision nationale japonaise) titrait lundi 18 juillet : Trouble in water injection at Fukushima Daiichi (troubles dans l’injection d’eau à Fukushima Daiichi). L’article nous apprend ainsi qu’une alarme s’est déclenchée dans le réacteur, le niveau d’eau injectée ayant réduit, passant de 3,8 mètres cube à 3 m3 par heure, vraisemblablement en raison d’une fuite de l’enceinte… L’article précise que c’est la 3ème fois ce mois-ci que ce type de problème arrive. Conclusion ? L’objectif numéro 1, la stabilisation du système de refroidissement est donc pour l’heure un échec.

– Limiter les risques : cet objectif qui porte essentiellement sur la limitation des contaminations extérieures est le second volet prioritaire du plan de Tepco. L’opérateur a mis en place une usine de décontamination des eaux usées radioactives résultant des arrosages massifs opérés en urgence dans les premières semaines. Cette installation, fournie par le groupe français Areva et l’américain Kurion, est opérationnelle depuis mi-juin. Mais elle a été opérationnelle à temps partiel : en effet, l’usine a déjà été arrêtée à plusieurs reprises, rencontrant des difficultés compte tenu de la forte teneur en substances radioactives de l’énorme volume d’eau à traiter. 18 000 tonnes d’eaux seulement ont à ce jour été traitées alors qu’ 11 500 tonnes d’eau avaient déjà été rejetées dans l’océan Pacifique dès le 4 avril

– étendre le « monitoring » et informer : C’est le 3ème volet clé du plan publié par Tepco au mois d’Avril … Et ici encore, l’objectif est loin, très loin d’être atteint ! Les informations sont de plus en plus sporadiques (voir le billet précédent : Fukushima : il y a 4 mois jour pour jour. ). Les dernières mesures effectuées dans la ville de Fukushima, située à soixante kilomètres de la centrale, sont franchement inquiétantes, mais aucune mesure d’évacuation ou de protection des populations n’est mise en place par les autorités. Aujourd’hui, la crise nucléaire est une crise sanitaire, alimentaire : viande de bœuf, produits de la mer, feuilles de thé … la contamination et les risques d’ingestion inhérents sont de plus en plus marqués ! (Voir les notes de l’IRSN sur la contamination )

On aimerait sincèrement croire à une amélioration, on aimerait croire à la stabilisation … malheureusement, les signaux envoyés aujourd’hui par les autorités japonaises ne suffisent pas à atténuer l’immense inquiétude que suscite la situation à Fukushima. Car ces autorités semblent aujourd’hui plus soucieuses du respect du « planning » que de la protection des populations !

Certes, Tecpo doit respecter le plan de sortie de crise élaboré en Avril. Mais le Gouvernement japonais doit, quant à lui, prendre des mesures concrètes : évacuer les populations sur un périmètre beaucoup plus large que la zone rouge actuelle qui est de 20 km, contrôler l’ensemble des aliments, intensifier les mesures de radioactivité, et imposer à Tepco la transparence !!

La catastrophe nucléaire de Fukushima et Le nucléaire post Fukushima dans Greenpeace France (greenpeacefrance)

Comprendre, grâce à de multiples sources, la situation à Fukushima Cliquez sur les « perles » pour les explorer.





Commentaires (121)

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peyo

Devant une catastrophe comme fukushima, les ingénieurs en sont réduits à bricoler des solutions. Ce qui veut dire qu'ils n'en ont pas. La fission continue seconde après seconde, eux bricolent et mentent. C'est horrible.

