Canicule : sabotage du gouvernement et indécence de l’extrême droite

Climat, Énergies

La canicule actuelle nous met face à une évidence dénoncée depuis longtemps par les personnes les plus impactées, les scientifiques et la société civile : alors que ces épisodes prolongés de chaleur intense sont largement prévisibles, la France n’y est toujours pas préparée.
Mais la réaction des pouvoirs publics, qui continuent de traiter les canicules et autres événements climatiques extrêmes comme des crises exceptionnelles, démontre que la réalité climatique n’est toujours pas prise à bras le corps. Dans le même temps, les leaders politiques d’extrême droite, après avoir minimisé largement ces enjeux climatiques, décident de les instrumentaliser ces derniers jours de manière particulièrement grossière.

Pour Greenpeace France, cette canicule, et celles qui suivront, sont éminemment politiques et le résultat d’une succession de gouvernements coupables d’inaction climatique, inaction encore accentuée cette dernière décennie par les renoncements successifs sous Emmanuel Macron.

Depuis la canicule de juin 2025, le gouvernement a ainsi méthodiquement saboté toute initiative qui aurait pu atténuer les conséquences d’un nouvel épisode climatique extrême :

  • Alors que les Français et les Françaises suffoquent dans des bouilloires thermiques, le gouvernement présente demain, mercredi 24 juin, une loi qui permettra de repousser de 5 ans la rénovation énergétique des logements passoires en location, ce qui pénalisera les ménages les plus modestes.
  • Le Fonds vert, qui sert à financer des projets locaux portés par les collectivités locales, notamment en matière de rénovation énergétique et d’adaptation des bâtiments publics, a été divisé par trois en deux ans, passant de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 1,15 milliard en 2025, pour atteindre à peine les 837 millions d’euros pour 2026 [1].
  • Le 3e Plan national d’adaptation au changement climatique, dont s’est récemment félicité le gouvernement, reste lui aussi sous-financé. Il ne prévoit pas les mesures nécessaires face à l’intensification des conséquences du changement climatique, ne prend pas suffisamment en compte les vulnérabilités des territoires et de certaines catégories de populations et laisse de côté les outre-mer. En l’état, il ne garantit pas une protection effective des populations face à des événements climatiques devenus systémiques.
  • Les principales responsables de la crise climatique, les industries fossiles, continuent quant à elles d’engranger des profits considérables alors même que leurs activités alimentent directement la fréquence et l’intensité des canicules. Pourtant, le gouvernement refuse toujours d’instaurer une taxe supplémentaire et permanente sur leurs profits alors que cette taxation pourrait permettre de financer les mesures d’adaptation indispensables, d’investir dans la transition écologique et de réparer les dégâts déjà causés par le changement climatique.
  • La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), votée en janvier dernier, entrave le développement massif des énergies renouvelables, pourtant clés pour sortir le plus vite possible des énergies fossiles, tandis que les centrales nucléaires sont directement impactées par les fortes chaleurs, comme en témoigne l’arrêt de la centrale de Golfech et la mise sous surveillance des centrales le long du Rhône.

De son côté, le Rassemblement national (RN) enchaîne les déclarations erratiques. La dernière en date : un « plan 100 % rénov visant à installer entre 30 et 40 millions de climatiseurs », comme si la climatisation représentait une solution miracle et n’avait aucun impact sur le climat. Pourtant, le RN avait proposé fin 2025 un amendement pour supprimer “MaPrimeRenov” (au profit d’un dispositif de prêt à taux zéro largement insuffisant et inadapté notamment pour les ménages modestes).
Il faut rappeler que ce même parti s’oppose aussi aux normes sur la rénovation énergétique des logements et notamment au fait de protéger les locataires face au risque de logements passoires énergétiques. Sa proposition de contre-budget 2026 comportait également la suppression du Fonds Vert.

Comble de la mauvaise foi, le RN invoque aujourd’hui les travaux du GIEC après avoir longtemps contribué à les discréditer. Cette soudaine conversion apparaît avant tout comme une manœuvre électoraliste visant à capter les inquiétudes des Français·es qui font face à une canicule particulièrement intense actuellement.

Alors que de nouvelles échéances électorales se profilent en 2027, Greenpeace France rappelle l’importance de se donner collectivement de représentantes et représentants politiques qui nous sortiront du sabotage climatique de ces dernières années, et de ne pas se laisser duper par l’opportunisme indécent des partis d’extrême droite sur ces enjeux.

Note aux rédactions

[1] Dans son rapport “L’École bien dans ses murspublié en septembre 2025, l’Alliance économique et sociale montrait qu’il faudrait à minima 5 milliards d’€ par an sur 10 ans fléchés vers la rénovation des établissements scolaires.