Le collectif « Bassine non merci 86, eau bien commun » a organisé une action

Pas d’argent public pour vider les nappes phréatiques

Le collectif « Bassine non merci 86, eau bien commun » a organisé une action symbolique devant l’antenne de l’agence de l’eau Loire-Bretagne Loire Bretagne, à Poitiers le 7 octobre, pour appeler à ne pas financer les nuisances aux milieux aquatiques induites par le projet des 41 bassines projetées sur le bassin du Clain. Greenpeace Poitiers, qui fait partie du collectif, était présent.

Les bassines sont des retenues de substitution d’eau artificielles permettant de stocker l’eau, lorsque celle-ci est abondante, pour irriguer les cultures en période sèche. En 2012, un projet de créations de 41 bassines a été lancé par les irrigants de Res’eau Clain (1) pour 2022. L’objectif est de stocker 11.091.145 m3 d’eau. À 6,50 € le m3 d’eau « logé » dans la bassine (comprenant construction, entretien, stockage), les 41 bassines coûteront plus de 72 millions d’euros.

Actuellement, selon la Direction départementale des territoires (DDT), 35 projets ont obtenu dans l’Auxances, Clain moyen, Clouère et Dive-Bouleure et Clain amont, les autorisations et ne feront plus l’objet de recours juridiques. Ce n’est pas l’avis des opposants réunis dans « Bassines non merci, eau bien commun 86 » qui entendent encore en attaquer 27 (voire infographie). Seule certitude, les huit de la Clouère sont effectivement libérées d’un recours. Quant aux six réserves de la Pallu, elles feront l’objet d’une enquête publique sans doute dès la fin du mois d’octobre.
(1) Res’eau Clain fédère cinq sociétés coopératives anonymes de gestion de l’eau (SCAGE).
Les opposants aux 41 bassines de la Vienne ont fait appel du rejet de leur requête devant le tribunal administratif de Poitiers, début juin 2020, concernant l’autorisation et l’exploitation des 27 retenues du bassin du Clain. Jean-Louis Jollivet, président de Vienne nature, s’exprime:« Nous ne voulons pas du financement, à hauteur de 70 % par l’agence de l’eau Loire-Bretagne (environ 50 millions d’euros), « d’un monopole d’accès à l’eau par 151 irrigants ; il faut travailler sur un nouveau modèle d’irrigation. Ce que nous voulons, c’est un projet de territoire de gestion de l’eau, global, recentré sur la production agricole de proximité, comme le maraîchage. »

Les bassines doivent être financées à 70 % par de l’argent public soit plus 50 millions d’euros pour seulement 4% des agriculteurs, soit en moyenne 330 000€ par irrigant. Cela représente un financement de plus de 450 euros par foyer de 4 personnes dans la Vienne sans répondre aux besoins de l’ensemble des exploitants. La région Nouvelle Aquitaine financera les réseaux d’acheminement d’eau, mais c’est l’Agence de l’eau qui en est le principal financeur. Les citoyens, via leurs factures d’eau financeront à la fois, pour le bénéfice d’une minorité d’agriculteurs, un projet d’agriculture industrielle et le traitement des nuisances qu’il générerait sur l’eau potable
De tels financements seraient plus utiles pour accompagner la nécessaire transformation d’un modèle agricole très fragilisé par le changement climatique. L’Agence de l’Eau serait davantage fidèle à sa vocation si elle finançait des projets de sauvegarde de la ressource en eau : restauration de zones humides et de cours d’eau dégradés, création de réseaux de haies,lutte contre l’infiltration de nitrates et pesticides
Le collectif « Bassine non merci 86, eau bien commun » regroupe des associations et collectifs qui s’opposent au projet de bassines dans la Vienne, des partis politique soutiennent également ce collectif. Le collectif est également pleinement solidaire de la lutte contre les bassines dans les Deux Sèvres et était présent lors de la manifestation du Dimanche 11 octobre à 14h à Épannes (79).