Les canicules, les inondations ou les sécheresses n'ont plus rien d'exceptionnel. Pourtant, l'État continue de traiter les conséquences du changement climatique comme des crises ponctuelles, sans mettre en œuvre les politiques nécessaires pour protéger sa population. Derrière ces événements extrêmes, des millions de personnes voient leur santé, leur logement, leur quotidien bouleversés, sans que cette réalité ne soit pleinement prise en compte. Comme ce qui est invisible ne compte pas, alors il est temps de se compter pour peser.

Climat

Sinistré·es climatiques : pourquoi il est temps de se compter pour peser

Les canicules, les inondations ou les sécheresses n’ont plus rien d’exceptionnel. Pourtant, l’État continue de traiter les conséquences du changement climatique comme des crises ponctuelles, sans mettre en œuvre les politiques nécessaires pour protéger sa population. Derrière ces événements extrêmes, des millions de personnes voient leur santé, leur logement, leur quotidien bouleversés, sans que cette réalité ne soit pleinement prise en compte. Comme ce qui est invisible ne compte pas, alors il est temps de se compter pour peser.

Nous suffoquons. La France connaît son troisième épisode de canicule depuis le mois de mai. Des températures extrêmes ont été atteintes, jusqu’à battre le record de la journée la plus chaude jamais enregistrée le mardi 23 juin. 

Ces fortes chaleurs bouleversent fortement le quotidien et les conditions de vie de millions de personnes en France, et des plus vulnérables d’autant plus (tout le monde n’ayant pas les moyens de Bernard Arnault pour s’en protéger). Les nuits sont trop chaudes pour dormir correctement. Nos logements se transforment en véritables bouilloires thermiques. Les élèves ont terminé l’année scolaire et passé leurs examens dans des salles de classe surchauffées. Certain·es travailleuses et travailleurs continuent d’exercer dehors malgré des températures dangereuses. Les hôpitaux se retrouvent surchargés.

Face à ces constats, il devient difficile d’ignorer une évidence dénoncée depuis longtemps par les premières et premiers concerné·es, les scientifiques et la société civile : ces épisodes de canicule intense sont largement prévisibles, mais la France n’y est toujours pas préparée.

 

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Le changement climatique n’est pas une fiction, c’est notre quotidien

Le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Nous sommes déjà des millions à vivre les conséquences du changement climatique, mais nous ne savons toujours pas combien nous sommes exactement. Combien de familles ont déjà vu leur maison inondée ? Combien de personnes voient leur santé impactée et fragilisée ? Combien d’agricultrices et d’agriculteurs ont perdu leurs récoltes ? 

Par contre, nous savons une chose : ce qui n’est pas compté reste invisible dans les médias et aux yeux de nos responsables politiques. Il devient nécessaire de se compter pour peser. C’est pour cela que les sinistré·es climatiques et les organisations de l’Affaire du Siècle lancent un grand comptage des personnes impactées par le réchauffement planétaire, pour rendre enfin visible leur vécu.

Vous vous sentez concerné·e par le changement climatique ? Nous aussi. Montrons-leur que nous sommes des millions ! Quelques clics suffisent pour participer :

La crise climatique concerne toutes les générations et tous les territoires. Personne n’est à l’abri de ses conséquences. Plus nous serons nombreuses et nombreux à répondre, plus notre mouvement sera fort, plus il leur sera difficile d’ignorer la réalité que vivent déjà des millions de personnes.

Pourquoi la France n’est pas préparée à faire face au changement climatique

“Qui aurait pu prédire ?”. Les alertes de la communauté scientifique se multiplient depuis des décennies : les événements climatiques extrêmes vont devenir plus fréquents et plus intenses du fait de la crise climatique. Nos responsables politiques doivent prendre les mesures nécessaires pour nous en protéger. 

Préparer la France au changement climatique, c’est anticiper et prévenir ses conséquences sur les territoires, en adaptant les logements, les écoles et les hôpitaux aux vagues de chaleur et de froid, en interdisant de construire en zone inondable, en améliorant l’absorption de l’eau par les sols, en verdissant les villes pour limiter la montée des températures, en investissant dans les réseaux d’eau dans les territoires ultramarins ou encore en engageant une véritable transition écologique de l’agriculture.

