Canicule : des places parisiennes aux squares pour enfants, Greenpeace révèle des températures extrêmes grâce à une caméra thermique
À l’aide d’une caméra thermique, Greenpeace France a mesuré jeudi 9 et vendredi 10 juillet 2026 les températures de surface dans différents lieux à Paris : crèche, logement sous les toits, gare, places, squares… Des infrastructures de jeu pour enfants dans les 10ème et 12ème arrondissements atteignent ainsi les plus de 60°C, les rendant largement impraticables. Plus généralement, les mesures thermiques de Greenpeace montrent des températures incompatibles avec des conditions de vie supportables dans de nombreux endroits de notre quotidien.
Les photos et vidéos sont disponibles pour publication ici.
Contrairement aux thermomètres classiques qui mesurent la température de l’air, les caméras thermiques, comme celle utilisée par Greenpeace France, mesurent les températures de surface et révèlent la chaleur réelle des rues, des trottoirs et des bâtiments. Ces données mettent en évidence la chaleur extrême à laquelle sont exposés les citadins et citadines, en particulier là où le bitume, le verre et l’absence de végétalisation transforment les rues en véritables fournaises. Les équipes de Greenpeace France ont ainsi pu relever des températures atteignant presque 50°C sur des places des 10ème et 12ème arrondissements de Paris les 9 et 10 juillet. Les matériaux comme le bitume et le béton emmagasinent et restituent la chaleur, ce qui explique en partie les températures plus élevées en ville.
Pour Lorelei Limousin, chargée de campagne climat et énergies fossiles à Greenpeace France, « les images thermiques que nous avons réalisées montrent la réalité vécue par des millions de personnes : nos villes, nos logements et nos équipements publics ne sont pas adaptés au climat d’aujourd’hui et de demain. Nous ne sommes pas prêts pour cette nouvelle norme climatique. Les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron ont gaspillé un temps précieux en brillant par leur inaction climatique. Il est aussi insupportable de voir les multinationales pétro-gazières comme TotalEnergies produire toujours plus d’énergies fossiles, alors que des vies sont en jeu. Mieux taxer leurs gigantesques profits permettraient de couvrir une partie au moins des financements nécessaires à l’adaptation des villes, des logements et des bâtiments publics pour mieux protéger les populations lors des canicules. Mais cela ne suffira pas si les émissions de gaz à effet de serre continuent de s’accumuler : il faut sortir des énergies fossiles, comme l’a rappelé le Haut Conseil pour le climat ce jeudi 9 juillet ».
© Greenpeace
Dans un appartement situé dans le 10ème arrondissement sous les toits, la température des murs étroits situés à proximité des fenêtres a atteint 41°C, tandis que celle de la surface interne des fenêtres a atteint 53°C, participant à faire monter la température ambiante très rapidement.
© Greenpeace
Jouer à l’extérieur représente également un risque. La caméra a détecté des pics à plus de 60°C au niveau du sol et des infrastructures de jeux d’enfant dans des squares du 10ème et 12ème arrondissements. Les enfants sont particulièrement vulnérables à la déshydratation, à l’épuisement dû à la chaleur et au stress thermique, leurs mécanismes de thermorégulation face aux températures extrêmes étant moins efficaces que ceux des adultes.
Pendant les épisodes de canicule, les fortes chaleurs mettent la santé des populations les plus fragiles à rude épreuve, en accentuant certaines maladies chroniques et troubles psychiques, en augmentant les risques d’AVC et d’infarctus du myocarde.
Ces données soulignent l’urgence d’élaborer des politiques ambitieuses et contraignantes de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour empêcher l’aggravation de la crise climatique. Par ailleurs, compte tenu des impacts déjà ressentis et de ceux qui vont s’intensifier dans les années à venir, il est urgent d’adapter le bâti, les logements, les établissements accueillant du public, et les villes à la chaleur afin de protéger la santé publique. La végétalisation est l’une des mesures phares d’adaptation préconisée par les scientifiques, et cela implique notamment de désartificialiser.
La France manque cruellement de moyens pour s’affranchir des énergies fossiles dont l’exploitation est largement responsable du changement climatique, et pour mettre en œuvre des mesures d’adaptation nous permettant de vivre dans ces nouvelles conditions.
Jeudi 9 juillet, des sinistré·es climatiques venus de toute la France ont lancé un appel à toutes les personnes touchées par le changement climatique : se compter pour peser. Soutenus par l’Affaire du Siècle, ils les invitent à se déclarer via un compteur citoyen afin que l’État prenne conscience de l’ampleur des impacts du changement climatique et adopte des mesures de protection à la hauteur des enjeux. De nombreux témoignages, notamment de personnes subissant les conséquences des canicules, sont disponibles sur le site du compteur.
Les photos et vidéos de caméra thermique sont disponibles pour publication ici.