Blanchiment d’or en Amazonie : un eldorado pour la fraude

Forêts

En cette période d’instabilité géopolitique et macroéconomique, l’or joue plus que jamais son rôle historique de valeur refuge. Les guerres, les crises économiques, les bouleversements de l’ordre international et le sentiment croissant d’insécurité sur les marchés mondiaux dopent la recherche de ce métal précieux.

Profitant des lacunes réglementaires et de l’absence d’un système de traçabilité solide, l’exploitation aurifère illégale progresse en Amazonie. Au Brésil, où elle est connue sous le terme de garimpo illégal, elle est alimentée par des mécanismes de blanchiment qui confèrent une apparence légale à l’or dérobé sur des terres autochtones et dans des zones de conservation, où l’activité minière est pourtant interdite par la loi.

Dans ce rapport, Greenpeace Brésil montre que la fraude trouve son origine dans l’instrument qui est censé attester de la provenance de l’or : les permis d’exploitation minière de petite échelle ou artisanale (Permissão de Lavra Garimpeira – PLG). L’ONG met en lumière comment ces permis sont utilisés pour blanchir de l’or extrait illégalement, en tirant parti des failles béantes dans la surveillance de l’Agence nationale brésilienne des mines et de l’exemption de prospection minière préalable.

La Guyane n’est pas épargnée par le phénomène. Si l’or extrait illégalement de Guyane passe principalement par le Suriname, une partie est blanchie via le système frauduleux qui sévit au Brésil, avant de transiter par des plateformes comme la Suisse (deuxième pays importateur de l’or brésilien) et d’arriver en France.

Au même titre que le Brésil, la France en tant que pays producteur, ainsi que tous les pays européens qui importent cet or, doivent soutenir une meilleure traçabilité de l’industrie.



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