C’est aussi redoubler les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et accélérer la sortie des énergies fossiles, via les économies d’énergies, l’électrification des usages, le développement des énergies renouvelables. Agir sur les causes du réchauffement climatique reste avant tout la meilleure stratégie d’adaptation

Or, les politiques climatiques sont loin d’être à la hauteur. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) les juge une fois de plus insuffisantes pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et « pour éviter une forte aggravation des risques climatiques ». Aujourd’hui, plus de 40 millions de personnes en France sont exposées aux risques climatiques. Une personne sur quatre vit en zone inondable. Malgré ça, nos responsables politiques continuent de traiter ces événements comme des crises exceptionnelles, niant ainsi cette réalité climatique.

Ces canicules que nous vivons en ce moment, et celles qui suivront, sont éminemment politiques et sont le résultat d’une succession de gouvernements coupables d’inaction climatique, qui a été accentuée cette dernière décennie par les renoncements successifs sous Emmanuel Macron. 

Inaction et déni climatique du gouvernement

La situation s’aggrave chaque année et le nombre de sinistré·es climatiques continue d’augmenter. Pourtant, l’urgence écologique, elle, disparaît des priorités politiques.

Même en pleine canicule, alors que les Français·es suffoquent dans des bouilloires thermiques, le gouvernement continue de saboter toute initiative qui aurait pu atténuer les conséquences d’un nouvel épisode extrême. Au lendemain du jour le plus chaud jamais enregistré en France, il a présenté une loi pour repousser de cinq ans la rénovation énergétique des logements passoires en location.


De la même manière, le Fonds vert, qui finance des projets portés par les collectivités locales, notamment en matière de rénovation énergétique et d’adaptation des bâtiments publics, a été divisé par trois en deux ans, passant ainsi de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 837 millions d’euros pour 2026.

Quant à la gestion de l’eau, alors que les sécheresses s’intensifient et que les conflits d’usage se multiplient, la loi d’urgence agricole en cours de discussion pousse vers toujours plus de stockage et d’irrigation, à la faveur des lobbys de l’agro-industrie. 

Ces décisions sont à l’image du 3e Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) du gouvernement, publié en 2025. Les mesures qui y sont présentées sont insuffisantes et incohérentes. Elles ne permettent ni de renforcer la résilience de nos territoires, ni de protéger les populations les plus vulnérables, notamment dans les territoires ultramarins.

Les conséquences de ces choix politiques sont déjà bien visibles. Elles se mesurent dans notre quotidien, mais aussi dans notre capacité à nous relever après une catastrophe. Car à mesure que les événements climatiques se multiplient, une question devient centrale : pourrons-nous encore assurer notre logement et nos infrastructures publiques demain ?  

Notre capacité à nous assurer en péril

Les catastrophes climatiques ne s’arrêtent pas lorsque les eaux se retirent ou que les températures redescendent. Elles laissent derrière elles des conséquences qui s’inscrivent dans la durée : des familles qui peinent à se reconstruire, des collectivités fragilisées, un système assurantiel mis sous pression. Le Haut Conseil pour le Climat continue d’alerter sur le fait que « notre système d’indemnisation et de mutualisation des pertes et dommages est fragilisé par l’aggravation de la crise climatique ».

La cartographie de Reclaim Finance et Data For Good montre qu’aujourd’hui, une commune française sur quatre est vulnérable face aux impacts du changement climatique. En plus d’être en première ligne des événements extrêmes, elles sont également confrontées à la dégradation de leurs conditions d’assurance et à l’abandon de l’État dans la mise en place de plans de prévention.

À mesure que les catastrophes climatiques se multiplient, l’inaction de l’État alimente ainsi une crise assurantielle. Les primes d’assurance explosent, les conditions se durcissent et certains territoires deviennent si exposés que les assureurs renoncent progressivement à les couvrir.

Capture d’écran de l’outil “Assurer ma ville” de Reclaim Finance et Data For Good

Capture d’écran de l’outil “Assurer ma ville” de Reclaim Finance et Data For Good : https://www.assurermaville.fr/carte

Cette cartographie met en lumière une réalité souvent ignorée : derrière chaque catastrophe climatique se cache aussi une crise sociale, économique et territoriale. Et plus l’État tarde à agir, plus la facture sera lourde pour les collectivités et pour les habitant·es.

Pourtant, il est moins coûteux d’agir que de réparer. Chaque euro investi dans la prévention permet d’éviter huit euros de dommages.

Alors ensemble, exigeons de nos responsables politiques qu’ils nous protègent face aux conséquences de cette crise. Et faisons entendre cette réalité en la rendant visible à leurs yeux :