Nucléaire : Greenpeace s'invite aux BNP Paris Masters Series pour dire stop aux investissements radioactifs

Climat

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Paris, 13 novembre 2010 – Alors que se jouaient cet après-midi les demies finales des masters series BNP Paribas à Paris, un des tournois de tennis les plus importants, Greenpeace s’est invitée dans le championnat. Objectif : rappeler que la BNP, sponsor de cet événement sportif, est aussi la première banque à financer le nucléaire dans le monde, et cela sans en évaluer correctement les risques des projets financés, comme à Angra au Brésil.

Depuis 10h, des images visant à informer le public des investissements nucléaires dangereux que la BNP fait au Brésil avec l’argent de ses clients (voir www.ouvavotreargent.com), sont diffusées sur un écran géant devant la foule des spectateurs qui attendent pour entrer dans le palais omnisport de Bercy. Deux équipes de militants ont en parallèle déployé deux banderoles sur la structure de l’édifice, portant le message : « BNP : stop aux investissements radioactifs ».

BNP investit dans le tennis mais aussi… dans des projets nucléaires dangereux

La BNP étudie en ce moment même sa contribution à la construction d‘un réacteur nucléaire dangereux à Angra dos Reis, à 150 km de Rio. La construction de ce réacteur a commencé en 1984 pour s’arrêter en 1986, au moment de Tchernobyl, faute de financements internationaux. Alors que 70 % des pièces du réacteur sont stockées sur le site depuis cette date, et que le projet correspond aux standards de sûreté d’avant Tchernobyl, la construction a recommencé en juin dernier… car les financements se débloquent. Ce projet ne pourrait pas voir le jour en Europe.

BNP Paribas : la championne du monde du nucléaire et de l’opacité

« La BNP, première banque à financer le nucléaire au monde, a consacré plus de 13,5 milliards d’euros entre 2000 et 2009 à cette industrie, dans la plus grande opacité sur l’utilisation de l’argent des particuliers, déclare Sophia Majnoni d’Intignano, chargée de campagne Nucléaire pour Greenpeace France. Depuis huit mois, Greenpeace demande sans succès à BNP Paribas quelles analyses elle mène pour évaluer la dangerosité de ce projet et répondre aux questions que nous soulevons. »

Lors d’une journée de mobilisation des bénévoles de Greenpeace dans 25 villes de France, fin octobre, la BNP a le plus souvent préféré fermer ses agences plutôt que de répondre aux militants. Aux nombreux messages Facebook et lettres envoyées aux dirigeants de la BNP par les citoyens, la banque se contente de répondre « faites nous confiance, on s’occupe de tout ». La vérité est qu’ils sont embarrassés et savent que le projet d’Angra ne respecte par les normes internationales de sûreté.

BNP doit annoncer qu’elle ne s’impliquera pas dans le financement d’Angra

Il est grand temps que les banques assument leurs responsabilités : leurs choix d’investissements ont bel et bien des conséquences graves sur l’environnement et les populations locales. Angra en est un parfait exemple, mais il en existe bien d‘autres. Le nucléaire n’est jamais une solution : c’est une énergie dangereuse et un gouffre financier qui aura toujours besoin de fonds publics pour vivre. Autant d’argent qui ne sera pas investi dans les véritables solutions pour le climat et la planète, dans les énergies renouvelables. Le nucléaire est aussi trop polluant : les rejets radioactifs sont trop nombreux, personne n’a de solution pour les dizaines de milliers de tonnes de déchets produits à l’année et qui restent dangereux pour des milliers d’années.

« BNP Paribas doit annoncer son retrait immédiat d’Angra et de faire toute la lumière sur ses investissements radioactifs. Nous continuerons à poser des questions tant que nous n’aurons pas obtenu de réponses satisfaisantes », conclut Sophia Majnoni d’Intignano.