Convention citoyenne sur le climat : nouveau prétexte à l’inaction pour le gouvernement

Climat

A l’issue du Conseil des ministres, François de Rugy a détaillé quelques modalités de la Convention citoyenne sur la transition écologique, un dispositif à la portée incertaine alors que des textes législatifs permettant une action immédiate sur le climat sont en ce moment-même en discussion.

Greenpeace France est inquiet d’une convention qui risque de repousser les mesures concrètes sur le climat d’au moins six mois. Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne Climat à Greenpeace France, « les conclusions du grand débat, tout comme l’issue des Etats généraux de l’alimentation ou les multiples consultations sur les dossiers environnementaux, nous ont montré que le gouvernement brandit la participation des citoyens pour dissimuler son inaction. Par cette manoeuvre, le gouvernement se dédouane de ses responsabilités et repousse le moment d’agir, alors que les solutions sont connues depuis longtemps et que des textes importants pour le climat, comme la loi d’orientation des mobilités ou la loi climat-énergie, sont déjà en cours d’examen ».

De plus, les dés sont déjà pipés puisque dans sa lettre de mission, le Ministère de la Transition écologique et solidaire imposera un cadre borné par une baisse des émissions de 40% en 2030 et la neutralité carbone en 2050. Or, ces objectifs sont obsolètes : ils ne sont pas en ligne avec les préconisations des scientifiques pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5°C maximum, à savoir : une baisse de 65% des émissions en 2030 et la neutralité carbone au plus tard en 2040 en ce qui concerne l’Union européenne.

Alors que la loi mobilités est en discussion à l’Assemblée nationale, le gouvernement français pourrait pousser dès maintenant pour un changement radical des politiques de transports en faveur du climat. « La date de fin de vente des véhicules diesel et essence proposée par la majorité parlementaire est trop tardive, le forfait mobilité durable est pour l’instant uniquement facultatif, le gouvernement renvoie sur le niveau européen pour la taxation du kérosène dans l’aviation et se dit défavorable à la mise en place d’une contribution climat sur les billets d’avion. L’Etat français est bien loin d’utiliser tous les leviers déjà à sa disposition pour engager la transition écologique dont nous avons besoin », analyse Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports à Greenpeace France.





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