Je parcours les océans depuis 33 ans. J’ai grandi au Canada, dans la région

Océans

Protéger les océans, une urgence vitale

À l’heure où les Nations unies se réunissent à New York pour amorcer des négociations sur la protection de la haute-mer, Paul Ruzycki, capitaine de notre bateau Esperanza, lance un cri d’alarme. Il nous explique pourquoi il est plus que jamais urgent de préserver la haute-mer, cet espace maritime situé au-delà des juridictions nationales et qui ne bénéficie à ce jour d’aucune protection spécifique. Témoignage.

Je parcours les océans depuis 33 ans. J’ai grandi au Canada, dans la région des Grands Lacs, qui forme une sorte de mer intérieure d’eau douce. Dans l’imaginaire des enfants de mon village, l’océan était une étendue lointaine et infinie, peuplée de créatures fascinantes qu’on ne pouvait voir que dans les livres ou dans les films du commandant Cousteau. Pour nous, l’océan était si immense et majestueux qu’il était indestructible. Il était impossible que les activités humaines puissent gripper cette formidable machine de vie.

Le capitaine Paul Ruzycki, toujours sur le pont, 2016. © Greenpeace

Par la suite, je suis devenu marin. Loin des Grands lacs, j’ai navigué sur tous les océans de la Terre. Sans prévenir, ces espaces immenses et lointains sont devenus ma maison. Mes poumons se sont habitués à l’air du large et mes yeux à l’infinité de l’horizon. Puis, comme lors d’un premier chagrin d’amour, j’ai eu le cœur brisé.

J’ai vu des navires usines se délester de leurs déchets en pleine mer, des chalutiers raser les fonds marins, des flottes de pêche piller la vie des océans. J’ai entendu le bruit assourdissant des tests sismiques recouvrir celui des vagues, pour servir les profits de l’industrie pétrolière. J’ai vu que la cupidité pouvait être plus abrasive que le sel de la mer. Les océans de mes rêves d’autrefois tournaient au cauchemar, et les documentaires de Cousteau au film d’horreur.

La baie de Manille envahie par le plastique, Manille, 2017.  © Daniel Müller / Greenpeace

La baie de Manille envahie par le plastique, Manille. © Daniel Müller / Greenpeace

C’est pourquoi j’ai consacré ma vie à la protection des océans, si immenses et en définitive si fragiles, risquant même de passer plusieurs années dans les prisons russes après avoir protesté contre les forages pétroliers en Arctique.

Malgré tout, l’espoir a toujours navigué à mes côtés. Nous pouvons encore agir pour inverser la tendance et permettre aux océans de se remettre de décennies de surexploitation, de pollution et de destruction. Pour cela, il faut que d’importantes mesures de protection soient mises en place, et notamment un réseau étendu d’aires et de réserves marines qui englobe à la fois les zones maritimes nationales et internationales.

Fonds marins au large de l’île d’Apo, Philippines, 2013.
© Steve De Neef / Greenpeace

Nous devons faire preuve d’une bonne dose de courage et de volonté politique, et cesser de considérer les océans comme notre poubelle. Notre survie dépend de leur santé. Ce qui se passe à des kilomètres au large nous affecte directement. Plus vite nous prendrons conscience de cette interconnexion, plus vite nous agirons pour protéger les océans et notre avenir.

Les dirigeants du monde entier sont réunis ces jours-ci à New York, sous l’égide des Nations unies, pour parler du sort réservé à nos océans. Espérons qu’ils nous entendront et saisiront cette occasion pour adopter, enfin, les mesures de protection qui s’imposent.

L’Esperanza sillonne actuellement le littoral espagnol pour dénoncer la destruction des côtes et attirer l’attention des Nations unies sur la mauvaise santé des océans.





(Crédits photographiques : © Mitja Kobal / Greenpeace)
Commentaires (8)

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C Godefroy

On peut aider à notre échelle en mangeant moins de poisson et en ramassant nos déchets sur les littoraux ! Consommer BIO et local permet de réduire les impacts indirects de pollution via les pesticides et les carburants. AGISSEZ !

