URGENT : des semences de maïs contaminées aux OGM vendues et cultivées en France

Agriculture

Paris, le 15 avril 2014 – Greenpeace révèle aujourd’hui que des semences de maïs « certifiées sans OGM » vendues en 2013 et 2014 par le semencier espagnol Semillas Fitó à des agriculteurs français, contiennent jusqu’à six OGM différents. Greenpeace a fait tester par le laboratoire indépendant Eurofins trois échantillons aléatoires d’environ trois kilos de semences de maïs, commercialisées en 2013 et 2014. Le laboratoire y a détecté :

– 3 OGM différents dans l’échantillon de maïs ORDINO de 2014 : TC1507, MIR604 et DAS-5912

– 6 OGM différents dans l’échantillon de maïs ORDINO de 2013 : MON810, MON863, NK603, TC1507, MON88017 et DAS-59122

– 2 OGM différents dans l’échantillon de maïs TAUSTE de 2013 : TC1507 et DAS-59122

« Ces OGM ont été vendus, semés et cultivés dans les champs, on ne sait où en France, à l’insu d’agriculteurs qui ne souhaitaient pas planter d’OGM mais qui ont été trompés par ce semencier, explique Anaïs Fourest, chargée de campagne agriculture à Greenpeace. Ce maïs contenant des OGM se retrouve donc potentiellement dans notre alimentation. »

Greenpeace demande que les semences de maïs incriminées soient immédiatement retirées du marché, et demande au gouvernement de mettre en place de réelles mesures de contrôle, et de sanctionner sévèrement les infractions à ces règles.

Greenpeace a envoyé un courrier en ce sens au ministre de l’Agriculture.

Il est également du devoir des responsables politiques d’enquêter sur les cultures qui ont pu être contaminées ces dernières années, et de faire toute la lumière sur l’aval de la filière, en traçant l’utilisation de ce maïs contaminé aux OGM notamment dans l’alimentation humaine et animale.

Parer à l’urgence et interdire pour de bon les OGM

La loi interdisant la culture de maïs OGM en France, en débat cet après-midi à l’Assemblée nationale, est à la fois une nécessité et une urgence. Mais cette loi ne sera pas suffisante : pour lutter efficacement contre les OGM, la France doit agir au niveau européen pour renforcer l’évaluation des OGM et s’assurer qu’elle prenne en compte l’ensemble des impacts sanitaires à long terme, environnementaux et socio-économiques. C’était la ligne défendue en 2012 par la nouvelle ministre de l’Écologie, Ségolène Royal (http://www.20minutes.fr/planete/1031256-trois-ministres-environnement-demandent-revision-autorisations-ogm).

Des semenciers peu scrupuleux, voire manipulateurs

S’agit-il d’une manœuvre de plus des semenciers et lobbies pour faire entrer coûte que coûte les OGM dans les pays qui n’en veulent pas ? En effet, dans certains cas comme au Brésil, les semenciers et lobbies OGM ont introduit ces cultures dans les champs, contaminant les cultures alentour, utilisant la contamination pour obtenir, de fait, l’autorisation de mise en culture !

« Ce cas vient s’ajouter aux nombreuses preuves de contamination, accumulées depuis des années, rappelle Anaïs Fourest. Nous le répétons une fois de plus : la contamination OGM est inévitable, et la coexistence entre cultures OGM et non-OGM est impossible ! Tolérer la contamination par les OGM serait leur ouvrir grand la porte. C’est inacceptable ! »