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Moi

(hips après relecture tardive, à peu près au milieu, faut supprimer "comme le plutonium". Le Pu 244 a une période de 80 millions d'années et pour le Pu 239, c'est 24.000 ans de période. Désolé)

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Moi

Oui on sera perchés sur notre brin d'herbe parce qu'on ne peut plus rien faire sans nos machines. Des tas de métiers artisanaux ont disparu et on ne sait même plus comment ils faisaient. Pourtant on arrive à retrouver d'anciennes fabrications (genre des amphores de 10.000 ans parfaitement taillées dans la pierre la plus dure au monde) qu'on n'est même pas foutu de reproduire à l'heure actuelle avec notre technologie. Je sais, je peux m'estimer heureux de marcher. Ça a bien failli ne jamais revenir mais jme suis battu, encore. Enfin il y a pire que moi. Alors au sujet de ces 10 Sv/h (je rappelle qu'un humain ne résiste pas à une dose de 4,5 à 6 Sv/h pour les plus résistants), il y a deux points chauds qui ont été trouvés dans des gaines de ventilation (coupées et qui ne donnent pas vers l'extérieur) dans un endroit de l'usine, logiquement donc, bien confiné - pour le coup je ne peux pas vérifier ce dernier point - et hors de la zone de travail des ouvriers. Pour qu'un tas de gravats extérieur soit contaminé à une telle dose, faudrait l'emmener faire trempette dans le réacteur ou que la fusion du combustible aie percé le fond du réacteur et de la centrale et là, autant dire que la pollution du tas de gravats serait insignifiante. Pour information, si on dit 10 Sv/h, c'est parce que c'était la saturation de leurs appareils de contrôle xD Quand tu dis "la radioactivité est un schéma relativement bien connu, et qui de toute façon va en diminuant avec le temps", c'est trop vague. Il y a tellement d'éléments radioactifs, certains que tu peux même ramasser au bord de la route sans savoir que tu te prends une dose. Bref, chaque isotope a sa période radioactive ou demi-vie: c'est le temps qu'il faut pour que la moitié des noyaux radioactifs d'une source se désintègrent. A chaque période passée, la moitié de ce qu'il reste disparaît (ça donne 1/2, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32, 1/64, etc... et non deux demi-vies et c'est fini). Des éléments comme le plutonium disparaissent très rapidement comme l'iode 131 qui a une période de 8 jours, et d'autres très lentement comme le thorium 232 qui a une période de 14 milliards d'années. Par contre, rien à voir avec la concentration. Ça marche comme un feu. Plus t'as de flammes plus ça chauffe. Sans être sûr (mais ça me paraît logique), c'est une contamination gazeuse dans les gaines de ventilation alors tant que c'est isolé, c'est très bien là et ce n'est pas vraiment un souci pour le moment. Il faudrait juste savoir d'où ça vient mais perso, je ne sais pas où est-ce exactement et je ne connais pas la conception des centrales japonaises ni de ses réacteurs américains, pâles copies de ceux de Tchernobyl... Quant à envoyer des robots ... ils ne résistent pas à de forts taux de radiation. Ils tombent en rade très rapidement quand ils ne deviennent pas incontrôlables avant à faire n'importe quoi. Hey! J'aimais bien Goldorak quand j'étais petit et Bernard Minet que j'ai revu en concert il y a quelques mois de cela d'ailleurs. Bref, toute cette fanfare autour de H1N1 m'avait bien fait rire mais en ce moment j'ai plutôt l'impression que l'Europe nous tombe dessus à chaque fois qu'on lève le petit doigt mais c'est un tout autre sujet. les enfants sont en effet très fragiles, ils sont en pleine croissance, leurs cellules en pleine évolution. Comme j'ai déjà dit, la France au sens gouvernemental n'a aucun droit sur le Japon, même si c'est moche. Les seuls pouvant agir sont les organismes et associations internationaux. Par contre la nourriture n'est pas contrôlée? elle devait l'être? Par contre je ne suis pas de ton avis, je préfère qu'ils prennent peu de doses sur une plus longue période qu'une bonne dose de manière ponctuelle. Sans être un professionnel de la santé, j'aurais aimé que leur dose ne dépasse pas 4 mSv. De là, si le gouvernement ne bouge pas, c'est anormal. Que faire? Je ne sais pas. Sinon je cherche mais je ne trouve rien sur un tas de gravats mutants japonais...

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