Wearing Greenpeace Face Mask in Germany. © Daniel Müller - © Daniel Müller/Greenpeace

Agriculture

Tous les labels alimentaires ne se valent pas !

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L’alimentation a un impact considérable sur l’environnement, l'emploi et la santé. Alors, pour consommer durablement, de plus en plus de citoyen·nes se fient aux logos des labels alimentaires, censés attester de filières durables.

Mais que certifient exactement ces labels alimentaires, de plus en plus nombreux dans les rayons de nos supermarchés ? Sont-ils gages de confiance ou sont-ils simplement de nouveaux arguments marketing ? Lesquels faut-il privilégier, et pour quelles raisons ?

Une étude pour lever l’opacité

Jusqu’à aujourd’hui, il n’existait aucune étude analysant les impacts sociaux, économiques et environnementaux des différentes démarches de durabilité alimentaires. Pour lever cette opacité, Greenpeace, le WWF et le Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (BASIC) ont réalisé une étude approfondie.

Basée sur un travail de revue de littérature, cette étude prend en compte les cahiers des charges qui influent plus ou moins fortement sur les modes de production, et regarde également les actions annexes au cahier des charges. Nous avons interrogé les acteurs des démarches pour comprendre leurs intentions, puis analysé les chaînes de production afin d'évaluer les effets réels des démarches. L’étude permet donc de comparer les intentions affichées avec les garanties réellement offertes par le label.

Une information précise et vérifiée pour informer les consommateurs et consommatrices

Cette étude apporte une information précise et vérifiée de l’impact de 11 démarches sur un large panel de problématiques environnementales (impacts sur le climat, la biodiversité…) et socio-économiques (bien-être animal, impact sur la santé humaine…), pour permettre aux consommateurs de choisir les labels alimentaires qui leur conviennent.

L’étude montre que de nombreuses démarches alimentaires ont des bénéfices socio-économiques et environnementaux différents des intentions affichées. Trois familles de démarches ont pu être distinguées parmi les onze étudiées :

  • Les démarches partageant le socle de la certification environnementale, en l’occurrence Agri Confiance, Zéro Résidus de Pesticides et la certification Haute Valeur Environnementale (HVE), ont les effets positifs les plus faibles et les moins avérés des démarches étudiées, quand bien même elles revendiquent parfois un impact large et important.
  • Les démarches partageant le socle de l’agriculture biologique (AB, Bio Equitable en France, etc.) obtiennent des bénéfices socio-économiques et environnementaux forts et avérés.
  • Les démarches définies filière par filière (Bleu-Blanc-Cœur, Label Rouge, AOP etc.) ont, quant à elles, des bénéfices très variés selon les cahiers des charges et filières, ce qui peut créer de la confusion pour les consommateurs. 

Les labels, un sujet également politique

Enfin, cette étude permet d’enrichir les débats techniques et politiques autour des labels alimentaires, du cadre législatif et réglementaire qui leur est associé ainsi que des formes de soutien qui peuvent leur être accordées. Ainsi, Greenpeace et le WWF formulent les recommandations suivantes, à destination des responsables publics :

  • Réviser les cahiers des charges des démarches éligibles aux soutiens publics, par l'intégration d’un socle minimal de critères environnementaux (liés à la biodiversité et au climat) et socio-économiques (apparentés au revenu des producteurs, à la santé humaine, au bien-être animal). 
  • Conditionner le soutien public aux impacts des démarches et non à leurs intentions affichées. En conséquence, il convient de suspendre le soutien public à la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) tant que le cahier des charges n’a pas été révisé, mais aussi de revoir les démarches identifiées comme “durables” dans la loi EGalim. 

Clarification sur les résultats concernant l’AOP Comté

Contacté par un certain nombre d’adhérents et d'adhérentes au sujet des bons résultats de l’AOP Comté dans cette étude, Greenpeace a également pris connaissance de la communication pro-active de la filière à ce propos. D’une part, en aucun cas Greenpeace n’a été consultée dans le cadre de leur communication, dont les termes peuvent prêter à confusion (il n’est pas question de comparer une AOP fromagère avec une démarche qui concerne toutes les filières comme Bio équitable en France) et nous contestons l’utilisation abusive de notre logo sur leur visuel, faite sans notre autorisation. D’autre part, nous avons connaissance des pollutions de certaines rivières avoisinant les élevages liées à la production de Comté (y compris par le biais des travaux des associations locales).

En prenant en compte ces pollutions, le Label obtient un résultat dit “moyen” sur la problématique de la “ressource en eau”. Sur cette problématique, le label prévoit la mise en place de nombreuses autres actions qui contrebalancent les mauvais résultats constatés sur une partie du terroir concerné, comme une densité limitée des élevages, une obligation de pâturage long, l’interdiction des traitements antibiotiques et des obligations de gestion des effluents. Couplé aux autres problématiques environnementales (climat, biodiversité...) où le cahier des charges garantit des impacts positifs, l’AOP Comté obtient au final un score environnemental élevé, malgré ce résultat moyen sur la préservation des ressources en eau.

 

Le Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (BASIC) a réalisé un outil pour afin de restituer les résultats de l'étude et de communiquer sur la méthodologie

Cette étude a été co-financée avec le WWF France. Afin de financer ce type de recherches, nous reposons uniquement sur les dons de nos adhérentes et de nos adhérents, que nous remercions pour leur soutien. En effet, afin de garantir son indépendance, Greenpeace est l’une des seules associations à ne pas accepter de financement de la part des gouvernements, d’entreprises ou de partis politiques.

(Crédits photographiques : © Daniel Müller/Greenpeace)