Le projet d'aéroport est un héritage de passé qu’il faut, au plus vite, rem

Climat

#NDDL , un projet d’aéroport hérité du passé

Le projet d’aéroport est un héritage de passé qu’il faut, au plus vite, remiser au placard pour se tourner vers le réel avenir de la France en matière d’énergie et de transports.

mise à jour du 20 décembre :
Ce matin, des militants de Greenpeace ont accroché une banderole de 250 mètres carrés portant le message « Aéroport Notre-Dame-des-Landes : sa place est au musée » sur la pyramide du Louvre à Paris.

Notre-Dame-des-Landes : un projet conçu dans les années 60… pour les années 60!

Le projet d’aéroport est né d’une initiative de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) datant de 1967 dans le cadre de la politique de décentralisation menée à l’époque. Le site de Notre Dame des Landes est également envisagé pour l’accueil des supersoniques Concorde à la fin des années 60…

Il est intéressant de noter deux choses dans cet historique : d’une part, le Concorde ne vole plus, depuis 2003. La forte consommation de carburant de l’appareil a rendu non rentable son exploitation. De plus, le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes a été suspendu entre 1974 et 2000 … Essentiellement en raison du choc pétrolier.

Indice de taille : deux fois, dans le paragraphe ci -dessus, le pétrole, énergie fossile par excellence, est venu remettre en question le projet d’aéroport. Hors, selon l’Agence Internationale de l’énergie, si l’on poursuit la tendance actuelle, le prix du baril sera à 145 dollars en 2030… De quoi avoir des doutes…

Pour un historique complet & fouillé de NDDL, lire le billet : Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps publié par Pierre Deruelle.

Investissements d’avenir … Peut mieux faire !

Le projet Notre Dame des Landes, pour le moins dispendieux, devrait coûter 561 millions d’euros. Et ce ne sont que sont des projections. Aucun budget de retard ou de dépassement n’est envisagé … (même si l’histoire a maintes fois prouvé que les grands chantiers peuvent prendre du retard…)

Quant aux chiffres présentés par les pouvoirs publics sur la valorisation du projet … ils ont semble-t-il été largement manipulés. Comme le soulignait Hervé Kempf dans son enquête du 5 décembre, au moment de calculer la valorisation en euros des gains de temps permis par le nouvel aéroport, les sommes ont été multipliés par cinq. Sans cela, l’enquête coût-bénéfice aurait été négative.

NDDL est l’héritage d’une vision pharaonique des dirigeants qui semblent penser qu’un mandat réussi est celui où l’on a réussi à baptiser de grands projets… même s’ils sont inutiles !

Alors que la crise climatique est à notre porte, ce projet a pour conséquences d’accroître encore un peu plus notre dépendance aux énergies fossiles et cela alors que notre facture d’importation de fossiles explose (50 milliars d’euros en 2011) ! Ce sont autant de réductions d’émissions de CO2 que l’on réclamera aux citoyens pour atteindre malgré tout les objectifs que la France s’est fixée avec l’Union Européenne…

La transition énergétique, le voilà le projet d’avenir !

Cette transition est une nécessité.

Tous les signaux sont au rouge : fonte record de la banquise en Arctique, prévisions climatiques catastrophiques avec un réchauffement prévisible de 4 °C voire 6 °C. Même la Banque mondiale – institution peu réputée pour sa sensibilité écologique – tire la sonnette d’alarme.

Il est grand temps de réorienter nos investissements pour en dégager des financements en faveur de la transition énergétique, qui elle, est rentable pour la France, les emplois et la planète.

Notre-Dame-des-Landes est une aberration climatique et économique. L’aboutissement de ce projet ne réglera rien à la crise que traverse le pays mais en revanche il risque fort d’éteindre les dernières étincelles écologiques de ce gouvernement.

« Nous avons choisi notre destin. Nous ne nous laisserons donc pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre » a déclaré le premier ministre Jean-Marc Ayrault dans une interview à Paris Match le 22 novembre dernier.

En effet monsieur Ayrault. Nous n’avons pas la même vision de monde et de l’avenir.
Alors que vous défendez des projets liés à une vision basée uniquement sur la croissance et le productivisme à tout crin, dans un monde où les ressources sont limitées , nous sommes partisans d’un avenir libéré de toute addiction aux énergies fossiles, porteur d’innovation et de compétitivité en matière d’énergies renouvelables et de transports …
Bref. En effet, nous ne partageons pas la même vision du monde.

Commentaires (24)

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Mireille CABILLE

Les éoliennes dans la vallée du Rhône et le long des côtes françaises, les plaques photovoltaïques dans toute la France, les énergies de la mer utilisées toujours le long des côtes françaises , l'isolement des habitations , voilà des programmes bien plus ambitieux et fournisseurs d'emplois qu'un aéroport à 300 kms de Paris.

Yvan

Merci Ernela pour ces infos, qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce dossier, beaucoup plus complexe qu'il n'y parait. L'activisme a ses limites, et on a aussi besoin de sentinelles pour faire avancer les choses dans ce "monde de brutes".

Kaouenn

en réponse ( partielle ! ) à Perevert..., J'habite à proximité du lac léman, et suis un peu au courant des aéroports voisins. Je n'ai pas de chiffres sous les yeux pour les citer, mais je sais que l'aéroport Genève-cointrin n'est pas plus grand, voire plus petit que NA, n'a aussi qu'une piste et pour un trafic bien supérieur. Je ne crois pas que les Suisses se plaignent de quoi que ce soit concernant leur aéroport genevois. S'il y a des constructions en vue, c'est une meilleure liaison ferroviaire entre Genève centre et Annemasse et qui devrait permettre un désencombrement du trafic automobile des nombreux travailleurs frontaliers. Et là, sur le plan énergétique et co2, en plus de la diminution des bouchons, ce sera effectivement plus intelligent que se focaliser sur des aéroports supplémentaires. Et si les pilotes suisses se débrouillent parfaitement avec une seule piste et davantage de trafic, pourquoi en France n'en serait-on pas capable ? En restant en France, cette fois, mais toujours en Haute-Savoie, les montagnes créent des contraintes bien plus importantes d'atterrissage qu'en pays nantais, et cela se passe bien quand même , alors qu'on ne vienne pas dire que les atterrissages à NA sont dangereux et difficiles. Sinon, concernant les terres agricoles, ce qu'il pourrait rester à NDDL, en dehors de l'aéroport lui-même, serait truffé de routes, voies d'accès de train ou tram beaucoup plus qu'à NA, alors la valeur des cultures qui seraient encore faites là-bas...! Pour finir, je crois qu'il faut écouter ce qui se dit contre les GTI, grands travaux inutiles : toujours plus grand, plus couteux, toujours plus de béton, de pollution, de démesure et au final, de déshumanisation de l'environnement où nous vivons, où nous mettons des enfants au monde, et tout cela alors que la pauvreté et la précarité gagne du ..terrain (!) même en France. On veut ( enfin, y en a qui veulent ) plus d'aéroports, plus d'infrastructures prestigieuses, et à côté de cela, on n'a même plus assez de médecins !!!!! Elle est où la logique de la modernité et du progrès, là ?

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