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Elisa

Soutien à vous Paul Ruzycki et à Greenpeace

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pinsard régine

La destruction de notre planète, le non respect de l'être vivant (être humain, animaux, végétaux...) par bêtise et cupidité me révolte ! oui je sens que la révolte gronde en moi...! Qu'attendons nous pour réagir autrement que par des "likes" des smileys dans l'intimité de nos écrans ? Certes la toile est un formidable vecteur de liens et d'informations (avec vigilance, discernement, analyse de la qualité des informations véhiculées), j'y suis moi même connecter en ce moment. Elle permets à un grand nombre de personnes de s'exprimer, de partager leurs idées, leurs visions du monde. Mais est-ce suffisant pour contrer tous ces pouvoirs en puissance ? Puisque nous sommes si nombreux à "cliquer" à "liker", cela signifie que nous avons un pouvoir nous aussi, que nous représentons une "unité", et une entité. Que faisons nous de cette force "Humaine" qui nous relie tous, ensemble ?! Il me semble qu'il y a deux catégories de personnes dans ce monde, de plus en plus distinctes l'une de l'autre : ceux qui portent en eux et mettent en œuvre le pouvoir et la cupidité,... ; et les autres, ceux comme vous et moi, dont l'objectif est de vivre en paix, dans le respect de la Vie, sous toutes ses formes, avec toutes ses modalités de fonctionnement. J'ai appris dans ma vie, que le changement ne peut se faire que lorsqu'un seuil d'INSUPPORTABILITE est atteint. Jusqu'où élèverons nous ce seuil ?! Faut-il que nous même et nos familles soient tous la tête dans l'eau (montée du niveau des océans), empoisonnés par nos déchets, étouffés (pollutions en tout genre), morts de faim (guerres, appauvrissement des sols, appauvrissement par volonté politique (gouvernements, lobbies, etc) ? Oui nous sommes dans une ère de changements planétaires, liés en partie à des dimensions astrales que nous ne maitrisons pas. Nous avons à accepter de vivre ces bouleversements qui viennent aussi toucher l'intimité de notre humanité. Mais ici (sur cette planète Terre), et maintenant (dans ce siècle, ces décennies) que nous traversons, debout, choisissons nous de nous laisser emporter dans ce cycle de destruction de l'homme par l'homme, ou prenons nous en main le pouvoir que nous avons ENSEMBLE de nous en sortir du mieux que nous pouvons ?! Nous avons le pouvoir, tous ensemble, d'EXPRIMER CE QUE NOUS VOULONS, dans le sens de l'objectif cité plus haut. Imaginez si chacun d'entre nous exprimait ses besoins pour vivre "HEUREUX" ! (Oui, je sais, le bonheur est une notion très subjective, liée à la libre appréciation de chacun...). Qu'attendons nous pour dire STOP ! et dire CE QUE NOUS VOULONS POUR NOS VIES sur cette PLANETE et CELLES DES GENERATIONS FUTURES (nos enfants, petits-enfants) ?!! Pensez vous qu'il soit possible que chaque individu-citoyen, dans chaque pays, se pose cette question : COMMENT LA SOCIETE DANS LAQUELLE JE VIS DOIT ELLE FONCTIONNER pour que chacun ait accès : - à une vie (sociale/professionnelle/..) respectueuse de sa personne/et de toute personne, - à la liberté d'exister/d'exprimer/d'être qui il est en tant qu'individu unique et spécifique; - à la liberté d'exprimer ces besoins pour vivre heureux ; - à la liberté de faire des choix en tant qu'individu libre ? Et si nous avions la possibilité, chacun(e), dans chaque grand secteur constitutif de la vie en société, de dire : je ne veux plus de ce fonctionnement institutionnel/administratif.. mais JE VEUX A LA PLACE : .... , que se passerait il ? Si nous mettions tous nos besoins/idées en commun, avec la force de la volonté, la puissance de notre volonté collective ne serait elle pas plus forte que celle de tous ces hommes (une minorité à l'échelle des 7 milliards d'êtres humains de cette planète !!) et leurs soifs de pouvoir et de domination ? Stéphan HESSEL nous a invité à nous INDIGNER. Merci à lui, car il a contribué à éveiller nos consciences. Je pense qu'aujourd'hui le temps est venu de l'ACTION. Nous ne pouvons agir que TOUS ENSEMBLE, REUNIS par notre VOLONTE d'hommes et de femmes LIBRES. Seuls, individuellement nous ne pouvons rien contre des choix gouvernementaux, seule je ne peux rien... mais ENSEMBLE..... ? De l'indignation nait la révolte ; de la révolte nait la colère ; de la colère nait l'action. Que cette action soit orientée pour faire le bien de tous et de chacun, et de notre chère planète Terre sur laquelle nous avons chacun(e) CHOISIT DE NAITRE. Merci d'avoir lu cette lettre.

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